Les échos des concerts et festivals
 

Ten Years After au New Morning
3 février 2004

 

Une certaine appréhension nous étreignait lorsque nous sommes allés au New Morning ce soir là. Ten Years After repassait par Paris avec un nouveau guitariste Joe Goosh qui prenait la succession d'Alvin Lee. Voilà qui était un événement pour quelqu'un qui comme moi, les avait découverts en seconde au lycée avec l'album Ssssh en 1969 et qui avait trouvé fabuleux le passage du groupe à Woodstock dans le film l'année suivante. Le Alvin Lee nous avait inoculé l'amour du Rock'n'Roll pour de nombreuses années et nous n'avons toujours pas besoin de vaccin pour soigner cette terrible maladie. Lui parti, le groupe ne risquait-il pas de n'être que l'ombre de lui-même ? La réponse arriva dès le premier morceau : I Wake Up This Morning, extrait du Ssssh précédemment évoqué… Et bien non ! Le groupe était non seulement égal à lui-même, mais il se dépassait, il se surpassait carrément et ce dès les premières notes. Les morceaux d'hier furent nombreux, Hear me calling, Bad boy, Good morning little schoolgirl, Love like a man, Long time running, Choo Choo mama… et j'en passe, la production discographique revisitée à vive allure. On en arrivait très vite à oublier qu'il y ait pu y avoir un autre guitariste dans la formation tant le petit nouveau trouva vite sa place sur scène. Les morceaux du nouveau CD parvinrent même à s'intercaler parmi les anciens sans que cela ne choque personne. Assisterait-on à un renouveau du British Blues à l'aube du vingt et unième siècle ?
Time to kiss, Reasons why, Big black 45 sont de ces pépites qui constitueront le nouvel album Ten Years Now qui devait être bouclé pour la fin du mois. Inutile de spécifier que nous serons parmi les inconditionnels qui attendront celui-ci avec impatience. En attendant, Léo Lyons est toujours le formidable bassiste qu'il a toujours été. Ric Lee, le batteur capable de nous faire vibrer sur un solo de batterie de plus de cinq minutes et Chick Churchill aux claviers s'est également surpassé. Preuve, s'il en est qu'aux âmes bien nées, la jeunesse toujours demeure. Car il n'est pas facile d'accepter que le temps n'ait pas d'influence sur ces musiciens qui enchantaient déjà, nos jeunes années.
Déjà que le nouveau talentueux guitariste fréquente les mêmes universités que les enfants des musiciens du trio rescapé de la première heure.
Des musiciens chaleureux qui à la fin, nous ont invités à correspondre avec eux sur le net et qui nous ont même, proposé de composer nous-mêmes, les titres de leurs prochains concerts pour les festivités de l'été ou pour les concerts de la fin de l'année. N'hésitez surtout pas s'ils viennent à passer par chez vous ou bien à côté.

Dominque Boulay.



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