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Un flyer, qui n'est pas s'en rappeler la jaquette de la collection Fleuve
Noir des années soixante, annonce de manière très
efficace le déroulement des festivités : les lieux, les
concerts et la présentation des différents artistes que
nous allons avoir le plaisir d'écouter et regarder pendant les
prochaines quarante-huit heures.
 Tout
commence avec Harpsliders le vendredi en fin d'après-midi. Le soleil
réchauffe le jardin des Bénédictins où le
groupe se produit pour sa première prestation, car ils rejoueront
pour notre grand plaisir le jour suivant, à l'heure de l'apéritif,
sur l'esplanade, au Bar du centre. En attendant, c'est à l'ombre
du Prieuré, qu'ils vont nous interpréter la musique du diable.
Etrange paradoxe, souligné par Manu Slide, chanteur et multi-instrumentiste
d'un trio où chacun d'ailleurs est polyvalent. Signalons le superbe
morceau de jazz manouche interprété par Mister Gobo à
la guitare acoustique.
Après être passés par Bay-Car Blues Festival ou à
Cognac, il était devenu nécessaire pour ces nordistes de
venir faire un tour dans cette belle ville des bords de Loire, et notre
première immersion dans le monde des origines du blues a commencé.
Atmosphère que l'on retrouve d'ailleurs dans les deux CDs du groupe
Rockin Blues et Solid Jive' produit par Blues Box association.
Le temps de nous sustenter, et nous nous dirigeâmes vers l'Espace
Prieuré où se déroulait la première soirée.
Une
veillée en deux temps. En lever de rideau, Ray Sharpe qui débutait
le spectacle.
Un artiste dont le premier 45 tours date de 1958 !
C'est Linda Lu en 1959, qui le propulsa en tête des hits parades
(comme on disait à l'époque).
Et apparemment la musique entretient, car il continue d'avoir un sacré
punch sur scène. Du Rockabilly-blues, vous avez bien lu ce qui
est écrit.
Un show sur lequel plane l'ombre de Chuck Berry et de bien d'autres guitaristes
de rock de la même veine. Un joueur à la voix aussi puissante
que la guitare et qui a parfaitement réalisé la combinaison
du rock et du blues. Un cocktail qui séduit vivement les nombreux
spectateurs présents à ce moment là.
 
La deuxième partie de soirée nous invite à une première
incursion dans le blues de Chicago et du gospel car les deux vedettes
du moment sont Nora Jean Bruso au chant (meilleure nouvelle artiste de
l'année 2005, nominée au Warning Award 2005) et Billy Flynn
à la guitare et à l'harmonica, accompagnés par ce
que nous pourrions appeler un super groupe. La basse est tenue par Bob
Stroger (dont nous avons écrit le plus grand bien dans Blues Magazine),
la batterie par Kenny Smith et Larry Skoller à la guitare rythmique.
Billy Flynn a joué avec les plus connus d'entre les musiciens
de blues : Brian Lee, Mississippi Heat, Jimmy Dawkins (son site internet
recense plus de trente CD dans lesquels il a pris sa place). Certains
comme sideman, d'autres comme leader, lui-même.
Il tenait la scène avec une formidable chanteuse Nora Jean Bruso.
Particulièrement gentille et souriante au milieu du public, elle
se révélait être un véritable volcan sur scène
: une bombe à la voix surpuissante, une tempête de vocalises.
Une voix qui faisait écho à une guitare au son très
aigu et très cristallin. (Il jouait sur une guitare Epiphone, ce
n'est pas si commun que cela.) Dépêchons-nous d'ajouter que
celui-ci est également un artiste qui malgré son grand talent
sait rester simple avec le public lors des séances de dédicaces
et de vente de son dernier album : Billy Flynn "Blues & Love".
Le déroulement des festivités avait pris un peu de retard,
et il a fallu hâter le pas pour se précipiter écouter
Rolf Lott à l'esplanade du Bar des Pêcheurs. Là, nous
quittions grande scène, projecteurs et gros son pour nous retrouver
autour d'une petite estrade, où le guitariste jouait en solo de
ces blues qui sentent bon le Delta.
