Les échos des concerts et festivals
 

Deuxième soirée Bleue
Salle Jean Roger Caussimon
Tremblay en France
12 avril 2008

 

Texte Dominique Boulay
Photos Yann Charles

Il faut croire que le public discipliné entre dans la salle parcimonieusement, car à aucun moment, il n'y a d'attroupement désordonné sur la place du Bicentenaire de la Révolution Française. Malgré le nom symbolique de l'endroit, tout se déroule dans le plus grand calme, les gens conservant leur potentiel énergétique pour le superbe plateau qui les attend ce soir…

21 h 00 - Tia And The Patient Wolves
22 h 30 - Darrell Nulisch Band

Dès l'entrée en scène de la formation clermontoise, la tension est montée de plusieurs crans. Charisme de la mignonne chanteuse guitariste, Tia, ou tout simplement excellent démarrage musical ? Nous étions plusieurs à opter principalement pour la seconde hypothèse, même si la première n'était pas, pour autant, abandonnée. Armée de son Epiphone demi caisse et jouant main nue de la guitare, le jeu a tout de suite atteint sa vitesse de croisière. Du très bon Blues, nous a alors été offert pendant un set qui a duré plus d'une heure. Parfaitement accompagnée par Olivier Perez à la guitare basse et par Dennis Agenet aux fûts et à la Washboard, la jeune femme, âgée de vingt huit ans, s'est livrée à une formidable prestation. Dotée d'une fort belle voix et jouant plus qu'honorablement de la six cordes électrique, Tia a interprété reprises et morceaux de l'album qui devrait sortir très prochainement. Il faut dire que le trio de Clermont Ferrand n'en est pas à ses débuts dans le monde de la musique bleue.
Jugeons plutôt sur les actes. Tia rentre d'une tournée en Floride, au Tennessee et en Louisiane. Le trio s'est déjà produit sur les scènes de manifestations musicales comme Blues sur Seine en 2005, Cahors Blues Festival en 2006, Cognac et Salaise en 2007. Et auparavant, la jeune Tia avait accompagné Larry Garner, à sa demande, et le Chicago Blues Festival durant les tournées 1999, 2000 et 2001…

On se demande même si le terme de première partie n'est pas un peu galvaudé, tant la qualité de celle-ci est indéniable ! Mais, le plateau que nous avait concocté Michel Rémond était ce soir d'une telle qualité, que même l'excellent premier set ne portait en rien ombrage à la fabuleuse seconde partie !
Curieux hasard, mais deux des protagonistes du soir avaient le même âge. La guitariste française et le guitariste Monster Mike Welch, natif de Boston, Massachusetts.

C'est d'ailleurs toujours l'état dans lequel il demeure, et là également, qu'il a enregistré son dernier opus : Just Like It Is.
Mais même si la galette en question est, sans nul doute, l'une des pépites en or massif de l'année en cours, ce n'est pas à ce titre qu'il était présent aujourd'hui. Il a débuté le 11 avril une tournée avec le grand Darrell Nulisch, qui va durer jusqu'au 1ier mai et qui va les conduire en Suisse, Belgique, Allemagne, Danemark, Autriche et Pays Bas. Son premier concert de retour dans son pays est d'ors et déjà programmé pour le 23 mai, avec Sugar Ray and The Bluetones, dans son Massachusetts natal…
Revenons à Tremblay en France, puisque c'est à propos de cela que j'écris ici. Le grand Darrell Nulisch est derrière le rideau et c'est tout de suite comme si un ange survolait la salle de spectacle. Quelques bruits de guitare et d'harmonicas… et le rideau se lève et, tout de suite, le quatuor engage la bataille. Il embarque toute l'assemblée pour plus de quatre vingt minutes de pure extase. Celui qui, dès son plus jeune âge, visitait les Honky Tonks avec ses parents pour les concerts du dimanche après midi, celui qui parcourait les trois pâtés de maisons qui le séparait de l'endroit où un certain Jimmie Vaughan, mobilisait l'attention de tous les jeunes du quartier avec son groupe, les Chessmen. Celui-là est devant nous maintenant. Et il va se livrer à une prestation irréprochable ! Au chant et à l'harmonica, accompagné de Monster Mike Welch à la guitare, le spectacle va s'emballer. Reprenant quelques uns des morceaux qui l'ont rendu célèbre, le chanteur harmoniciste va ravir le public. C'est également pour lui l'occasion d'interpréter des morceaux de son nouvel album Goin' Back To Dallas qui, comme les cinq disques précédents qu'il a enregistrés sous son propre nom, sont non seulement excellents, mais fleurent tous bon le Texas Blues. Les mêmes remarques valent aussi pour ce qu'il a enregistré avec Anson Funderburgh & The Rockets, Ronnie Earl & The Broadcasters ou pour ses participations dans des disques de James Cotton, John Campbell, Otis Grand ou Hubert Sumlin. Une aussi longue énumération d'artistes fameux pour bien faire comprendre, qu'il n'y avait que du beau monde en cette magnifique soirée, dans la banlieue parisienne.

 

 

 

 



retour