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Au sommaire du n°21
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Edito Pour vous aider à supporter cette " terrible " épreuve que représentent les vacances, Blues Magazine vous a préparé un numéro " So British " qui vous rappellera, le bon temps du RocknRoll Pardon, je retarde dun métro, ou plutôt dun numéro, cela devrait remémorer à certain dentre vous les années soixante et leur folie. Nostalgie, quand tu nous tiens Notre saga trimestrielle nous narre, en effet, laventure des pionniers du Blues anglais, et John Mayall ainsi que Peter Green, nous ont fait lhonneur de bien vouloir se prêter au jeu de linterview, nous permettant ainsi de vivre quelques moments inoubliables. Quant à notre Monique à nous, elle continue de nous tenir en haleine, avec le troisième volet (mais pas le dernier) de larrivée du Blues en France. En Angleterre comme en France, dans les terribles années 40, les G.IS américains narrivent pas les mains vides. Dans leurs bagages, ils apportent avec eux les musiques qui font partie de leur quotidien : Blues, Jazz, Country et Hillbilly. Pour beaucoup de jeunes européens de lépoque, dont les oreilles sont plutôt habituées à la variété, à la musique classique ou militaire, cest un choc. Il y a bientôt quarante ans, quelques jeunes anglais écoutaient donc déjà la " Devil Music " depuis bon nombre dannées, et en appréciaient la rude mélancolie et lhumour qui sen dégage. Dans la monotonie de lAngleterre daprès guerre, le Blues à comme un parfum de souffre et de liberté. Ces jeunes Anglais, Cyril Davis, Alexis Korner et John Mayall en tête, aiment tellement cette musique qui les fait rêver, quils vont être assez fous pour essayer de la jouer. Eux, les "petits blancs " de la middle classe anglaise, qui ne connaissent ni la ségrégation, ni le racisme, ni le dur labeur des champs de cotton dans le sud des Etats Unis ou la violence urbaine des grandes villes du Nord comme Chicago, Detroit ou New York. Et le miracle se produit, ils adaptent le Blues, tant bien que mal à leur propre univers, et le font exploser à la face du monde. Renvoyant par la même occasion aux Américains, une musique qui ne les intéressait plus guère (relire lanecdote des Rolling Stones arrivant dans les studios CHESS en 1965, et découvrant Muddy Waters repeignant les volets de la maison de Léonard Chess). Nen déplaise à certains, le Blues serait aujourdhui rayé de la carte, si ce que lon a appelé le " British Blues Boom " ou le " Blues aux yeux bleus ", navait pas existé. Les grands Bluesmen noirs américains lont parfaitement compris, et tous lont reconnu, que ce soit Muddy Waters, B.B King ou John Lee Hooker. On peut bien sur déplorer que les Rolling Stones, Eric Clapton et bien dautres, soient devenus multimillionnaires en interprétant des morceaux qui nétaient pas les leurs, quand nombre de Bluesmen noirs sont restés dans lanonymat le plus complet. Mais, outre le fait quils ont presque toujours renvoyé lascenseur, et se sont comportés bien souvent comme de vrais gentlemen avec leurs " idoles " (voir cette fois lhistoire dEric Clapton sonnant à la porte de Willie Dixon, avec une mallette pleine des dollars des droits dauteur lui revenant, pour linterprétation de " Spoonful " par les Cream), cest au business et au public quil faut sen prendre, pas aux artistes. Bonnes vacances à vous tous, faites le plein dénergie et de musique, ce nest pas les festivals qui manquent à cette saison. Patrick Guillemin
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