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La soirée, organisée par Garance Production
, qui avait loué, pour l'occasion le New Morning, devait initialement
se dérouler en deux temps. Il était tout d'abord prévu
une première partie acoustique avec David Loggins, fils
du célèbre chanteur californien Kenny Loggins, à
la guitare et au chant. Celui ayant dû repartir, précipitamment,
pour les Etats Unis, à cause d'impératifs professionnels,
nous sommes entrés, tout de suite dans le vif du sujet...
(Gageons, toutefois, qu'il reviendra, rapidement, car il a, sans nul doute,
envie de présenter aux publics européens les fruits de son
premier album Crosby Loggins And The Light : We All Go Home,
dans lequel, il joue accompagné de cinq musiciens).
Tout débuta donc, avec l'arrivée de l'homme de Bloodline
du nom de la formation avec laquelle il se fit connaître. (Celle-ci
était composée de Berry Oakley Jr, fils du bassiste du Allman
Brothers Band et de deux autres enfants prodigues de pères également
célèbres dans le monde du Jazz et du Rock'n Roll, Erin Davis
fils de Miles Davis, et Waylon Krieger, enfant de Robby Krieger des Doors.
Un album émana de cette collaboration et eût deux titres
classés dans les charts américains, à l'époque).
Ensuite, le gaillard vola de ses propres ailes, enregistra six albums.
Et après avoir travaillé avec différents musiciens,
nous revenait, ce soir, avec Hargrove Bowles IX à la batterie,
Carmine Rojas à la guitare basse et Richard Melick
aux claviers, ainsi qu'une petite poignée de guitares, qu'il utilisa,
méthodiquement. Un luthier étant même venu, spécialement
du sud de la France avec deux spécimens qu'il allait demander au
guitariste de tester durant ses deux concerts ici même. Lui aura
t'il donné son avis ensuite ? C'est la question que nous n'aurons
de cesse de nous poser. En plus de son band, je préciserai que
le gaillard est tellement perfectionniste dans son métier d'artiste,
qu'il voyage avec son propre ingénieur du son et sa propre sonorisation.
Ainsi, est'il certain de nous restituer les sonorités qu'il désire.
Je pense que c'est aussi cela qui peut expliquer le fait qu'il change
de six cordes entre chaque morceau. L'instrument étant accordé
selon ses intentions.
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La salle était bien remplie, le premier soir, pendant la manifestation
du guitariste prodigue de Los Angeles, Californie, comme il aime bien
le rappeler devant son auditoire, et ce, bien qu'il soit natif de l'Utica
dans l'état de New York. Il devait revenir le lendemain et la salle
allait, peut-être, être plus remplie encore, puisqu'on allait
aborder le premier versant du week end. Après avoir revisité
quelques uns des morceaux phares de ces albums précédents,
le changement qualitatif s'est articulé autour de son dernier disque,
Sloa Gin, ouvrage plus personnel et plus abouti que les
précédents.
L'hommage rendu au grand Jeff Healey, décédé
récemment, m'a beaucoup touché, car dans un monde où
tout va trop vite, ce serait dommage d'oublier ce grand artiste qui vient
de nous quitter
Et il est réconfortant de voir que nous étions
plusieurs à partager ce sentiment. En bref, un concert d'une très
grande qualité et d'une intensité soutenue indéniable.
J'avais eu le plaisir de le voir, lors de ses deux passages précédents
à l'Elysée Montmartre. Je dois dire, qu'aussi bien dans
la manière de chanter que dans celle de jouer de son instrument
de prédilection, les choses ont changé de manière
avantageuse à son égard. Il est vraiment en passe de devenir
un musicien professionnel redoutable. Avec plus de quatorze concerts à
son actif en février au Royaume Uni, et plus d'une vingtaine en
mars, en Scandinavie, aux Pays Bas, en France, en Suisse et en Allemagne,
nous voyons que nous avons affaire à un artiste pour qui jouer
de la guitare, composer et chanter, être sur scène sont les
raisons essentielles qui donne sens à sa vie !
Un très grand crû de concert que celui-là.
Texte : Dominique Boulay
Photos : Bruno Migliano
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