Enfin vers deux heures du matin et quelques bières plus tard, il
fallait envisager le repos.
 Les
réjouissances reprenaient le lendemain au même endroit avec
Harpsliders 2 le Retour.
Un remake dont on ne s'est pas plaint, ce n'est pas comme d'autres remakes
cinématographiques. Manu Slide nous confia qu'il préférait
l'ambiance de cette petite esplanade à la scène de la veille,
trop éloignée du public et moins propice aux contacts humains.
L'après-midi se poursuivit avec deux concerts sur la place des
Pêcheurs. Première
formation : le trio de Jeff Zima (guitare et chant), avec Fred Jouglas
à la contrebasse) et Michel Jorkoff à la batterie.
Armée de sa Nationale Dobro, de son doigt de laiton et de son humour
grinçant, cet américain vivant depuis des lustres dans le
sud de la France, nous assène un blues très acoustique pendant
près de deux heures. Installés à une table du petit
bar qui jouxte la scène, nous savourons une bière, réchauffés
par les derniers rayons du soleil d'août pendant que Michel Jorkoff
amuse la galerie avec ses grimaces inopinées.
Le
CD de Jeff ZIMA Vivant en Gaillac-Vous êtes ici, restitue fidèlement
l'atmosphère chaleureuse du spectacle. Nous en avions écrit
le plus grand bien.
C'est ensuite au tour de Rosebud Blue Sauce de venir emballer dans les
deux sens du terme les gens amassés devant la scène. Un
Jump blues rondement mené par une formation qui n'en n'est plus
à son coup d'essai et qui est toujours chaudement accueillie partout
où elle se produit.
 La
soirée de clôture nous réunit, tous à nouveau
devant la grande scène installée à l'Espace Prieuré.
Shri était la formation qui débutait la soirée. Un
groupe natif de l'Arizona pour qui la parité n'est pas un vain
mot. Il y a plus de femmes que d'hommes sur la scène, nous ne nous
en plaindrons pas. Je dis cela rapidement car ma femme prend les photos
Une
formation parfaitement rodée que les publics n'intimident plus.
Des voix puissantes, des sonorités qui tantôt évoquent
la côte ouest des Etats-Unis, tantôt le rock sudiste et enfin
qui ont, parfois aussi un son qui leur est propre et qui restera comme
leur marque spécifique. Un groupe original qui mérite que
l'on prenne la peine d'écouter attentivement sa manière
de jouer et de chanter le Blues. Une affaire à suivre
Pour clore cette trop brève édition du festival de Blues,
John Primer montait, à son tour, sur scène et s'en venait
rejoindre le groupe qui nous avait enchanté la veille. Et à
qui, il avait rendu visite inopinément. Car, dès le vendredi
soir, John avait rejoint ses complices. Il était monté sur
scène, histoire de faire quelques gammes avec ses amis, mais comme
il se voulait très discret, il s'était empressé de
s'éclipser dès qu'il avait été question de
le placer sous les feux de la rampe.
Ce soir, il en allait autrement, puisque c'était lui la tête
d'affiche. Alors qu'il s'était fort gentiment prêté
au jeu des photographes et aux contacts avec le public la veille, il restait
égal à lui-même en gravissant les marches pour Sa
soirée puisqu'il se permettait même de faire des clins d'il
complices à ma photographe de femme en l'occurrence. Un musicien
à la discographie aussi prestigieuse, plus de trente CDs à
son actif et qui demeure aussi cool et sympa, cela mérite aussi
d'être écrit !
Une excellente cuvée 2005 qui a toute sa place entre les Pouilly
fumée, les festivals de Cognac, Cahors et autres Sancerre
Vivement
notre prochaine venue entre Nevers et Bourges. A la Charité !
Dominique Boulay
Crédit photographique : Sylvie Cornu
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