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Alors que des hordes de supporters hurlaient leur joie à voir
évoluer vingt deux gladiateurs qui se disputaient un ballon rond,
nous étions moins de cent privilégiés, protégés
de l'environnement extérieur, tapis dans une charmante salle voûtée
souterraine, carrelée façon RATP, à nous délecter
d'un récital d'Eric Bibb. Et ce n'est pas peu dire tant l'enchantement
fut manifeste pour tous.
La maison de disques Dixiefrog avait programmé trois concerts consécutifs,
les cinq, six et sept mai, au Sunset, 60 rue des Lombards, à l'occasion
de la sortie du nouvel album de l'artiste, " Friends ", qui
comme son nom l'indique suggère qu'il s'est entouré d'une
pléiade d'amis musiciens .
Il était seul en scène, à s'accompagner à
la guitare acoustique presque toujours six cordes et parfois même
douze cordes. Après un hommage à Mississippi John Hurt et
à son grand ami Taj Mahal, l'occasion nous a été
donnée de réécouter, en toute sérénité,
les différentes ambiances qui ont égrainé les CD
d'Eric Bibb. Cela alla de " Roadworks " en passant par "
Painting Signs ", mais les autres disques du chanteur compositeur
ne furent pas, non plus, oubliés, " Me To You ", "
Natural Light " et " Home To Me ". L'opportunité
était trop bonne de réviser toute l'uvre de ce grand
chantre du Folk Blues en cette période où les jeunes se
livrent aux ultimes révisions avant les prochains examens.
La soirée se composa de deux sets de plus d'une heure chacun et
l'artiste fut disponible tout au long de la pause pour se livrer avec
la plus grande simplicité à une séance d'autographes.
Les membres du public furent nombreux à venir converser avec lui
et je profitais même de l'occasion pour converser en suédois
puisqu'il a, lui aussi vécu quelques temps à Stockholm.
Je dois avouer que j'ai rarement rencontré une personne aussi modeste
et aussi gentille. Il m'a parlé, le plus naturellement possible,
de sa famille musicienne, de l'âge de huit ans auquel il commença
à s'intéresser à la guitare et de la nécessité
qu'il y avait à beaucoup travailler l'instrument avec lequel on
avait choisi de s'exprimer. Nous faisions la queue, à la fin, pour
lui serrer la main et le remercier encore une fois.
Dominique Boulay
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