Les échos des concerts et festivals
 

10° Edition du

Le Blues Autour du Zinc

Beauvais

Du 09 au 19 mars 2005

 

Dix ans ! Et oui, déjà… ! 10 ans de rêves, de souvenirs et de rencontres…. Et ça continue…. Avec, évidemment, je le lui avais dit l'an dernier : Kent DuChaîne, vous faites partie intégrante de ce festival du Blues Autour du Zinc… Et pour ce 10 ème anniversaire, Kent DuChaine en est le Président d'Honneur. Alors, Monsieur l'organisateur Laurent Macimba, vous qui avez été si discret, au point de ne rien livrer de ce que serait la programmation…. de ce Blues Autour du Zinc… Vous et votre équipe, êtes-vous fiers ?
On va analyser par un compte-rendu, sans ménagement, ces 10 jours d'intenses activités dans la Capitale de l'Oise.

 

 

 

 

Mercredi 9 mars, c'est à l'Ouvre-Boîte (anciennement l'ASCA) que démarrait, en pré-ouverture le groupe australien Geoff Achison & the Souldiggers qui a maîtrisé, après une heure de bon groove, un public venu nombreux voir, plus spécialement, l'un des pionniers du Blues boom anglais des années 60, la Légende du Blues blanc, le découvreur de talents…. :

 

 

 

 

 

John Mayall, qui avant l'entrée en scène du groupe Geoff Achison, vendait, avec une infinie timidité, son dernier CD et DVD, dans le hall d'accueil de la trop petite salle, malheureusement, mais excellente prestation du Monsieur lorsqu'il se met sur scène accompagné, entre autres, par un grand Buddy Wittington à la guitare…Impressionnant ! Bon début !

 

 

 

Jeudi10 mars, tandis que le Conseil Général de l'Oise était reçu au Magic Mirror, en soirée privée pour l'inauguration officielle de ce festival, à l'Elispace, se déroulait une Funky night avec l'artiste le plus samplé, chanteur et vibraphoniste : Roy Ayers qui, bien qu'à l'origine de cette musique, m'a semblé faire surtout beaucoup de bruit, mais cela avait l'air de plaire à la jeune génération présente. Il était suivi dans la mouvance funky, mais un peu plus élaborée, à mon goût, par le sympathique Sinclair, que je ne connaissais pas, mais qui m'a agréablement surpris par sa tenue efficace sur scène, pour ce style de musique, qui n'est quand même pas du ...blues.. !

Vendredi 11 mars, soirée très chargée de concerts gratuits, avec, à 18 h, (un très bon groupe français de Pau) Blues and Trouble à la Galerie de la Tapisserie, où Gladys Amoros et son équipe, Michel Foizon, François Gautier, Ludovic Timotéo et Stéphane Callabet, nous ont redonné, en cette fin d'hiver, un peu de la chaleur du sud-ouest, puis, à partir de 21 h, c'est le marathon, si on veut tout voir et tout entendre dans plusieurs bars : en priorité, j'avais choisi de revoir Ron Hacker que j'avais vu à Saint-Ouen en octobre 2003, en solo ; ce soir, à la Crypte, il était accompagné de Ronnie Smith à la batterie et du colossal Artist Joyce à la basse, pour un excellent show un peu plus électrique, mais toujours très proche du delta blues.
Démarrait, au même moment, une dizaine de concerts dont :
Au Touco, Dividebythree qui ouvrait un peu bruyamment, la première partie à Colin John et Michael Hill, qui jouaient en acoustique, mais, bien que passionnant, l'endroit étant trop étroit et trop enfumé, je décide de reporter mon intérêt sur ce duo au lendemain. Au Longchamp, Matt Schofield entouré de Jonny Henderson à l'orgue et Evan Jenkins à la batterie, en début, avec là, un son un peu trop fort, suivi de Maurice John Vaughn avec Fred Brousse et Gaspard Ossikian aux guitares, Don Ray Johnson à la batterie et B J Emery au trombone, tous un peu serrés, mais pour un très bon show quand même, puis à nouveau Matt Schofield, pour un deuxième set.
Au Bogani bar, un phénomène vocal du blues acoustique, soutenue par un solide jeu de son guitariste Andy Ford, la britannique Kyla Brox, qui semble-t-il, a séduit un grand nombre d'auditeurs.
Nublues, avait été conseillé, blues sur fond de phrasés hip-hop…(??), aux Couleurs Bières, mais après une reprise d'un blues d'Howlin'Wolf, qui paraissait satisfaisante, le groupe retombait dans une musique qu'on a du mal à assimiler au blues… Ce groupe avait été précédé de Soul Finger qui m'avait semblé donner un blues soul jazzy, mais je n'en ai, malheureusement, pas entendu assez.
Je passais Au Bureau, pour essayer de voir Mellotones, mais leur set était terminé, et j'ai pu participer à une folle ambiance menée par des papys, The Roach Twins… Ca déchire, mais ça fait du bruit… ! Alors, je terminais cette première soirée off par bien sûr, Kent DuChaîne, qu'on connaît, et je suis allé lui dire un petit bonjour, à L'Adresse bondée de ses amateurs…
Je n'ai pu apprécier Sally Strawberry & Bad Apples et surtout Guy Tortora à l'After Hours, Rudy Chalard au Seven Lounge, Giles au Buena Vista, et quelques autres…

