Les échos des concerts et festivals
 

JOE BONAMASSA
AU NEW MORNING
20 mars 2008

 

 

 

 

La soirée, organisée par Garance Production , qui avait loué, pour l'occasion le New Morning, devait initialement se dérouler en deux temps. Il était tout d'abord prévu une première partie acoustique avec David Loggins, fils du célèbre chanteur californien Kenny Loggins, à la guitare et au chant. Celui ayant dû repartir, précipitamment, pour les Etats Unis, à cause d'impératifs professionnels, nous sommes entrés, tout de suite dans le vif du sujet...

(Gageons, toutefois, qu'il reviendra, rapidement, car il a, sans nul doute, envie de présenter aux publics européens les fruits de son premier album Crosby Loggins And The Light : We All Go Home, dans lequel, il joue accompagné de cinq musiciens).

Tout débuta donc, avec l'arrivée de l'homme de Bloodline du nom de la formation avec laquelle il se fit connaître. (Celle-ci était composée de Berry Oakley Jr, fils du bassiste du Allman Brothers Band et de deux autres enfants prodigues de pères également célèbres dans le monde du Jazz et du Rock'n Roll, Erin Davis fils de Miles Davis, et Waylon Krieger, enfant de Robby Krieger des Doors. Un album émana de cette collaboration et eût deux titres classés dans les charts américains, à l'époque).

Ensuite, le gaillard vola de ses propres ailes, enregistra six albums. Et après avoir travaillé avec différents musiciens, nous revenait, ce soir, avec Hargrove Bowles IX à la batterie, Carmine Rojas à la guitare basse et Richard Melick aux claviers, ainsi qu'une petite poignée de guitares, qu'il utilisa, méthodiquement. Un luthier étant même venu, spécialement du sud de la France avec deux spécimens qu'il allait demander au guitariste de tester durant ses deux concerts ici même. Lui aura t'il donné son avis ensuite ? C'est la question que nous n'aurons de cesse de nous poser. En plus de son band, je préciserai que le gaillard est tellement perfectionniste dans son métier d'artiste, qu'il voyage avec son propre ingénieur du son et sa propre sonorisation. Ainsi, est'il certain de nous restituer les sonorités qu'il désire.
Je pense que c'est aussi cela qui peut expliquer le fait qu'il change de six cordes entre chaque morceau. L'instrument étant accordé selon ses intentions.

 


La salle était bien remplie, le premier soir, pendant la manifestation du guitariste prodigue de Los Angeles, Californie, comme il aime bien le rappeler devant son auditoire, et ce, bien qu'il soit natif de l'Utica dans l'état de New York. Il devait revenir le lendemain et la salle allait, peut-être, être plus remplie encore, puisqu'on allait aborder le premier versant du week end. Après avoir revisité quelques uns des morceaux phares de ces albums précédents, le changement qualitatif s'est articulé autour de son dernier disque, Sloa Gin, ouvrage plus personnel et plus abouti que les précédents.

L'hommage rendu au grand Jeff Healey, décédé récemment, m'a beaucoup touché, car dans un monde où tout va trop vite, ce serait dommage d'oublier ce grand artiste qui vient de nous quitter… Et il est réconfortant de voir que nous étions plusieurs à partager ce sentiment. En bref, un concert d'une très grande qualité et d'une intensité soutenue indéniable. J'avais eu le plaisir de le voir, lors de ses deux passages précédents à l'Elysée Montmartre. Je dois dire, qu'aussi bien dans la manière de chanter que dans celle de jouer de son instrument de prédilection, les choses ont changé de manière avantageuse à son égard. Il est vraiment en passe de devenir un musicien professionnel redoutable. Avec plus de quatorze concerts à son actif en février au Royaume Uni, et plus d'une vingtaine en mars, en Scandinavie, aux Pays Bas, en France, en Suisse et en Allemagne, nous voyons que nous avons affaire à un artiste pour qui jouer de la guitare, composer et chanter, être sur scène sont les raisons essentielles qui donne sens à sa vie !
Un très grand crû de concert que celui-là.

Texte : Dominique Boulay
Photos : Bruno Migliano

 




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