Eleanor
Ellis a plus d'une corde à son arc, hormis le fait d'être
une guitariste au style très marqué par le piano
et fortement influencé par Memphis Minnie, elle a réalisé
un documentaire sur le Piedmont Blues et publie des articles
dans des revues spécialisées comme Living Blues.
Elle fait également partie des fondateurs de la Washington
DC Blues Society...
Ce 27 Septembre 1997, nous avions accueilli
Eleanor Ellis et son ami Karim Albert Kook pour un concert
mémorable dans les locaux de Blues Magazine.
Blues Magazine : Quelles sont tes origines
?
Elleanor Ellis
: Je suis née en Louisiane, j'y ai vécu pendant
de nombreuses années avant de m'installer dans le Maryland,
près de Washington. Je retourne souvent en Louisiane
car j'y ai ma famille.
Blues Magazine : Peux tu nous parler de
ton jeu de guitare, et de ta manière de chanter.
Elleanor Ellis
: C'est compliqué de parler de son propre style
... je crois qu'il y a plusieurs choses qui entrent en ligne
de compte : je suis une femme et je reprends des vieux Blues
qui ont été enregistrés par des hommes,
donc il m'est difficile de chanter dans les mêmes tonalités.
Pour ce qui est de mon jeu de guitare, il s'explique par le
fait que j'aurais aimé jouer du piano, j'en écoute
beaucoup et j'essaye de retranscrire le feeling du piano à
la guitare.J'utilise beaucoup de nrenversements d'accord (comme
au piano). Je pense également que la guitare est une
deuxième voix aussi importante que la première.Je
recherche donc des accords par rapport aux mots que j'utilise
dans mes chansons.Je cherche également, sur les reprises,
à garder l'esprit et le feeling de l'original.
Blues Magazine : Quelles sont tes influences
?
Elleanor Ellis
: Je suis très influencée par le BLues
des années 20/30, ce que l'on appelle le Blues rural,
mais j'aime aussi le Blues moderne. Ma principale influence
musicale en tant que chanteuse guitariste, est Memphis Minnie.
Je chante dans la même tonalité qu'elle, ce qui
me permet de reprendre beaucoup de morceaux de son répertoire.
J'aime aussi des musiciens tels que : Mance Lipscomb, Son
House, Robert Johnson ou Skip James (un musicien très
mystérieux) ... J'ai durant ces dernières
années, rencontré de nombreux musiciens de Virginie,
des gens comme John Jackson, John Cephas et Phil Wiggins ainsi
qu' Archie Edwards (un de mes amis). Je suis venue en France
il y a dix ans avec Archie pour un festival à Avignon.
A Washington il tient un salon de coiffure et tous les samedis,
des gens viennent chez lui pour jouer ou l'écouter.
C'est quelqu'un de très important pour moi, pas vraiment
d'un point de vue musical, car je ne joue pas dans son style,
mais sur un plan humain.J'ai également beaucoup joué
avec Flora Molton, nous avons enregistré un album ensemble....
Flora chante du Gospel, elle a environ 80 ans et joue surtout
dans les rues.Elle a encore une voix très puissante
mais surtout une forte personalité. C'est quelqu'un
qui m'a beaucoup influencée humainement, elle a beaucoup
d'expérience et d'humour.D'autres musiciens m'ont marqués
: des gens comme Eugèle Powell qui vit dans le Mississippi
à Greenville ou Axel Küstner. Mais également
Bill Thomas que j'ai connu à Washington et qui m'a
permis de rencontrer ici en France des gens comme Karim Albert
Kook qui m'a beaucoup aidée, c'est un grand Monsieur
que j'admire...
Blues Magazine : Quels souvenirs gardes
tu de ta collaboration avec Flora Molton ?
Elleanor Ellis
: La principale chose qu'elle m'ait apprise, c'est
de respecter le rythme comme un métronome. Nous avons
souvent voyagé ensemble et tous ces voyages m'ont marquée.
Il y a une grande complicité entre nous. A chacun de
mes concerts, je lui dédie le morceau de Chuck Berry
"Nadine". Avoir pu l'accompagner est vraiment un de mes meilleurs
souvenirs.
Blues Magazine : Quels sont tes projets
musicaux ?
Elleanor Ellis
: J'aimerais pouvoir enregistrer un album sous mon
nom et bien entendu continuer les concerts et les festivals.