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Texte Dominique Boulay
Photos Yann Charles
Il
faut croire que le public discipliné entre dans la salle parcimonieusement,
car à aucun moment, il n'y a d'attroupement désordonné
sur la place du Bicentenaire de la Révolution Française.
Malgré le nom symbolique de l'endroit, tout se déroule dans
le plus grand calme, les gens conservant leur potentiel énergétique
pour le superbe plateau qui les attend ce soir
21 h 00 - Tia And The Patient Wolves
22 h 30 - Darrell Nulisch Band
Dès l'entrée en scène de la formation clermontoise,
la tension est montée de plusieurs crans. Charisme de la mignonne
chanteuse guitariste, Tia, ou tout simplement excellent démarrage
musical ? Nous étions plusieurs à opter principalement pour
la seconde hypothèse, même si la première n'était
pas, pour autant, abandonnée. Armée de son Epiphone demi
caisse et jouant main nue de la guitare, le jeu a tout de suite atteint
sa vitesse de croisière. Du très bon Blues, nous a alors
été offert pendant un set qui a duré plus d'une heure.
Parfaitement accompagnée par Olivier Perez à la guitare
basse et par Dennis Agenet aux fûts et à la Washboard,
la jeune femme, âgée de vingt huit ans, s'est livrée
à une formidable prestation. Dotée d'une fort belle voix
et jouant plus qu'honorablement de la six cordes électrique, Tia
a interprété reprises et morceaux de l'album qui devrait
sortir très prochainement. Il faut dire que le trio de Clermont
Ferrand n'en est pas à ses débuts dans le monde de la musique
bleue.
Jugeons plutôt sur les actes. Tia rentre d'une tournée en
Floride, au Tennessee et en Louisiane. Le trio s'est déjà
produit sur les scènes de manifestations musicales comme Blues
sur Seine en 2005, Cahors Blues Festival en 2006, Cognac et Salaise en
2007. Et auparavant, la jeune Tia avait accompagné Larry Garner,
à sa demande, et le Chicago Blues Festival durant les tournées
1999, 2000 et 2001
On se demande même si le terme de première partie n'est pas
un peu galvaudé, tant la qualité de celle-ci est indéniable
! Mais, le plateau que nous avait concocté Michel Rémond
était ce soir d'une telle qualité, que même l'excellent
premier set ne portait en rien ombrage à la fabuleuse seconde partie
!
Curieux hasard, mais deux des protagonistes du soir avaient le même
âge. La guitariste française et le guitariste Monster
Mike Welch, natif de Boston, Massachusetts.
C'est
d'ailleurs toujours l'état dans lequel il demeure, et là
également, qu'il a enregistré son dernier opus : Just
Like It Is.
Mais même si la galette en question est, sans nul doute, l'une des
pépites en or massif de l'année en cours, ce n'est pas à
ce titre qu'il était présent aujourd'hui. Il a débuté
le 11 avril une tournée avec le grand Darrell Nulisch, qui
va durer jusqu'au 1ier mai et qui va les conduire en Suisse, Belgique,
Allemagne, Danemark, Autriche et Pays Bas. Son premier concert de retour
dans son pays est d'ors et déjà programmé pour le
23 mai, avec Sugar Ray and The Bluetones, dans son Massachusetts natal
Revenons
à Tremblay en France, puisque c'est à propos de cela que
j'écris ici. Le grand Darrell Nulisch est derrière le rideau
et c'est tout de suite comme si un ange survolait la salle de spectacle.
Quelques bruits de guitare et d'harmonicas
et le rideau se lève
et, tout de suite, le quatuor engage la bataille. Il embarque toute l'assemblée
pour plus de quatre vingt minutes de pure extase. Celui qui, dès
son plus jeune âge, visitait les Honky Tonks avec ses parents pour
les concerts du dimanche après midi, celui qui parcourait les trois
pâtés de maisons qui le séparait de l'endroit où
un certain Jimmie Vaughan, mobilisait l'attention de tous les jeunes du
quartier avec son groupe, les Chessmen. Celui-là est devant nous
maintenant. Et il va se livrer à une prestation irréprochable
! Au chant et à l'harmonica, accompagné de Monster Mike
Welch à la guitare, le spectacle va s'emballer. Reprenant quelques
uns des morceaux qui l'ont rendu célèbre, le chanteur harmoniciste
va ravir le public. C'est également pour lui l'occasion d'interpréter
des morceaux de son nouvel album Goin' Back To Dallas qui, comme
les cinq disques précédents qu'il a enregistrés sous
son propre nom, sont non seulement excellents, mais fleurent tous bon
le Texas Blues. Les mêmes remarques valent aussi pour ce qu'il a
enregistré avec Anson Funderburgh & The Rockets, Ronnie Earl
& The Broadcasters ou pour ses participations dans des disques de
James Cotton, John Campbell, Otis Grand ou Hubert Sumlin. Une aussi longue
énumération d'artistes fameux pour bien faire comprendre,
qu'il n'y avait que du beau monde en cette magnifique soirée, dans
la banlieue parisienne.
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