|
Les Clubs : le New Morning
Temple
de la musique "live" Jazz/Blues, "le New" comme l'appellent
les habitués, a ouvert ses portes le 10 Avril 1981 et
a vu défiler tout le gratin du Jazz et du Blues de Dizzie
Gillepsie a Stan Getz, et de Buddy Guy à Jonny Lang pour
n'en citer que quelques uns. Cela continue aujourd'hui, ouvrons
les portes de ce club à la réputation mondiale....
Mais d'abord un peu d'histoire... Le New
(prononcer "le niou") existait déjà à
Genève, créé par les beaux-fils de Mme
Farhi, qui avaient donné en référence
au titre d'une chanson de Bob Dylan. Mme Egal Farhi (une passionnée
de Jazz), fondatrice et toujours patronne de cet établissement,
est d'origine égyptienne. Née au Caire, dans
un milieu cosmopolite, elle a reçu une éducation
en partie française. Issue d'une famille bourgeoise
(papa est avocat), et après des études réussies,
Mme Farhi est enseignante puis journaliste. Contrainte de
s'installer en France pour des raisons politiques, elle sera
ensuite envoyée à Genève, pour un poste
à l'O.N.U. Ses deux beaux-fils fondent un premier New
Morning à Genève. Genève, c'est bien
mais Paris serait mieux.... Défi relevé, en
partie grâce à Jack Lang nommé ministre
de la culture. La musique revient à l'affiche et au
premier plan. Situé au 7, rue des Petites Écuries
dans le 10° arrondissement, à l'emplacement même
des anciennes imprimeries du "Parisien Libéré",
le club est encastré dans une petite rue tristounette,
entre un parking et un immeuble. Trois portes métalliques
austères de couleur marron signalent l'entrée
; pas de néons, ni d'enseignes racoleuses....Vous pénétrez
dans cet antre par un grand couloir, pour arriver à
la salle de concert spacieuse (450 places), où se trouve
à droite un long bar en "L", des murs ripolinés
de rouge recouverts de portraits d'artistes, et une
scène elle aussi moquettée en rouge ; des plafonds
noirs qui ne dissimulent même pas les gaines de climatisation,
ni les câbles divers, quelques guéridons pour
poser son verre et des chaises inconfortables. Si le tour
du propriétaire n'est pas idyllique,il s'y dégage
pourtant une atmosphère particulière qui colle
si bien aux Bluesmen, grâce aussi aux grands noms qui
s'y sont produits. Il y a quelque chose de magique et l'on
s'y sent tout de suite bien. On a affaire à un public
de puristes il est vrai, avec ce côté bon enfant,
pas agressif : tout le monde se connaît... ou presque
!!!!Et puis c'est le rendez vous des Bluesmen hexagonaux,
qui déambulent le long du bar, venus écouter
des Bluemen internationaux. Car le New est le plus connu des
Clubs Européens, et un des quatre les plus réputés
au monde. Tous les grands noms du Jazz sont venus et viennent
encore jouer ici à l'exception de Miles Davis, au grand
regret de Mme Farhi ( M Davis a juste fait une incursion pour
le tournage d'un film). Quant aux Bluesmen, ils sont Légion
à se produire régulièrement dans cette
salle. Le regretté Luther Allison a plusieurs fois
enflammé le public
et puis dans le désordre, Buddy Guy, Junior Wells,
Otis Grand, Amos Garett, Jonny Lang, Albert Collins, Taj Mahal,
Larry Garner, ..etc. Il est souvent possible de discuter avec
les artistes après leur concert, le temps d'une dédicace.
C'est un lieu incontournable : un Jazzman ou un Bluesman se
doit de jouer au New Morning. Le New a tout connu. Retard
d'ouverture pour huit jours pour un vaste problème
de sécurité (une des trois issues de secours
trop étroite), ça commençait bien ! Voisinage
grincheux à causse du bruit, incendie, inondation et
même une alerte à la bombe pendant un concert
d'Albert Collins. Le public a peut être un peu changé,
mais la programmation étant toujours de qualité,
le New continue de vivre avec ses concerts souvent à
émotions, et cela depuis 18 ans. Certain qu'il saura
entrer aux sons du Jazz, du Blues et de ses musiques environnantes,
dans le nouveau millénaire avec le même succès.
Remerciements à Muriel Vandenbossche,
attachée de Presse au New Morning, pour sa contribution.
Le New Morning : 01.45.23.51.41
Christian Le Morvan
|