Samedi 12 mars, encore trop de monde à voir. Tous à 21 h 30 ; il fallut donc sélectionner les valeurs sures : Ron Hacker, à nouveau, Au Bureau, toujours très bien, mais dans une ambiance plus bruyante, suivi du brésilien Nuno Mindelis qui a offert un blues musclé.
Kyla Brox, toujours au Bogani bar… un régal !
Au Zinc Bleu, Smooth & BullyBoys, trio de rockabilly belge suivi de Hot Chickens, très bon trio de rockabilly du Pas de Calais.
A l'Adresse, Colin John et Michael Hill, duo acoustique saisissant dans la pure tradition du blues. Très intéressant !

 

 

 

Je ratais, encore Rudy Chalard, au Longchamp, Last Call, des belges, à l'Amijo, Matt Schofield et Ian Parker, au Touco, Mathis & The Mathematiks suivi de Nublues Aux Couleurs Bières, Kent DuChaîne au Buena Vista

 

 

 

Dimanche 13 mars, une Convention du disque, à l'Elispace, où on pouvait, peut-être, trouver des raretés…! Oui, mais il fallait… y aller de bonne heure.
Une surprise, au matin, arrivée un peu à l'improviste, pour cause de formalités et obtention de visa, d'un musicien irakien, qui aurait une renommée au Royaume-Uni et un grand succès aux Etats-Unis : Samir Peter, pianiste de jazz, pour qui, du coup, il a été programmé inopinément, pour le lundi soir, une soirée à la Chapelle auditorium Rostropovitch…..
Dans l'après-midi, des fanfares, Voodoo Skank (F), Les Pistons Flingueurs (F) et Milana Mladenovica, des serbes, dans les rues et au Magic Mirror, qui sont, à mon avis, d'aucun intérêt pour ce Festival, par ailleurs très réussi…. mais, c'est festif, et il en faut pour tous les goûts.
A 18 h 30, à L'After Hours, le chanteur Geoff Achison en solo, a donné un concert acoustique, qui m'a réconcilié avec ce que je n'avais qu'entendu de lui avec son groupe en ouverture de John Mayall, le mercredi. Il a distillé un blues australien qui m'a vraiment stupéfait, par sa fabuleuse dextérité sur le manche de la guitare. Kent DuChaine, terminait la soirée avec un échantillon de son dernier CD, vers 22 h 30.
Le lundi 14 mars au soir, donc, faute de communication un peu légère, l'organisation ne jugeant pas utile d'informer une ou deux radios locales, c'est devant un public très restreint, dans la Chapelle auditorium Rostropovitch, que Samir Peter a exécuté quelques morceaux de piano issu d'un répertoire qu'il avait sélectionné en fonction de la chaleur de l'assemblée présente, terminant son show sur Pink Live, en hommage à la France.
Contrairement à ce qu'il prétendait, Samir Peter, n'est pas un Grand pianiste, ou alors, il lui manquait peut-être un peu d'entraînement, mais l'effet de l'actualité aidant, lui a permis de rêver : il nous a endormis. Bravo, quand même Monsieur Samir ! Certes, vous étiez mieux à Beauvais qu'à Bagdag que vous avez vue détruite, et vous nous l'avez dit avec tout votre coeur. J'ai gardé une photo symbole : Kent DuChaine (le Président) et Samir Peter, l'irakien.
Je partais, par le Magic Mirror, où se déroulait une soirée privée destinée à un grand groupe aéronautique. Y avait joué Geoff Achison et lors de mon passage, The Swing Commanders, animaient l'assistance. Je ne les avais pas vus l'an dernier… C'est très dansant, dans des styles swing, country…

Mardi 15 mars, après la journée de la femme du 8 mars, ce fut une soirée Blues au féminin, avec en première partie Madeleine Peyroux qui vient de sortir un très bon disque, c'est plutôt jazz, mâtiné de folk et de blues, et c'était au Magic Mirror, qui était réservé, en même temps, à un groupe bancaire, pour une soirée privée, la demoiselle, un peu vexée de l'inattention, voire de l'impolitesse du public, en a fait la réflexion et a écourté le show pour laisser la scène à Sharon Jones qui, dans un répertoire soul, funky-soul, a enthousiasmé tout le Magic Mirror.

