Ce
merveilleux CD I'm Here Baby, paru sur Blue With Records,
et produit de façon remarquable par l'harmoniciste Bob Corritore,
a permis à Big Pete Pearson de surgir sur le devant de la
scène, pourtant il a déjà bien roulé sa bosse.
Il était déjà venu en France, notamment au Bay Car
Blues Festival, où sa prestation fût remarquable. Il nous
revient au Méridien, pour 3 jours, et au Lucerne Blues Festival.
Il est entouré ici d'une formidable équipe, qui compose
le Rhythm Room All Stars : le leader et fondateur, l'harmoniciste Bob
Corritore, au jeu gras et poisseux, Chris James à la guitare et,
en remplacement de Johnny Rapp, on a eu droit à l'ancien sideman
de Muddy Waters, Mr Bob Margolin, à la deuxième guitare.
Et pour compléter l'ensemble, Patrick Rynn à la basse et
Brian Fahey aux drums. Ils vont nous délivrer un Chicago Blues
de très belle facture, solide et carré à la fois.
Chris James prouve qu'il n'est pas seulement un excellent guitariste,
mais aussi un très bon chanteur. Bob Margolin fût royal à
la rythmique, mais il a su nous délivrer des solos destructeurs,
surtout à la slide. Malgré des années de route, il
reste bien un des meilleurs guitaristes actuels.
Quant
à Big Pete Pearson, c'est un personnage haut en couleur, avec une
grande présence scénique, très bien servie par une
voix grave, rauque, chaude et prenante à la fois. Il a un répertoire
essentiellement fait de reprises, pour lesquelles il donne un cachet très
personnalisé. Tout le groupe prend un réel plaisir à
jouer, cela se ressent dans leur musique, il nous offre un Blues intense
et authentique. On sent que la machine est bien huilée.
A Lucerne, leurs deux prestations montaient encore d'un cran, avec un
Bob Margolin toujours plus délirant, au sommet de son art. Tout
le reste du groupe fût génial.
Big Pete Pearson et le All Stars nous offrirent une formidable et chaude
soirée, avec le Blues que l'on aime et que l'on apprécie.
Les absents ont eu tort, ils peuvent se rattraper en écoutant son
album, mais cela sera une maigre consolation !
Texte et photos : Henri Mayoux
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