Comme nous le pressentions, la nouvelle de l'envol
de Ray Charles direction Les Verts Pâturages est tombée,
alors que le Blues Magazine printanier, en cours, était sous
presse. Ce fut donc sur le Net que Bernard Monnot a rendu un premier
hommage au Genius, dont les hits vibrants ont accompagné notre
immersion passionnée dans le patrimoine musical afro-américain,
son âme et son swing. Brother Ray, nous reparlerons de toi.
Cet automne, à mi-chemin entre deux commémorations, Blues
Magazine fait un clin d'il aux musiques louisianaises, en souvenir
de liaisons franco-américaines culturelles et
historiques encore préservées.
Le 20 décembre 2003 était célébré,
en effet, le bicentenaire de la cession de la Louisiane aux Etats-Unis
d'Amérique, par la France, pour quinze millions de dollars (de
quoi alimenter la cagnotte guerrière et financer quelques folies
impériales de Napoléon Bonaparte !). 2004, ensuite, rappelle
à nos amis cajuns que, 240 ans auparavant, leurs ancêtres
francophones furent chassés d'Acadie par les Anglais lors du
Grand Dérangement : dès 1764, les premiers bateaux de
nos lointains cousins canadiens, originaires de Vendée, du Poitou
ou de Normandie, accostèrent en Louisiane, avec instruments,
danses et parlers issus de leurs terroirs.
Leurs compatriotes noirs d'infortune empruntèrent certains éléments
à cette population francophone pour créer leur propre
style, un métissage musical défiant les injonctions sociales
de la ségrégation : le zydeco, synthèse du blues
et de musique cajun.
Si l'objectif du réalisateur de Farenheit 9/11 devait se produire
dans les urnes, les mutations à venir du côté de
Washington sécréteront, peut-être, une amélioration
du climat ambiant, escomptée par de nombreux bluesmen d'Outre-Atlantique
que nous avons rencontrés, cette année, au cours de notre
tour de France festivalier. Celui-ci nous a, encore une fois, apporté
son lot d'enthousiasmes en live, que nous vous proposons de partager.
Monique Pouget