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Johnnie Bassett
C'est à la fin d'une prestation
pleine de chaleur que nous avons rencontré Johnnie Bassett,
à l'espace Jean Roger Caussimon de Tremblay en France,
cadre qui s'est admirablement prêté au Blues intimiste
de celui qui proclame avoir "donné sa vie au Blues". Qu'en
est-il vraiment ? Réponses....
Blues Magazine : Mr Bassett, nous vous
avons découvert en France dans les années 90 avec
la sortie de "Bassett Hound". Pourquoi avoir attendu si longtemps
avant d'enregistrer sous votre nom ?
Johnnie Bassett : Là où
j'ai grandi, il y avait des "boeufs" improvisés un peu
partout. A ces occasions, les gens vous entendent jouer et veulent
que vous jouiez ensuite avec eux. C'est ce qui s'est passé
pour moi, avec des gens comme John Lee Hooker, dont j'ai beaucoup
appris, de même que de T-Bone Walker, qui participait aussi
très souvent à ces "jam-sessions".
Blues Magazine : En êtes vous
tout de suite venu au Blues, ou avez vous commencé par
d'autres musiques ?
Johnnie Bassett : J'ai grandi avec et
autour du Blues. Du jour où je suis né, jusqu'à
l'âge de 8 ou 9 ans, Lonnie Johnson et Tampa Red furent
les seuls autour de moi. Un jour, lorsque j'avais 8 ans, ce dernier
est venu chez ma grand mère et a joué du vendredi
jusqu'au lundi matin ! Ma grand mère organisait cette "grand
messe" une fois par an et invitait tous ces grands noms du Blues,
en tant qu'amis de la famille, et moi je passais des heures à
les écouter, même si je n'avais pas encore à
l'époque l'envie véritable de jouer du Blues. Je
ne me suis mis à faire de la musique sérieusement
qu'à mon entrée à l'université.Blues
Magazine : Quel est de vos albums celui qui vous satisfait
le plus ?
Johnnie Bassett : Je les aime tous !
J'ai pris beaucouip de plaisir à les faire, et c'est ce
même plaisir qui me pousse à continuer à jouer
à mon âge avancé ! Si j'étais riche,
ce serait super. Mais ce n'est pas le cas, alors il me reste le
plaissir. "I gave my life to the Blues" reste quand même
l'un de mes préférés, et c'est le cas de
beaucoup de mes auditeurs.
Blues Magazine : Pourriez vous nous
parler un peu de votre matériel ? Vous jouez sur des guitares
de Jazz, non ?
Johnnie Bassett : J'aime le Jazz et
le Blues, car ces musiques me sont agréables. J'ai aussi
joué du Rock'n'roll, du Western swing... mais je reviens
toujours à ces racines près desquelles je me sens
si bien : le Jazz et le Blues. Vous savez, les sons qui sortent
de ma guitare ne sont pas forcément ceux que je veux produire
mais la restitution de tout ce que j'ai entendu, et il est vrai
que tout le Jazz que j'ai pu entendre à Detroit m'a certainement
beaucoup influencé.
Blues Magazine : Appréciez vous
de jouer en France ?
Johnnie Bassett : J'adore ça
! Ce sont de grands moments. Même si je ne reste jamais
longtemps, je m'éclate vraiment et n'attend qu'une seule
chose : revenir au plus vite !
Blues Magazine : Comment envisagez vous
le futur du Blues, à une époque où les machines
prennent de plus en plus d'importance dans la musique ?
Johnnie Bassett : Pour moi, le Blues
ne disparaîtra jamais. Et tant que je serai en vie, je ferai
tout pour que cela n'arrive pas. Le Blues renaît de manière
cyclique : d'abord au début des années 50, puis
aujourd'hui... Je suis fier d'en faire partie et je ferai tout
pour préserver ce bon "groove", tout en assayant d'apporter
ma pierre à cet édifice qu'est le Blues, en tournant
et en faisant les meilleurs albums possibles.
Blues Magazine : Quels sont vos projets
pour le futur proche ? Un nouvel album ?
Johnnie Bassett : Mon nouvel album,
"Partying my Blues away" devrait, sauf contretemps, sortir le
29 Avril, sur le label "Cannonball". Et pour la première
fois, je joue aussi de l'hamonica dessus ! J'espère qu'il
marchera aussi bien,voire mieux, que le précédent,
notamment en France où je suis toujours étonné
de voir un public si connaisseur, appréciant vraiment ma
musique.
Propos recueillis le 06 Mars 1999 par Emmanuel
Roze. Traduction : Julien Sanchez.
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