
Les échos des concerts
et festivals
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Blues Passions
Cognac 2000
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Les
rencontres du Blues du 08 au 12 mai 2002
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Nous étions venus en force pour cette 7ème édition du Festival "BLUES PASSIONS" de Cognac, en Charente. Patrick, Christian, Claude, Jean-Marcel, Michel, Bernard et Daniel, nous n'avons, à 7, pas été de trop pour faire face à la situation. Entre les nombreux concerts programmés parfois en simultané en des lieux différents, les photos et interviews à réaliser et que vous découvrirez dans vos prochains BLUES MAGAZINE, le stand à tenir, les amis lecteurs anciens et nouveaux croisés pendant 4 jours, les fêtes et libations partagées, les jams improvisées, il fallait au moins que 2 d'entre nous se promènent de concert en concert pour vous faire le compte rendu le plus large et le plus complet possible de ce merveilleux festival d'été. Malgré les tentations de la chaleur du soleil qui le disputait à celle du cognac ce sont Jean-Marcel LAROY et Claude JANDIN qui, pour vous, on sillonnés les rues, scènes et bars de Cognac. Voici leurs impressions.
Jeudi 27 Juillet . A 18H15, c'est sur la scène baptisée "Swing Cognac" (concerts gratuits), à l'entrée du quartier général du festival basé dans les jardins du Musée "de" et "du" Cognac, que démarrait le premier concert de poids, si l'on ose dire, puisqu'il s'agissait de la plantureuse Candye KANE. Imposant personnage tant par ses formes que par sa voix, toute vêtue de rouge, la chanteuse texane n'était pas accompagnée par le groupe que nous lui connaissions, sauf le trompettiste. Mais ces nouveaux accompagnateurs s'avérèrent à la hauteur, notamment la jeune et jolie Lisa OTEY (voir chronique de son CD dans ce numéro) qui remplaçait au piano l'extravagante Sue "Beehive" PALMER, complice habituelle de Candye. Ceci n'empêcha pas cette dernière d'accompagner, sur un titre, sa pianiste, non pas "à 4 mains", mais avec les 2 rondeurs généreuses de sa forte poitrine ! Imaginez vous-même le succès remporté auprès d'un public de plus en plus dense, accroché dans l'artère principale de Cognac. A 19H30, embarquement sur une vedette qui pendant 90mn allait faire glisser des festivaliers enthousiastes sur la tranquille Charente pour le premier des concerts donné sur ce bateau rebaptisé "River Blues". Il s'agissait de Chip TAYLOR, artiste aux multiples facettes, qui il y a déjà longtemps, avait écrit quelques succès comme le "Wild Thing" des TROGGS, repris par Jimi HENDRIX, le "Try Just A Little Bit Harder" pour Janis JOPLIN et la "Country Girl" pour Ike et Tina TURNER. Après quelques années d'absence sur la scène internationale, il est venu à Cognac faire un come-back et présenter son dernier CD, Bootleg The London Sessions, avec un répertoire nuancé dans les styles country-rock et rythm'n blues. Autant dire que dans le cadre où il chantait, son concert fut agréable d'autant qu'on se serait cru naviguant sur le Mississippi. Accompagné de John PLATANA, sideman guitare de Bonnie RAITT et de Van MORISSON, cela coulait tout seul, dans une sonorité très dépouillée, et faisait penser, parfois, à Calvin RUSSELL et à Johnny CASH. Superbe et sympathique prestation qu'il allait renouveler les samedi et dimanche sur la scène de l' "Eden Blues". A 21H, retour à la scène principale, "Blues Paradise", pour une première partie de concert nocturne donnée par le mythique Robert LOCKWOOD Jr qui eu le privilège d'apprendre la guitare auprès du légendaire Robert JOHNSON, ami de sa mère. Tout habillé du même bleu que sa guitare 12 cordes il fit d'abord pendant plus d'une heure une prestation avec un band de haut niveau. Puis il fit frissonner le public en restant seul pour 4 ou 5 titres très "roots", dont une très belle interprétation de "Kind-Hearted Woman" créé par son illustre initiateur. Moment aussi intense qu'émouvant, notamment quand, devant le public qui en réclamait encore, il vint poliment s'excuser de ne pouvoir, à 85ans, faire de rappel en raison de sa fatigue ! Encore merci et bravo Mr LOCKWOOD ! Sur la même scène lui succédait à 23h Clayton Joseph CHENIER, digne fils de son père Clifton, qui avec son groupe et son accordéon, mis le feu en faisant danser le public pendant plus d'une heure et demie au rythme de son zydeco fleurant bon la Louisiane. A la même heure, sur la scène baptisée "Magic Place" (concerts gratuits) et installée place François 1er, c'était Corrina GREYSON, une jolie et jeune chanteuse anglaise qui, avec son groupe mené par un remarquable jeune guitariste du nom de Matt SCHOFIELD, enflammait la rue avec sa voix voilée et chaude proche de Janis JOPLIN comme sa chemise à fleurs ou de Sue FOLEY et Sarah STEWART. A 1H du matin, LAST CALL, un groupe belge, au "Blues des Anges", et Bobby DIRNINGER au "New Pub" clôturaient cette première journée de façon magistrale.
