
Les échos des concerts
et festivals
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6° Edition du Bay-Car Blues Festival |
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28,
29 et 30 Avril 2005
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Arrivés au Palais du Littoral de Grande-Synthe le vendredi
en début d'après-midi pour cause d'emploi du temps trop
bien chargé, nous avons du, à regrets, faire l'impasse sur
la soirée de jeudi et donc sur le groupe régional Paint
it Blue. Les dunkerquois devaient ouvrir cette 6ème édition
du Bay-Car Blues Festival en proposant en live les compositions
de leur premier CD, Mister Blues, que nous vous recommandons tout
particulièrement. Et pour nous faire pardonner une seconde fois,
nous envoyons de la part de Blues Magazine un grand et très amical
Bonjour à Norman, guitariste, Dominique, harmoniciste,
Ludovic, organiste, et aux deux Stéphane, batteur
et bassiste, formidables piliers de la rythmique de ce groupe où
tout le Blues est peint en bleu. Les balances du vendredi nous avaient laissé présager une superbe seconde soirée. Les répétitions avaient tourné à la démo, au show, provoquant les premiers frissons qui vous font comprendre que les artistes sont au rendez-vous. Et ils le furent, avec tout d'abord un formidable Mike Sanchez qui prit la salle à bras le corps. Show-man hors pair, Mike est sans conteste une figure du Rhythm & Blues, assénant un puissant boogie-woogie au piano. La salle était prise dans le tourbillon, claquant des mains, au rythme endiablé de celui qui fut sacré l'année dernière, et pour la quatrième année consécutive, clavier de l'année britannique par Blues in Britain. Epaulé par une rythmique superbe d'assurance et de punch, avec un étonnant Al Gare à la basse, Mike signait au Palais du Littoral un show de grande marque, digne de ceux proposés dans son excellent DVD Red, Hot .Live ! Guest star du performer anglais, Julien Brunetaud, que nous avions vu à Blues sur Seine au sein de sa formation JB Boogie, et qui avait littéralement enflammé la salle de Buchelay, a impressionné par sa vivacité et sa virtuosité. Le public et tous les autres musiciens présents à cet instant furent littéralement bluffés par le talent de Julien. Autodidacte, Julien confesse qu'il ne sait ni lire ni écrire une partition, mais qu'il s'y mettra un jour. En attendant, Julien ensorcelle, fait voltiger les notes. Tout d'abord seul au piano, puis rejoint par Mike et son band, Julien a su, par son talent et sa gentillesse, conquérir non seulement le public mais aussi Mike et ses musiciens. Mike venant même terminer le show dans un duo pour quatre mains au piano de Julien, mettant le feu à la salle conquise par ces deux artistes aux talents complémentaires, et qui donnèrent le meilleur d'eux-mêmes. En seconde partie, Jamie Wood inaugura son premier concert européen
en faisant partager aux amateurs présents dans ce Palais du
Littoral son Blues californien aux accents très Club, imposant
une ambiance intimiste, chaleureuse et amicale. Un Blues comme on aimerait
tant en avoir dans le bar ou le Pub le plus près de chez soi. Invité de Jamie, le pianiste belge Renaud Patigny emballa
la salle par son jeu vif et enlevé, confirmant à Grande
Synthe le titre de génie européen du Boogie Woogie que lui
attribua la presse américaine. Reconnaissable entre mille par son
chapeau blanc et son talent indiscutable, Renaud fit étalage de
tout son talent, tout d'abord seul au piano, puis en duo avec Johnny
Morgan, le batteur de Jamie, avant d'appeler sur scène le grand
et génial bassiste, Tyler Pedersen, pour un trio d'enfer.
Chapeau, l'ami ! Chapeau blanc, of course. Samedi soir, Blues and Trouble eut le redoutable honneur d'ouvrir
le bal. Le bal du Blues. Véritable Lady Bluesy aux accents soul
et jazzy, Gladys Amoros ne laissa personne indifférent tant
sa voix était chargée d'émotions et de générosité,
de chaleur et de sincérité. Et dire que Gladys avait eu
la veille de ce concert une extinction de voix
! Rembobinez-moi
le show et refaites le moi sans avoir eu d'extinction de voix, Lady Gladys.
