Si tous
les studios du monde diffèrent par le prix, le matériel
et par les ingénieurs du son, c'est là que les
musiciens enregistrent leurs disques. Et Si le temps qu'ils
y passent est très variable (de quelques jours à
plusieurs mois) l'enregistrement procède par étapes.
C'est dans la régie où travaille l'ingénieur
du son, si précieux aux musiciens, que la bande s'enregistre.
Chaque instrument est relié à
une ou plusieurs tranches (pistes) sur la console par l'intermédiaire
d'un micro ou encore en direct, sachant qu'une batterie prend
entre 8 et 12 tranches sur la console, il est plus confortable
de disposer au minimum d'une console 24 pistes pour faire
un album sérieux sans perdre trop de temps. Plus il
y aura d'instruments à enregistrer, plus la console
devra offrir de pistes, sachant qu'il faut disposer de pistes
libres pour refaire des enregistrements. Il est bon, en effet,
d'avoir au moins 2 versions de voix ou de guitare pour choisir
ensuite. Il existe des consoles offrant jusqu'à 96
pistes auxquelles on peut d'ailleurs ajouter une console supplémentaire.
Autour de la console se trouvent les périphériques,
qui sont toutes les machines qui travaillent le son. Toutes
les dizaines de reverb, delay, échantillonneurs, compression,
noise gate, égalisateurs (EQ) qui entrent dans la console.
Ces périphériques peuvent se piloter à
la source mais aussi à partir de la console, On ne
fait pas un bon disque sans un minimum incontournable de périphériques
même si l'on ne se sert que d'une partie infime des
performances qu'ils offrent. Enfin, le support de la musique
enregistrée est le magnétophone à bande
digitale ou numérique (format K7 vidéo) ou à
bande analogique (grosse bobine). On a toujours dit que l'analogique
était plus chaud mais moins précis que la numérique,
laissons ce débat à ceux qui veulent l'alimenter.
Ajoutons pour finir que la qualité de la console intervient
qualitative-ment dans la production d'un album, c'est une
autre grande différence entre les studios.
Nous pouvons maintenant entrer dans le
studio ou jouent les musiciens. Trois options sont possibles:
le «direct ou live total» Tous les musiciens jouent
le morceau ensemble, chaque partie y compris le chant et les
solos sont enregistrés simultanément. Le morceau
est joué comme en concert. L'avantage de cette option
est la restitution du côté vivant de la musique,
le morceau peut déborder de se trame initiale s'il
se passe quelque chose d'intéressant. Le «direct
ou live partiel» : On part du principe que le chant et
les solos seront joués après l'enregistrement
de la rythmique afin de mettre l'accent sur la qualité
de chacune des parties. Les musiciens jouent alors ensemble
le morceau en suivant sa structure définie à
l'avance. Ce procédé est le plus sûr pour
les morceaux les moins improvisés. La troisième
option est d'enregistrer des musiciens qui n'ont pas besoin
de se rencontrer, chacun jouant séparément sa
partie.
Pour enregistrer en direct ou en direct
partiel, le studio doit être assez grand pour isoler
chaque musicien ou dans une cabine adaptée à
son instrument ou avec un système de cloisons amovibles
de manière à ce quaucun son d'un instrument
n'aille effleurer la sensibilité du ou des micros destinés
à prendre le son d'un autre instrument. C'est pour
cette raison que les musiciens en studio s'entendent à
travers un casque. Tous les musiciens doivent pouvoir se voir.
En privilégiant l'option du direct ou live partiel,
une étape supplémentaire est nécessaire
: jouer les parties manquantes sur les pistes libres de la
bande, cela s'appelle le re-recording (re-re dans le jargon).
Cette technique n'est pas nouvelle, Sydney Bechett l'a inaugurée
avec les moyens de l'époque lors d'une séance
en avril 1941 !
Cette manière de travailler est
précieuse car elle permet de refaire une par-tie vocale
ou instrumentale autant de fois que l'on veut sur une même
piste ou autant de fois qu'il reste de pistes libres, Il faut
cependant savoir s'arrêter de refaire en chaîne
une même partie car faute de l'écrire une fois
pour toute les musiciens sont rarement satisfaits à
100% de ce qu'ils laissent sur la bande. Nous sommes donc
loin de l'époque où l'on plaçait les
musiciens dans une pièce en fonction du seul micro
accroché au plafond, aujourd'hui tout est possible
en studio.
Pour la musique qui nous intéresse
ici, les musiciens enregistrent ensemble et jouent chacun
d'un instrument et comme sur un plateau de cinéma lorsque
l'on entend «ça tourne» même si on
peut recommencer encore et encore les premières prises
sont toujours les meilleures et les musiciens doivent se concentrer
sur la qualité de ce qu'ils laissent à vie sur
la bande. Il y a là une grande pression psychologique
dont nous parlerons dans un prochain numéro. Nous évoquerons
également 2 étapes très importantes :
le mixage et le mastering...