Vendredi 28 Juillet : A 11h30, c'était à nouveau Corrina GREYSON, avec son groupe, mais en acoustique cette fois, qui sur la scène de l' "Eden Blues" délivrait son swing avec la même chaleur que la veille. Un vrai bonheur ! A 14h30, c'est dans les caves du château de Cognac que Candye KANE se produisait à nouveau. Spectacle différent de la veille puisqu'elle n'était cette fois accompagnée que de sa jeune pianiste Lisa OTEY. Différent, mais aussi époustouflant puisqu'elle offrit au public une prestation sans micro pour la plus grande joie des puristes. Première "révélation" et premier "coup de cur" à 16h30 à l' "Eden Blues" avec le spectacle d'un remarquable showman noir, tant au chant qu'à la guitare acoustique et à l'harmonica, Guy DAVIS. Mélange de KEB'MO et d'Eric BIBB, influencé par Blind Willie Mc TELL, Guy DAVIS par son authenticité et sa générosité transmet un blues rural plein de chaleur, d'émotion ou d'humour. Sa voix gutturale et puissante, son jeu guitare maîtrisé ayant parfois recours avec talent à la difficile technique du fingerpicking, ont tant impressionné le public et les organisateurs qu'il n'est pas impossible qu'on le revoie à Cognac l'an prochain, accompagné d'un band. Souhaitons le en tout cas, d'autant qu'au long des rencontres le bonhomme s'est avéré joyeux drille !
Différé d'une heure, il fallut attendre 19h15 pour enfin voir l'ami Franck ASH, pour une fois non vêtu de noir, avec ses BLUE DEVILS au nombre de 7 grâce au renfort d'une section cuivre, monter sur la scène de "Swing Cognac" pour y délivrer un concert magistral et plébiscité par un public enthousiaste. Une heure après démarrait à l' "Eden Blues", la facétieuse mais billante prestation d'un pianiste anglais, Steve "Big Man" CLAYTON (voir chronique CD dans ce numéro) que nous avions entrevu la veille, dans un registre plus bluesy, au hasard d'un "buf" avec Bobby DIRNINGER à la fin du set "guitare" du premier concert de ce dernier. Entre Jerry Lee LEWIS et Al COPLEY, CLAYTON, qui eut une formation classique, a assené devant un public tapant des mains et des pieds en roulant des hanches, une série de boogie-woogie avec une virtuosité aussi acrobatique que sympathique. Rien d'étonnant à ce que cet anglais vivant en Allemagne, ait séduit des américains aussi prestigieux que Joe Louis WALKER, MAGICSLIM ou Pinetop PERKINS, pour ne citez qu'eux, avec lesquels il eut l'occasion de jouer! A 21h, sur la grande scène "Blues Paradise", la première partie fut animée par le très jeune Chris THOMAS KING, originaire de Bâton Rouge et fils de Tabby THOMAS, multi- instrumentiste ouvrant les voies d'un blues futuriste qui ne semble pas avoir convaincu un public pourtant large d'esprit. Lui succédait, le chanteur pianiste Mighty Mo RODGERS et son excellent band avec un répertoire plus traditionnel, éclectique et profond mais manquant de personnalité et d'originalité. A 23h, c'est Miguel M et le BRACHAY'S BLUES BAND qui réveillaient les noctambules de la place François 1er, sur la scène "Magic Place", avant que le dernier carré d'irréductibles ne se rue vers le "Blues des Anges" pour le dernier concert nocturne du jour. A 1h du matin s'y produisait Gwyn ASHTON, génial successeur de Rory GALLAGHER qui l'a découvert, dans une ambiance dense, survoltée et enfumée qui hélas allait vite se raréfier car la sono, même au plus bas, était encore trop forte pour cette salle trop petite. Pour beaucoup, dont nous même, c'est du dehors que fut écoutée la fin de ce néanmoins excellent concert. Dommage pour nous comme pour ce musicien qui méritait sa place sur la scène principale !
