Les échos des concerts et festivals
 

The Original Blues Brothers Band à l'Olympia
5 juillet 2008

 

Excellente entrée en matière au spectacle phare de la soirée, que la prestation de Janice de Rosa. La belle dame, originaire de New York, avait en effet la lourde tâche de faire patienter le public jusqu'à l'arrivée de la fine équipe, tout en le sensibilisant à une musique qu'il n'a peut-être pas l'habitude d'écouter quotidiennement, les deux films sortis chez Universal Pictures, The Blues Brothers et The Blues Brothers 2000 étant une chose, et un concert de Blues en étant une autre…

Janice de Rosa n'en étant pas à son coup d'essai, je rappelle qu'elle a trois CD à son actif, et une quantité impressionnante de prestations live, (Blues Magazine l'avait rencontrée en 2004 et l'interview qui en résulte, se trouve dans le numéro 33 de l'été 2004.), a fort bien réussi à mettre le public dans sa poche. Et de nombreux spectateurs se sont même empressés d'acheter la dernière galette de la chanteuse, lors de l'entracte. Un concert de plus de quarante cinq minutes lui a en effet suffi à gagner les grâces d'un public difficile à séduire.

Pourquoi parler expressément de la qualité de ce public, et de la difficulté éventuelle à le séduire ? Et bien, tout simplement parce qu'il était manifeste que celui-ci ne faisait pas partie des aficionados du genre musical qui nous est si précieux. Il aime certes la musique jouée par les protagonistes des deux longs métrages cités précédemment, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils seraient tous prêts à sacrifier leurs congés d'été pour les passer à Cognac, au Grésivaudan, à Cahors, à La Charité Sur Loire, à Chédigny ou à Vannes, pour ne citer que quelques-uns des endroits où l'on voue un culte certain à cette musique du Diable !
D'autant qu'à bien écouter ces musiques, et à bien observer le jeu tant physique que musical de la section cuivres, par exemple, cela se définit davantage comme du Rythm'n Blues que comme de la musique bleue à part entière, (C'est, à ce propos, précisé sur la jaquette du premier DVD). Cette section est composée de Lou Blue Lou Marini au saxophone, d'Alan Mr Fabulous Rubin à la trompette, et de Larry Dogbone Farrell au trombone.

Dans la deuxième œuvre du septième art que nous évoquons depuis le début, il y a certes BB King, Eric Clapton ou Johnny Lang, mais leur seule présence ne suffit pas à faire de ces films en question, un véritable hommage au Blues, tel qu'il se définit selon certains critères bien précis... Nous préférons y voir un hommage déguisé à la maison Stax Records.

Reste que le show est d'excellente facture, et que la prestation de musiciens comme Steve The Colonel Cropper à la guitare, Smokin John Tropéa, guitare, Anthony Rusty Cloud aux claviers, Eric The Red Udel à la guitare basse et Lee Funkytime Finklesteine à la batterie est nette, sans faute et sans bavure. L'arrivée d'Eddie Knock On Wood Floyd comme second chanteur, après Rob Honeydripper Paparozzi confirmant mon assertion quant à la véritable nature de la musique auditionnée ce soir. Mais je préciserai tout de suite après, que l'absence de Douze Mesures Pur Jus n'enlève rien à la qualité du spectacle, car il s'agit davantage d'un show que d'un concert à proprement parlé. Les dix musiciens se comportant sur scène comme ils le faisaient sur les images sonores. On ne peut s'empêcher d'établir des parallèles entre les réminiscences de ce que l'on a vu, il y a plus ou moins longtemps et ce qui se déroule sur la scène de l'Olympia. Tous les standards de la formation sont revisités. Et le final, après une assez longue Standing Ovation, Gimme Some Loving de Steve Winwood comble un public particulièrement enthousiaste et satisfait de sa soirée.

Voir ces artistes bien vivant, dix ans après le second film, a rajeunit la moitié de la salle… et nous regagnerons nos foyers respectifs, heureux et de bonne humeur. Toujours cela de gagner sur la morosité ambiante.

Dominique Boulay
Crédit photographique Sylvie Boulay

 

 

 

 

 

   
Janice de Rosa
Steve The Colonel Cropper
Rob Honeydripper Paparozzi

 

Eric The Red Udel à la basse
et le guitariste Steve The Colonel Cropper

 

 

 



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