Les échos des concerts et festivals
 

Aulnay All Blues Festival


06, 07 et 08 Novembre 2007

 


Louisiana Red

En cette année là, 2007, les premiers froids commencent sous les meilleurs hospices, puisque la musique que nous aimons va bon train du côté du Cap, dans le 93.
Jugez plutôt. Louisiana Red pour commencer, qui nous distille toujours ce bon vieux Blues roots, accompagné ce soir de Billy Flinn, à la guitare électrique. Les deux musiciens sont particulièrement concentrés sur leurs instruments respectifs, bien sagement assis au bord de la scène, prêt d'un public très attentif : l'un, bien jeune, et l'autre, encore vert malgré les années passées à jouer la musique bleue de par le monde. Et encore, ne s'agit-il que de la première partie de cette soirée inaugurale du Aulnay All Blues 2007 ! En effet, le clou de la soirée n'est autre que Jimmy Burns, qui m'a particulièrement enthousiasmé avec son CD Back To The Delta, chroniqué dans un numéro précédent de notre journal préféré. Eh bien ce soir, il est là, en chair et en os, présent parmi nous, ce soir, pour nous interpréter ce Blues bien rythmé et revigorant, qui réchauffe l'âme de tout un chacun. Un formidable jeudi 8 novembre qui annonce un week-end musical bien rempli !
La soirée suivante voit Louisiana Red revenir sur scène, accompagné du Cap Orchestra, formation locale en Big Band, qui permet à LR de jouer dans un registre inhabituel, dans lequel il ne démérite évidemment pas. Puis, vient le tour du Matthew Skoller Band au son si représentatif du Chicago Blues, qui est le fil rouge de cette première manifestation musicale aulnaysienne. Là où la guitare était au centre de l'expression des artistes, c'est maintenant l'harmonica qui prédomine, mais nul ne s'en plaindra, tant le talent de Matthew Skoller est grand.
Et arrive, hélas, la dernière soirée bleue de ce nouveau festival de Blues en région parisienne, qui s'est déroulé bien trop rapidement à notre goût. Un plateau particulièrement copieux, puisque Mr Billy Boy Arnold, lui-même, inaugure les festivités du samedi. Agé de soixante douze ans, il est clair que l'artiste commence à manifester quelques traces de fatigue. Mais ce nom incarne, à lui seul, tellement la musique que nous aimons tous ici, que le public, non seulement lui réserve l'accueil qu'il mérite, mais lui pardonne également la petite baisse de régime, due aux nombreuses années passées à jouer le Blues. Cette troisième soirée passée au Cap se déroule en trois parties.
Après l'harmoniciste fameux, arrive Mme Deitra Farr. Première invitée féminine des trois soirs. Sa voix puissante fait frissonner tous les spectateurs qui ont osé venir jusqu'ici. Car il faut rappeler que la clôture de cette manifestation inaugurale, devait initialement se dérouler non au Cap, au milieu de la cité des trois mille, mais au théâtre Jacques Prévert, au centre ville. Et que la seule perspective de venir jusqu'ici en a apparemment effrayé plus d'un. Comme quoi le métissage des genres, qui est le cœur même du Blues, n'est pas encore ancré dans les pratiques culturelles des spectateurs de banlieue et d'ailleurs. Et nous sommes les premiers à le déplorer. Cette frilosité manifeste n'étant pas ce qui caractérise le public présent ce soir-là, l'accueil réservé à Carlos Johnson a été à la hauteur de la joie et du plaisir des participants, occasionnels ou fidèles, de ce premier festival bleu d'Aulnay sous Bois. Il faut dire, que la musique très puissante du gaillard avait de quoi en réconforter plus d'un. Armé de sa Gibson SG 335, l'artiste nous a joué une musique puissante qui nous permettra, sans nul doute, d'attendre patiemment jusqu'à l'an prochain, le retour de belles soirées tout en musique.

Texte et photos par Dominique Boulay

 

 

 

 

 

Jimmy Burns



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