Samedi 29 Juillet. Guy DAVIS, égal à lui même et à sa prestation de la veille ouvrait admirablement la journée, dès 11h sur la scène "Eden Blues". L'après-midi c'est Chip TAYLOR qui, pour la 3ème fois, à 16H30 sur cette même scène ", nous réjouissait à nouveau avec son country-rock. A 18H15 c'étaient les français du BLUESBREAKERS BAND qui sur la scène "Swing Cognac" chauffaient le public pour la soirée qui s'annonçait dense et gaie. Ce, dans la mesure où l'après-midi beaucoup de musiciens et quelques festivaliers (dont pour BLUES MAGAZINE : Christian, Michel et Daniel) étaient allés s'abreuver et se restaurer royalement à la garden-party de lancement d'un nouveau cognac offerte par Hennessy dans un château de la région avec un "décor digne de la Maison Blanche" (dixit Jimmy MORELLO). Cette "sauterie" très mondaine s'étant heureusement terminée par une jam réunissant, entre autres, le fabuleux guitariste de J. MORELLO, Alex SHULTZ, Gwyn ASHTON, le jeune Matt SCHOFFIELD et sa comparse Corrina GREYSON ainsi que Franck ASH. Retour au calme et à la magie à 20h sur la scène "Eden Blues" avec la toujours belle Rory BLOCK qui, comme la veille sur le "River Blues", enchantait le public de sa vois et de sa guitare avec son country blues sincère et authentique qui délivra de grandes émotions en chantant 2 titres "a capella". Grande dame qui à partir de l'âge de 15ans côtoyait, entre autres, Son HOUSE et Mississippi John HURT dont elle apprit tant son répertoire que son jeu de guitare ! A 21h, sur la scène principale "Blues Paradise", en raison du désistement de Shemekia COPELAND, c'est Cyndee PETERS, initialement programmée le lendemain matin, qui délivra en première partie à un public charmé reprenant parfois quelques titres, gospels et spirituals dans la grande tradition des chanteuse du genre. Après cette "messe sous les étoiles" le public s'abandonnait en 2ème partie à la voix chaude et au feeling de la soul de Mighty Sam Mc LAIN, égal à sa réputation malgré une sonorisation décevante valorisant trop les basses et la grosse caisse. Sur la scène "Magic Place", à 23H, un chanteur français, Lenny LAFARGUE, accompagné de Stan NOUBAR PACHA, enthousiasmait la foule avec son répertoire emprunté au son louisianais à la manière de Benoît BLUE BOY qui, à Cognac, fut le présentateur des spectacles de la grande scène. Dans le même temps, d'un pub de la même place François 1er, l'excellent harmoniciste Nico WAYNE TOUSSAINT enflammait un public qui déjà l'après-midi (dont Mighty Mo RODGERS pendant une demi-heure) avait ovationné Bobby DIRNINGER pour son 3ème et avant dernier concert du festival. A 1H du matin, au "Blues des Anges", l'ex-batteur devenu chanteur, arrangeur et producteur Jimmy MORELLO et son groupe, avec l'excellent guitariste Alex SHULTZ, achevaient la journée par une excellente et amusante prestation qui ravit les nostalgiques du rythm'n blues bien "carré" et du bon vieux rock'n roll, notamment avec une superbe version du "Good Rockin' Tonight" de Roy BROWN dont il fut un temps le batteur.