J'en frissonne d'avance. Gladys avait placé la barre très haute en ce début de soirée, mais le Palais du Littoral allait connaître, ce samedi, une nuit comme on n'en partage que trop rarement en France. Le relais était pris par deux canadiens : le colosse Kevin Mark et son invitée, la gracieuse Roxanne Potvin. Kevin Mark, c'est une présence exceptionnelle, un jeu de guitare
puissant et qui fait immédiatement vibrer l'auditoire. Mélange
de Chicago Blues et de West Coast Swing, les compositions de Mark font
claquer des mains, taper des pieds, se lever de son siège. Sacré
révélation de l'année à Toronto en 2001, Kevin
a depuis confirmé son indéniable talent de show man et de
compositeur, ainsi que l'atteste son dernier CD, Rolling the Dice
(produit par Jack de Keyzer !), et dont plusieurs titres firent encore
monter la température de la salle du Palais du Littoral. Un charme fou, un caractère bien trempé (il fallait simplement
voir comment, du haut de ses 22 ans, elle donnait ses directives pendant
la balance
!), la chanteuse-guitariste Roxanne Potvin en
fera fondre des curs, et en gagnera des admirateurs. Invitée
en guest star par son compatriote Kevin, Roxanne laissa plus d'un spectateur
bouche bée tant le Blues coloré de cette autodidacte en
imposait (Y aurait-il des petits génies qui se pencheraient sur
les berceaux des autodidactes pour en faire des pointures du Blues ?). Après une courte pause technique obligatoire pour mettre en place
le matos de la troisième partie de cette nuit du Blues et de saluer
encore une fois au passage la gentillesse et le dévouement des
dizaines de bénévoles qui font de ce festival un événement
désormais incontournable du Blues, les premières notes de
guitare claquèrent, cinglantes, acérées, dans le
plus pur style Blues électrique. Les yeux du public s'éclairèrent,
pétillèrent. Wayne venait de lancer la machine, la très
grosse artillerie, Wayne Baker Brooks, le second fils de l'une
des grosses légendes du Blues, Monsieur Lonnie Brooks. Mais Lonnie est non seulement un grand Bluesman, il est aussi un génial show-man. Et tandis que Wayne et son groupe maintenaient la cadence, Lonnie descendit de scène et alla à la rencontre de son public, utilisant ici un verre, là une bouteille, comme bottleneck, traversant la salle du Palais du Littoral en jouant avec la langue, avec les dents, alignant ensuite un solo la guitare derrière la tête, dans ce style qu'imposa au monde le Dieu du manche, Jimi Hendrix. Il était déjà plus d'une heure du matin quand le
public acclama et réclama Lonnie pour un rappel. La salle était
surchauffée, au concret comme au figuré. Lonnie et Wayne
revinrent, sensible à l'ovation de ce public connaisseur. Ils revinrent.
Père et fils s'assirent côte à côte, tandis
que Andre reprenait sa basse. Magie du blues. La salle était débout
et une grande partie du public était là, collée contre
la scène. Nous avions la légende vivante, Lonnie Brooks,
à moins d'un mètre de nous. Moment magique. Communion intégrale
avec le public. Un spectateur sortit son harmonica et là, tout
près, accompagna Lonnie. La légende n'est pas Légende
inaccessible, elle est homme, un homme généreux, d'une gentillesse
extrême. Il fit signe au spectateur, lui demanda de monter près
de lui, sur scène. La légende jouait avec l'inconnu à
l'harmonica. Dans la salle, Jamie Wood, Nathan, Tyler et tant d'autres
encore s'étaient mêlés au public, captivés,
subjugués. Il était plus de deux heures du matin lorsqu'au moment de dire au revoir, Wayne se leva et vit venir à lui, sur scène, quelques-uns de ces bénévoles qui font que le Bay-Car est le Bay-Car, portant un gâteau d'anniversaire. Hé oui, Wayne venait de jouer son tout premier concert en Europe et en France le jour de son anniversaire. Et c'est aussi cela le Blues, une amitié entre tous qui fait que l'on partage son plus beau jour de l'année sur scène, avec des inconnus qui deviennent aussitôt des amis. Des amis (les plus courageux en tout cas
), qui se retrouvèrent
ensuite, et comme le veut la tradition, au Zapi'ng, antre du non
moins amical et charmant Frank Orts. En conclusion, nous pouvons dire que Le Bay-Car est une belle histoire de passion, et cette manifestation a su, garder son caractère convivial. Merci pour l'accueil que nous ont réservé Franck Orts et Laurence Degorre et merci à tous les bénévoles pour la bonne humeur qu'ils nous ont fait partager et encore bravo pour la qualité de ce festival.
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