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Dix
ans ! Et oui, déjà
! 10 ans de rêves, de souvenirs
et de rencontres
. Et ça continue
. Avec, évidemment,
je le lui avais dit l'an dernier : Kent DuChaîne, vous faites
partie intégrante de ce festival du Blues Autour du Zinc
Et pour ce 10 ème anniversaire, Kent DuChaine en est le Président
d'Honneur. Alors, Monsieur l'organisateur Laurent Macimba, vous
qui avez été si discret, au point de ne rien livrer de ce
que serait la programmation
. de ce Blues Autour du Zinc
Vous
et votre équipe, êtes-vous fiers ?
On va analyser par un compte-rendu, sans ménagement, ces 10 jours
d'intenses activités dans la Capitale de l'Oise.

Mercredi 9 mars, c'est à l'Ouvre-Boîte (anciennement
l'ASCA) que démarrait, en pré-ouverture le groupe
australien Geoff Achison & the Souldiggers qui a maîtrisé,
après une heure de bon groove, un public venu nombreux voir, plus
spécialement, l'un des pionniers du Blues boom anglais des années
60, la Légende du Blues blanc, le découvreur de talents
.
:

John Mayall, qui avant l'entrée en scène du groupe
Geoff Achison, vendait, avec une infinie timidité, son dernier
CD et DVD, dans le hall d'accueil de la trop petite salle, malheureusement,
mais excellente prestation du Monsieur lorsqu'il se met sur scène
accompagné, entre autres, par un grand Buddy Wittington
à la guitare
Impressionnant ! Bon début !
Jeudi10
mars, tandis que le Conseil Général de l'Oise était
reçu au Magic Mirror, en soirée privée pour
l'inauguration officielle de ce festival, à l'Elispace,
se déroulait une Funky night avec l'artiste le plus samplé,
chanteur et vibraphoniste : Roy Ayers qui, bien qu'à l'origine
de cette musique, m'a semblé faire surtout beaucoup de bruit, mais
cela avait l'air de plaire à la jeune génération
présente. Il était suivi dans la mouvance funky, mais un
peu plus élaborée, à mon goût, par le sympathique
Sinclair, que je ne connaissais pas, mais qui m'a agréablement
surpris par sa tenue efficace sur scène, pour ce style de musique,
qui n'est quand même pas du ...blues.. !
Vendredi 11 mars, soirée très chargée de concerts
gratuits, avec, à 18 h, (un très bon groupe français
de Pau) Blues and Trouble à la Galerie de la Tapisserie,
où Gladys Amoros et son équipe, Michel Foizon,
François Gautier, Ludovic Timotéo et Stéphane
Callabet, nous ont redonné, en cette fin d'hiver, un peu de
la chaleur du sud-ouest, puis, à partir de 21 h, c'est le marathon,
si on veut tout voir et tout entendre dans plusieurs bars : en priorité,
j'avais choisi de revoir Ron
Hacker que j'avais vu à Saint-Ouen en octobre 2003, en solo
; ce soir, à la Crypte, il était accompagné
de Ronnie Smith à la batterie et du colossal Artist Joyce
à la basse, pour un excellent show un peu plus électrique,
mais toujours très proche du delta blues.
Démarrait, au même moment, une dizaine de concerts dont :
Au Touco, Dividebythree qui ouvrait un peu bruyamment, la
première partie à Colin John et Michael Hill,
qui jouaient en acoustique, mais, bien que passionnant, l'endroit étant
trop étroit et trop enfumé, je décide de reporter
mon intérêt sur ce duo au lendemain. Au Longchamp,
Matt Schofield entouré de Jonny Henderson à
l'orgue et Evan Jenkins à la batterie, en début,
avec là, un son un peu trop fort, suivi de Maurice John Vaughn
avec Fred Brousse et Gaspard Ossikian aux guitares, Don
Ray Johnson à la batterie et B J Emery au trombone,
tous un peu serrés, mais pour un très bon show quand même,
puis à nouveau Matt Schofield, pour un deuxième set.
Au Bogani bar, un phénomène vocal du blues acoustique,
soutenue par un solide jeu de son guitariste Andy Ford, la britannique
Kyla Brox, qui semble-t-il, a séduit un grand nombre d'auditeurs.
Nublues, avait été conseillé, blues sur fond
de phrasés hip-hop
(??), aux Couleurs Bières,
mais après une reprise d'un blues d'Howlin'Wolf, qui paraissait
satisfaisante, le groupe retombait dans une musique qu'on a du mal à
assimiler au blues
Ce groupe avait été précédé
de Soul Finger qui m'avait semblé donner un blues soul jazzy,
mais je n'en ai, malheureusement, pas entendu assez.