Dimanche 30 Juillet. A 11H30, Steve CLAYTON livrait ses derniers boogies du festival sur la scène "Eden Blues". Il fallut attendre 16H30 pour voir un dénommé NICOLAS sur cette même scène, sans doute la seule erreur de programmation de ce BLUES PASSIONS 2000, car malgré un chant et un jeu guitare correct, mais sans originalité, il s'avéra, malgré beaucoup de sincérité, plus proche du "feu de camp scout" que du niveau de la remarquable programmation de ce festival. Aussi depuis le matin et pendant tout le début de l'après-midi, des liens amicaux s'étant tissés pendant les 3 jours précédents, BLUES MAGAZINE donna devant son stand une série de petits concerts improvisés et de "bufs" avec nos amis de COUP D'BLUES, mais aussi Candye KANE, Guy DAVIS, Nico WAYNE TOUSSAINT et Bobby DIRNINGER. A 18h15, sur la scène "Swing Cognac", les cuivres et la rythmique du brassband anglais BRASSHOPPERS, entre jazz, funk et rythm'n blues chauffaient le public pour l'ultime soirée. A 20H, à l' "Eden Blues", Chip TAYLOR donnait sa dernière représentation avec le renfort de Jimmy MORELLO à la batterie. A 21H, devant la grande scène "Blues Paradise", dans l'attente du "Genius", ce sont 5 000 personnes qui se pressaient les uns contre les autres pour une première partie très "swing" d'une formation américaine, BIG RUDE JAKE. Prestation très enlevée pour cette formation très complète où une femme était à la guitare une autre à la trompette. Puis à 22H30, moment attendu entre tous, après 4 morceaux "jazz" de son big band, permettant habilement de faire une "balance" devant le public, arriva enfin un Ray CHARLES rayonnant. Le mythique pianiste chanteur, de "Busted" à "Georgia On My Mind", en passant par "I Believe To My Soul" et " I Can't Stop Loving You" avec de superbes RAYLETTES, pendant une heure, enchanta un vaste public parfois venu de loin pour le voir. Et enfin, lui faire une standing ovation à l'issue de l'incontournable "What'd I Say" qui acheva ce magnifique concert à guichets fermés dès le début du festival et qui dut, pour satisfaire le public qui n'avait pu entrer être retransmis à l'extérieur sur grand écran ! Grands moments de frissons et d'émotions que nos lecteurs comprendront A 23H sur la scène "Magic Place", Yannick ROBERT Quartet puis MARVELLOUS PIG NOISE réjouirent pour une dernière fois les noctambules de la place François 1er. Et à 1H du matin au "Blues des Anges", c'est un groupe anglais, THE PRODUCERS, qui pendant 2 heures s'achevant sur une belle version d' "On The Road Again", qui donna le dernier concert de ce BLUES PASSIONS 2000. Sur cette même scène s'amorça une super jam pour le plaisir du dernier carré d'irréductibles constitué de musiciens, d'invités, de journalistes et des organisateurs et animateurs bénévoles qui pouvaient enfin souffler. Avec des musiciens venant de plusieurs groupes dont une section cuivre à laquelle participa brièvement le saxo chef d'orchestre de Ray CHARLES, c'est Franck ASH au chant accompagné de Lisa OTEY au piano qui ouvrit ce moment qui allait durer jusqu'à 7H du matin ! Puis à la demande de Lisa, qui avait sympathisé avec lui, c'est Bobby DIRNINGER qui se mit au piano pour 2 titres toujours chantés par Franck ASH, avant de lui succéder au chant pour un blues très "roots" . C'est ensuite que, fatigués mais ravis, nous avons décidé de rentrer sagement nous coucher, les oreilles saturées de musique et le cur débordant d'émotions et, déjà, de merveilleux souvenirs. En tout cas formidable 7ème édition de ce BLUES PASSIONS 2000 de Cognac! Encore merci et longue vie à ce festival et à son fondateur-organisateur, Michel ROLLAND, et à toute son équipe d'efficaces et sympathiques bénévoles. Et si, comme le bruit en court, Michel ROLLAND devait, à notre grand regret, ne plus s'en occuper l'an prochain, bon courage à son remplaçant et à l'année prochaine ! Claude JANDIN et Jean-Marcel LAROY |