Les échos des concerts et festivals
 

Music Maker
03 mai 2007
Centre Culturel
Aulnay sous Bois (95)

 

Pour le début de leur tournée Européenne, Music Maker avait chosi de produire ses musiciens au Centre Culturel d'Aulnay, le jeudi 03 mai 2007. Nous avions aussi choisi cette salle, à l'écart de Paris, afin d'apprécier un spectacle toujours plus étonnant. Pour cette première 2007, ils étaient neuf sur scène, à enchaîner les standarts du Blues, à leur manière, avec beaucoup d'humour. Tim Duffy a su mettre en valeur ces artistes qui, bien que d'un certain âge, nous rappelle qu'ils sont des Légendes issus du Delta et des racines du Blues, et font preuve d'un grand professionalisme et de beaucoup de chaleur humaine.

Tour à tour, ils se sont succédés, sans se prendre au sérieux, humbles qu'ils sont à supporter un héritage musical si important. Macavine Hayes débute en acoustic avec Tim lui-même. La voix est grave, semble fragile, mais tellement profonde. Il s'accompagne avec les douzes mesures qui, sans être ravageuses, sont toujours bien en place.

Puis, c'est au tour de Captain Luke de venir sur le devant de la scène. Ses amis lui facilite l'approche en l'accompagnant jusqu'à sa chaise, devant le micro qui va bientôt délivrer une voix puissante et grave, sortie de je ne sais où ! Impressionnant de justesse et de puissance, le Captain chante avec des trémolos que beaucoup voudraient posséder. Il était accompagné par Sol, le bassiste attitré du groupe, excellent en guitare picking.

Pura Fé, d'une voix féminine et puissante, en s'accompagnant de son nouvel instrument, nous distille trois chansons,avec beaucoup de feeling, et de tonalité indienne. Preuve s'il en était besoin, que le Blues puise ses racines au delà du Mississippi.

Pendant ce temps, sur la gauche de la scène, une table où trône les compagnons de scène du Music Maker, façon bistrot, dans une demi pénombre, ce qui rend l'atmosphère des plus conviviale.

Sur la droite de la scène, attendait un ensemble grosse caisse/micro/charlestone. A qui était destiné ces instruments ? Adolphus Bell bien sûr. Grand "déconneur" devant l'éternel, il entame un set humoristique qui ne peut laisser personne insensible. Quel talent ! Et quelle coordination.

Mais, depuis le début du spectacle, une Fender blanche reposait sur un pied, et attendait qu'on la sollicite : Miss Beverly GuitarWatson, une petite bonne femme, aux lunettes noires, s'empare de l'instrument pour le faire chanter. Toujours impressionnant de voir une femme, d'un certain âge, rivaliser avec les afficionados des solos ! Et bien elle le fait très bien, s'accompagnant au chant avec sa voix puissante et grave. Mais où vont ils chercher ces voix ? Elle attaque un slow magnifique, ce qui permet à Macavine de descendre parmi le public, pour inviter des demoiselles à danser. Quel dragueur ce Macavine !

Albert White, excellent à la rythmique et au chant, et Ardie Dean à la batterie, très démonstratif, permettent à l'ensemble de donner un spectacle de qualité.

Au total, 2 heures 30 de spectacle, jamais ennuyant, toujours plein d'émotion, ce qui a donné l'occasion à une salle comble, de faire une standing ovation, afin d'obtenir un rappel très mérité.

Rappelons que Tim Duffy, par cette association militante de Music Maker, produit des artistes que nombre de festivals ne produiraient plus, mais, grace à l'argent récolté, il offre gîte et couvert pour près de 90 musiciens, dont une quinzaine nouveaux venus de la Nouvelle Orleans suite aux ravages de Katrina.

Alors n'hésitez pas à faire des dons, directement sur le site de Music Maker, sachant que pour 100 $ donnés, des généreux donateurs américains ajoutent 50 $. Cela permettra d'agrandir le cercle, en offrant plus de place aux musiciens dans le besoin.

 

Music Maker : http://www.musicmaker.org/fr/donate

Bravo Monsieur Tim Duffy, et merci pour cette chaleur humaine et cette générosité.

Claude



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