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Paris Slim :
le plus
américain des musiciens français
Franck Goldwasser, baptisé Paris
Slim par ces amis de la baie de San Francissco, était pour
une courte période de passage à Paris. Il nous démontre
que le Blues Français peut être reconnu aux Etats Unis,
mais nous souhaitons tous que ce talentueux guitariste-chanteur,
soit également présent sur les scènes hexagonales,
et que la distribution de ces albums ne reste pas confidentielle...
Avis aux amateurs!...
Blues Magazine : Tu vis depuis longtemps
aux Etats Unis, te sens tu plus un artiste Français
ou Américain ?
Paris Slim :
Cela dépend où je me trouve... quand je suis
en France, je me sens Américain, et quand je suis aux
Etats Unis, je ne me sens pas Américain (rires...),
en fait cela va avec mon état d'esprit. Il est certain
que je suis à cheval entre les deux cultures.
Blues Magazine : Peux tu nous parler
de ta carrière aux Etats Unis ?
Paris Slim :
C'est difficile de travailler aux Etats Unis, Même si
il y a plus d'endroits pour jouer car il est vrai que la musique
est plus proche de la culture Américaine. En France,
les gens écoutent religieusement et prennent la musique
très au sérieux, ce qui veut dire peut être
qu'ils apprécient beaucoup plus. Par contre aux Etats
Unis, la majorité des gens se désintéressent
complètement de la musique et viennent dans les clubs
pour boire et pour danser. La musique là bas fait tellement
partie du quotidien, qu'ils finissent par ne plus s'en occuper,
c'est un truc normal. Cet état d'esprit avec un côté
peut être un peu irréspectueux du musicien, finit
par me déranger et ne force pas à travailler
dans la subtilité, il faut que la musique bastonne
et surtout ne pas faire de morceaux lents...
Blues Magazine : Coment s'est fait
ta rencontre avec Joe Louis Walker que l'on peut trouver à
tes côtés sur ton dernier album ?
Paris Slim :
Je connais Joe Louis Walker depuis douze ou treize ans...
il était clair dans ma tête qu'il me fallait
trouver quelqu'un pour produire mon album, j'ai donc tout
de suite penser à lui parce que c'est quelqu'un d'envergure
et j'aime beaucoup ce qu'il fait.
Blues Magazine : Comment est perçu
le Blues Français aux Etats Unis ?
Paris Slim :
Le Blues Français est inexistant aux Etats Unis...
ce qui s'en rapproche le plus c'est la musique de la Louisiane
avec son patois d'origine Française, mais ce que nous
on appelle le Blues à la Française avec des
textes en Français est totalement inexistant là
bas. Par contre quand je suis retourné aux Etats Unis
après avoir participé au dernier album de Benoît
(Blue Boy), j'ai fait de nombreuses radios pour la promotion
et à chaque fois des gens appelaient pour savoir où
l'on pouvait se le procurer, c'est nouveau!...Donc potentiellement,
je pense que cela peut être un atout de faire du Blues
Français là bas, puisque cela n'existe pas.
Blues Magazine : On a entendu dire
que tu avais envie de chanter en Français ?
Paris Slim :
Est ce une envie ? ... Peut être une nécessité,
le Français est ma langue natale et je pense que lorsque
l'on chante dans une langue étrangère, même
si on la maitrise vraiment, cela reste une langue étrangère,
les mots n'ont pas le même poids. Le fait de chanter
en Français me permettra de m'investir plus dans ce
que j'écris, d'autre part dans la langue Française,
on s'exprime différemment, on ne dit pas les mêmes
choses, en tous cas on ne les dit pas de la même manière.
Blues Magazine : As tu l'intention
de faire du Blues en Fançais pour la France ou pour
les Etats Unis ?
Paris Slim :
J'espère que le fait de faire un album avec des textes
en Français, me permettra de travailler plus en France
et m'offrirra la possibilité de me produire dans des
salles plus grandes et ainsi de toucher un nombre plus important
de gens. Je crois que c'est ce qui me motive le plus dans
la réalisation de ce projet, élargir mon public,
sinon je risque de faire des clubs pendant encore très
longtemps, et cela m'intéresse moins aujourd'hui.
Blues Magazine : Tu as récemment
travaillé avec Benoît Blue Boy, y a t-il d'autres
artistes Français avec lesquels tu aimerais collaborer
?
Paris Slim :
Le premier qui me vient à l'esprit, c'est Vincent Bucher,
c'est un très bon copain et de plus nous avons fait
un pacte il y a environ douze ans, lors de sa venue à
Oakland, nous nous étions promis de faire un album
ensemble en 1995, mais malheureusement, cela ne c'est pas
fait. Mais c'est repoussé.... Il va s'en dire que j'ai
un respect immense pour ce qu'il fait. Sinon je suis persuadé
qu'il y a plein de musiciens avec lesquels j'aimerais faire
quelque chose, mais je ne les connais pas ...
Blues Magazine : As tu déjà
commencé à écrire en Français
?
Paris Slim :
La raison pour laquelle, je suis cette fois ci venu en France,
est de pouvoir collaborer avec Benoît. D'une façon
générale, l'écriture de textes n'est pas
quelque chose qui me vient facilement, j'ai du mal à écrire
en Anglais et encore plus en Français. Mais depuis mon
arrivée et notre travail avec Benoît, je me sens
mieux, cela commence à se débloquer un peu... Je
compte vraiment sur lui pour m'aider à développer
les idées.
- Propos recueillis par Régine
Charles et Patrick Astorg dans
les studios de TSF le 23 Octobre 1997
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