Bien
malin celui qui en quelques lignes peut présenter le
phénomène Candye Kane. C'est pourtant ma rude
tache, d'autant plus que, comme visiblement tous ceux qui l'ont
approchée à moins d'un mètre, je suis tombé
sous le charme de cette personalité véritablement
hors du commun. Alors comment vous dire....
Le Blues de Candye Kane esy à la
fois candide et insolite, efficace et spectaculaire, sensuel
et généreux, tout comme elle. Son messsage est
simple et direct : "aime toi tel que tu es, fais ce que tu
veux, ne mets pas de barrières inutiles et surtout
aime les autres". Ses musiciens ont un talent vrai, et ceux
qui l'auront vu dernièrement
lors de sa tournée en France, ne me contrediront sûrement
pas. En bref et parcequ'il me faut bien essayer de vous cerner
le personnage, retenez que Candye Kane
appartient à la famille des : "si ils n'existaient
pas il aurait vraiment fallut les inventer !".
Blues Magazine : Qui es tu Candye Kane
?
Candye Kane
: Je suis féministe, mère de deux enfants,
ex strip teaseuse et chanteuse.
Blues Magazine : Quelles sont tes influences
musicales ?
Candye Kane
: Nombreuses! Mais tout particulièrement Bessie
Smith, Billie Holiday, Ella Fitzgérald...
Blues Magazine : Comment es tu devenue
chanteuse ?
Candye Kane : J'ai toujours chanté,
depuis que je suis enfant, j'essayais toujours d'attirer l'attention
et maintenant je gagne de l'argent en le faissant! Adolescente,
j'ai suivi des cours d'opéra dans un conservatoire
mais je n'ai pas continué car je préférais
la musique moderne. J'ai ensuite fais quelques tremplins mais
je trouvais que je n'étais pas à la hauteur
comparée aux autres. La seule chose que je savais être
capable de faire correctemnt c'était un bébé,
c'est donc ce que j'ai fait
et je suis revenue à la musique quelques années
plus tard.
Blues Magazine : Quelqu'un t'a-t-il poussé
dans cette voie ?
Candye Kane
: A l'âge de 16 ans je suis devenue strip teaseuse,
j'ai fait des tournées au Canada, à New York
et quand je suis revenue j'avais gagné beaucoup d'argent.
Je suis allée à Holliwood où la plupart
de mes amis vivaient et j'ai rencontré beaucoup de
musiciens et de groupes. Mon producteur m'a beaucoup encouragé
à écrire des textes, à chanter. Un autre
ami m'a également aidé car j'étaais très
naïve à l'époque par rapport à ma
carrière de strip teaseuse, et par rapport à
ce que les gens pouvaient en penser. Il m'a dit que mon honnêteté
était la meilleure chose en moi, qu'il fallait que
je continue de chanter sans jamais perdre cette qualité.
Blues Magazine :Pourquoi as tu choisi Austin
(Rexas) ?
Candye Kane
: Je suis née à Los aAngeles qui est
une grande ville mais où la communauté musicale
est assez réduite et fermée. Là bas tout
le monde savait
que j'étais stripteaseuse, d'ailleurs je ne m'en cachais
pas. J'ai signé un contrat avec CBS en 1986, pour de
la Country. Il voulait que je sois autre que moi-même,
que j'affirme une reconversion totale par rapport à
ma vie d'avant. C'est d'ailleurs une différence fondamentale
entre le monde de la Country et celui du Blues : dans les
deux cas, nombres d'artistes ont eu une vie difficile, sauf
que dans le premier cas il faut que tu montres que tu as changé,
alors que dans le Blues non, c'est plus honnëte. C'était
donc difficile pour moi et j'ai perdu mon contrat avec CBS.
A Los Angeles, j'étais cantonnée dans mon image
de strip teaseuse quoi que je fasse. A Austin, çà
n'a pas été facile non plus au départ
car j'avais une approche très excentrique du Blues,
dans mes spectacles, mon comportement. Au Texas au contraire
leur approche est très sobre, tu mets ta musique ssur
la table et elle parle d'elle même. Ces deux approches
sont bonnes, le principal est que malgré ces différences
ils aient compris que j'étais sincère dans ma
démarche.
Blues Magazine : Ou puises-tu ton inspiration
?
Candye Kane
: Partout ! Dans mes rêves, parfois je me lève
en pleine nuit pout les noter, il m'arrive aussi lorsque je
ne suis pas chez moi et que je n'ai pas de dictaphone, de
téléphoner chez moi et de chanter sur mon répondeur
! Sinon je tiens un journal où je note tout ce qui
me touche. Par exemple pour la chanson "Lord is a woman" (Dieu
est une femme), cela faisait longtemps que je voulais traiter
ce thème mais je n'osais pas car je suis croyante,
je redoutais les conséquences. Puis un ami qui fait
parti du groupe "Big Farmer" l'a fait avec une chanson "Are
you dreaking with me Jesus ?" (Candye se met à chanter).
Comme il ne lui est rien arrivé après, qu'il
était toujours en vie, je me suis dit que je pouvais
également le faire et j'ai écrit la chanson
!
Blues Magazine : Que représente
pour toi le fait de jouer en Europe et plus particulièrement
en France ?
Candye Kane
: J'adore l'Europe et plus particulièrement
la Hollande et la France. La France est un pays qui a une
longue tradition du cabaret et du théâtre, les
Français semblent être plus réceptifs
à ce que je fais alors que les Anglais et les Allemands
sont davantages réservés.
Blues Magazine : Pourquoi avoir choisi
ce titre en Français "Diva la Grande" pour ton dernier
album ?
Candye Kane
: le mot "Diva" dans le dictionnaire Anglais signifie
déesse, ça m'a attiré car cela correspondait
à ce que je voulais signifier avec Shiva sur la pochette
de l'album. Quand à "la Grande" c'est pour le côté
"big". Quand au fait que le titre soit en Français,
j'ai pensé que cela ferait plaisir à ce qui
m'apprécient ici.
Blues Magazine : Quels sont tes projets
?
Candye Kane
: Le disque vient juste de sortir et je vais faire
une tournée aux Etats Unis pour cet album. D'autre
part il se peut que j'enregistre un disque en Français,
d'ailleurs j'apprends en ce moment la langue. De plus je vais
devoir venir souvent en France pour ce projet et j'en suis
vraiment heureuse.
Blues Magazine : Que souhaiterais-tu dire
aux lecteurs de Blues Magazine ?
Candye Kane
: Que c'est important de ne pas se couper d'une musique
parce qu'ils pensent que ce n'est pas du Blues, de faire attention
aux étiquettes que l'on met sur la musique car le Blues
n'est pas de la nourriture que tu achètes au supermarché.
Le Blues peut être de différentes couleurs et
de différentes formes. Il arrive que certains soient
un peu perdus quand ils écoutent ma musique car elle
est composée d'un peu de Swing, de Jazz, de Country
et finalement ils pensent que ce n'est pas du Blues.En fait,
la plus grande erreur des critiques est qu'ils mettent des
étiquettes désignant ce qui est Blues et ce
qui ne l'est pas. Ils se privent de plein de choses qui sont
géniales, il faut donc avoir l'esprit le plus large
possible.
Interview réalisée par Régine
Charles le 21 Avril 1997.