Mercredi 16 mars, au Magic Mirror, c'était la soirée à laquelle Madame Le Maire, recevait un certain nombre d'invités et décorait les organisateurs pour le dixième anniversaire du Blues Autour du Zinc, avec la présence de Keith B. Brown, déjà vu cet été à Cognac, et cet hiver à Bagneux, il a enchanté un public venu voir du vrai blues, de l'authentique, l'un des meilleurs shows de ce Festival… Il était suivi de Björn Berge, un norvégien, qu'il fallait, selon l'organisation découvrir. Et bien, je n'ai vu qu'un grand costaud, à la voix un peu rocailleuse, un technicien qui joue de la guitare comme Roy Rogers, mais qui n'exprime aucun sentiment ressemblant à du Blues.


Comme chaque année, le Blues Autour du Zinc organise des séances pédagogiques pour faire connaître aux enfants des écoles les origines de la musique que l'on aime. Les années précédentes, nous avons eu Patrick Verbeke, puis Kent DuChaine, et cette année, c'est Keith B. Brown, assisté de Larry Skoller, son manager, qui enseigne l'authentique delta blues en diffusant des extraits de Soul of a man de Wim Wenders, où Keith interprète le rôle de Skip James. Présentant l'artiste, Le Courrier Picard, journal régional, disait Les enfants aiment le blues. Tous les espoirs sont permis… !


 

 

 

Jeudi 17 mars, une soirée relâche, idéale pour se préparer à l'avant dernier concert de ce festival : le vendredi 18 mars, à 20 h 30, à l'Elispace, en ouverture, en impromptu, un set de 4 morceaux de Jive Aces, un sextet anglais de musiciens donnant dans le swing jump des années 50. Puis, une nouvelle démonstration dans ce zénith beauvaisien de Björn Berge, dans son hard delta funk blues qui a plu à un public, déjà chaud pour accueillir, à 21 h 30, la Légende du rock'n'roll : Chuck Berry. Quand il est arrivé, avec sa guitare à la main…, sur scène, en chemise rouge, coiffé d'une casquette de marin blanche, il a attaqué par un standard Roll Over Beethoven en passant, plus ou moins, par Maybelline, Sweet Little Sixteen, Little Queenie, Carol et Johnnie B Goode auquel le public a participé, ce qui a sensibilisé le Grand Monsieur de 79 ans, plein de vivacité. Bien sûr, il y avait quelques canards, rien qu'avec sa duck walk, mais aussi avec les doigts, enfin on lui pardonne, et de voir comment il se démène encore sur scène, vous console de vieillir. Je m'attendais à moins bien. Pour moi, ce fut une grande soirée, qui devait, en principe, se terminer par un bœuf improvisé par les musiciens accompagnant Chuck Berry, au Magic Mirror, mais en fait, il nous a été offert un excellent petit concert de guitare manouche par deux musiciens d'un groupe de l'Est : Trio de Belleville : que du bon swing… !

Pour la clôture du festival, au Théâtre du Beauvaisis, samedi 19 mars à 20 h 30, il m'a fortement été recommandé de voir Lea Gilmore. En ouverture, les terribles Jive Aces… ! Cette fameuse formation de six musiciens dans le style swing et rock des 50's. Ils ont tout fait : de Cab Calloway à Louis Prima, Just a Gigolo, à la perfection). Très bon groupe qui, avec leurs mimiques et leur jump acrobatique donne une vraie joie de vivre. On devrait encore les revoir à Beauvais dans les années à venir. Quant à Lea Gilmore, ce fut une découverte, une sympathique voix alliant gospel, ballade jazzy, soul et blues et un talent de la classe de Sharrie Williams, Shemekia Copeland, Koko Taylor et autres Zora Young. Avec un répertoire revendiquant ce qu'il y a de meilleur dans l'humanisme, elle défend en particulier la cause féminine tant dans le blues qu'au point de vue citoyen.

Messieurs Laurent Macimba, David Isaac et Nathaly Lamasset, assistés, et… comment !, de Léo, Céline, Brian, Bertrand, Denis, Elisabeth, Laetitia, Mathilde, Bruno, Gautier, …et tous les autres bénévoles, vous nous avez fait chaud au cœur, en nous offrant un très bon festival digne de ce dixième anniversaire ! Bravo et merci . Mais, qu'allez-vous nous trouver pour le printemps 2006 ?
J'ai ouï-dire… B B King et Ben Harper….Confirmez-moi, à temps, …si c'est bien vrai !

Jean-Marcel Laroy

Crédit Photographique : Jean Marcel Laroy et Jackie Mascré pour Jive Aces



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