Je passais Au Bureau, pour essayer de voir Mellotones, mais
leur set était terminé, et j'ai pu participer à une
folle ambiance menée par des papys, The Roach Twins
Ca déchire, mais ça fait du bruit
! Alors, je terminais
cette première soirée off par bien sûr, Kent DuChaîne,
qu'on connaît, et je suis allé lui dire un petit bonjour,
à L'Adresse bondée de ses amateurs
Je n'ai pu apprécier Sally Strawberry & Bad Apples et
surtout Guy Tortora à l'After Hours, Rudy Chalard
au Seven Lounge, Giles au Buena Vista, et quelques
autres
Samedi
12 mars, encore trop de monde à voir. Tous à 21 h 30 ; il
fallut donc sélectionner les valeurs sures : Ron Hacker,
à nouveau, Au Bureau, toujours très bien, mais dans
une ambiance plus bruyante, suivi du brésilien Nuno Mindelis
qui a offert un blues musclé.
Kyla Brox, toujours au Bogani bar
un régal
!
Au Zinc Bleu, Smooth & BullyBoys, trio de rockabilly
belge suivi de Hot Chickens, très bon trio de rockabilly
du Pas de Calais.
A l'Adresse, Colin John et Michael Hill, duo acoustique
saisissant dans la pure tradition du blues. Très intéressant
!

Je ratais, encore Rudy Chalard, au Longchamp, Last Call,
des belges, à l'Amijo, Matt Schofield et Ian Parker,
au Touco, Mathis & The Mathematiks suivi de Nublues
Aux Couleurs Bières, Kent DuChaîne au Buena
Vista
Dimanche 13 mars, une Convention du disque, à l'Elispace,
où on pouvait, peut-être, trouver des raretés
!
Oui, mais il fallait
y aller de bonne heure.
Une surprise, au matin, arrivée un peu à l'improviste, pour
cause de formalités et obtention de visa, d'un musicien irakien,
qui aurait une renommée au Royaume-Uni et un grand succès
aux Etats-Unis : Samir Peter, pianiste de jazz, pour qui, du coup,
il a été programmé inopinément, pour le lundi
soir, une soirée à la Chapelle auditorium Rostropovitch
..
Dans l'après-midi, des fanfares, Voodoo Skank (F), Les
Pistons Flingueurs (F) et Milana Mladenovica, des serbes, dans
les rues et au Magic Mirror, qui sont, à mon avis, d'aucun
intérêt pour ce Festival, par ailleurs très réussi
.
mais, c'est festif, et il en faut pour tous les goûts.
A 18 h 30, à L'After Hours, le chanteur Geoff Achison
en solo, a donné un concert acoustique, qui m'a réconcilié
avec ce que je n'avais qu'entendu de lui avec son groupe en ouverture
de John Mayall, le mercredi. Il a distillé un blues australien
qui m'a vraiment stupéfait, par sa fabuleuse dextérité
sur le manche de la guitare. Kent DuChaine, terminait la soirée
avec un échantillon de son dernier CD, vers 22 h 30.
Le lundi 14 mars au soir, donc, faute de communication un peu légère,
l'organisation ne jugeant pas utile d'informer une ou deux radios locales,
c'est devant un public très restreint, dans la Chapelle auditorium
Rostropovitch, que Samir Peter a exécuté quelques
morceaux de piano issu d'un répertoire qu'il avait sélectionné
en fonction de la chaleur de l'assemblée présente, terminant
son show sur Pink Live, en hommage à la France.
Contrairement à ce qu'il prétendait, Samir Peter,
n'est pas un Grand pianiste, ou alors, il lui manquait peut-être
un peu d'entraînement, mais l'effet de l'actualité aidant,
lui a permis de rêver : il nous a endormis. Bravo, quand même
Monsieur Samir ! Certes, vous étiez mieux à Beauvais qu'à
Bagdag que vous avez vue détruite, et vous nous l'avez dit avec
tout votre coeur. J'ai gardé une photo symbole : Kent DuChaine
(le Président) et Samir Peter, l'irakien.
Je partais, par le Magic Mirror, où se déroulait
une soirée privée destinée à un grand groupe
aéronautique. Y avait joué Geoff Achison et lors
de mon passage, The Swing Commanders, animaient l'assistance. Je
ne les avais pas vus l'an dernier
C'est très dansant, dans
des styles swing, country
Mardi
15 mars, après la journée de la femme du 8 mars, ce fut
une soirée Blues au féminin, avec en première
partie Madeleine Peyroux qui vient de sortir un très bon
disque, c'est plutôt jazz, mâtiné de folk et de blues,
et c'était au Magic Mirror, qui était réservé,
en même temps, à un groupe bancaire, pour une soirée
privée, la demoiselle, un peu vexée de l'inattention, voire
de l'impolitesse du public, en a fait la réflexion et a écourté
le show pour laisser la scène à Sharon Jones qui,
dans un répertoire soul, funky-soul, a enthousiasmé tout
le Magic Mirror.
Mercredi
16 mars, au Magic Mirror, c'était la soirée à
laquelle Madame Le Maire, recevait un certain nombre d'invités
et décorait les organisateurs pour le dixième anniversaire
du Blues Autour du Zinc, avec la présence de Keith B. Brown,
déjà vu cet été à Cognac, et cet hiver
à Bagneux, il a enchanté un public venu voir du vrai blues,
de l'authentique, l'un des meilleurs shows de ce Festival
Il était
suivi de Björn Berge, un norvégien, qu'il fallait,
selon l'organisation découvrir. Et bien, je n'ai vu qu'un grand
costaud, à la voix un peu rocailleuse, un technicien qui joue de
la guitare comme Roy Rogers, mais qui n'exprime aucun sentiment
ressemblant à du Blues.

Comme chaque année, le Blues Autour du Zinc organise des séances
pédagogiques pour faire connaître aux enfants des écoles
les origines de la musique que l'on aime. Les années précédentes,
nous avons eu Patrick Verbeke, puis Kent DuChaine, et cette
année, c'est Keith B. Brown, assisté de Larry
Skoller, son manager, qui enseigne l'authentique delta blues en diffusant
des extraits de Soul of a man de Wim Wenders, où Keith interprète
le rôle de Skip James. Présentant l'artiste, Le Courrier
Picard, journal régional, disait Les enfants aiment le blues.
Tous les espoirs sont permis
!
Jeudi
17 mars, une soirée relâche, idéale pour se préparer
à l'avant dernier concert de ce festival : le vendredi 18 mars,
à 20 h 30, à l'Elispace, en ouverture, en impromptu,
un set de 4 morceaux de Jive Aces, un sextet anglais de musiciens
donnant dans le swing jump des années 50. Puis, une nouvelle démonstration
dans ce zénith beauvaisien de Björn Berge, dans
son hard delta funk blues qui a plu à un public, déjà
chaud pour accueillir, à 21 h 30, la Légende du rock'n'roll
: Chuck Berry. Quand il est arrivé, avec sa guitare à
la main
, sur scène, en chemise rouge, coiffé d'une
casquette de marin blanche, il a attaqué par un standard Roll
Over Beethoven en passant, plus ou moins, par Maybelline, Sweet
Little Sixteen, Little Queenie, Carol et Johnnie
B Goode auquel le public a participé, ce qui a sensibilisé
le Grand Monsieur de 79 ans, plein de vivacité. Bien sûr,
il y avait quelques canards, rien qu'avec sa duck walk, mais aussi
avec les doigts, enfin on lui pardonne, et de voir comment il se démène
encore sur scène, vous console de vieillir. Je m'attendais à
moins bien. Pour moi, ce fut une grande soirée, qui devait, en
principe, se terminer par un buf improvisé par les musiciens
accompagnant Chuck Berry, au Magic Mirror, mais en fait,
il nous a été offert un excellent petit concert de guitare
manouche par deux musiciens d'un groupe de l'Est : Trio de Belleville
: que du bon swing
!
Pour
la clôture du festival, au Théâtre du Beauvaisis,
samedi 19 mars à 20 h 30, il m'a fortement été recommandé
de voir Lea Gilmore. En ouverture, les terribles Jive Aces
! Cette fameuse formation de six musiciens dans le style swing et rock
des 50's. Ils ont tout fait : de Cab Calloway à Louis Prima, Just
a Gigolo, à la perfection). Très bon groupe qui, avec
leurs mimiques et leur jump acrobatique donne une vraie joie de vivre.
On devrait encore les revoir à Beauvais dans les années
à venir. Quant à Lea Gilmore, ce fut une découverte,
une sympathique voix alliant gospel, ballade jazzy, soul et blues et un
talent de la classe de Sharrie Williams, Shemekia Copeland,
Koko Taylor et autres Zora Young. Avec un répertoire
revendiquant ce qu'il y a de meilleur dans l'humanisme, elle défend
en particulier la cause féminine tant dans le blues qu'au point
de vue citoyen.
Messieurs Laurent Macimba, David Isaac et Nathaly Lamasset, assistés,
et
comment !, de Léo, Céline, Brian, Bertrand, Denis,
Elisabeth, Laetitia, Mathilde, Bruno, Gautier,
et tous les autres
bénévoles, vous nous avez fait chaud au cur, en nous
offrant un très bon festival digne de ce dixième anniversaire
! Bravo et merci . Mais, qu'allez-vous nous trouver pour le printemps
2006 ?
J'ai ouï-dire
B B King et Ben Harper
.Confirmez-moi, à
temps,
si c'est bien vrai !
Jean-Marcel Laroy
Crédit Photographique : Jean Marcel Laroy et Jackie Mascré
pour Jive Aces
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