Les échos des concerts et festivals
 

Les Escales
de Saint Nazaire
8 et 9 août 2008

 


Texte et photos : Stéphane Biset

Qui dit festivals d'été, dit festivals de Blues, mais également de musiques du monde. Le Festival Les Escales de Saint Nazaire entre dans cette deuxième catégorie.
Cette année, la ligne conductrice était le continent Nord Américain, et plus particulièrement, la ville de New York. Commençons avec Vieux Farka Touré, fils du célèbre John Lee Hooker Africain Ali Farka Touré. Sa musique n'en est pas moins intéressante, même s'il officie dans un style identique. L'approche y est personnelle, le tempo est à l'image de l'homme, dynamique. Le public ne s'y est pas trompé en l'acclamant, et c'est déjà une belle révélation du festival. On enchaine avec Herminia, une chanteuse du Cap Vert dont la musique est immédiatement assimilable à cette île, et à une autre chanteuse plus connue, Césaria Evora. Dans la salle, l'ambiance est douce, et chacun se délecte de ces belles notes exotiques. Repassons sur la scène Estuaire, où Antibalas va enflammer le port. Ce groupe New Yorkais distille depuis dix ans son Afro beat cuivré, rageur et revendicateur, sous l'influence de James Brown, mais surtout de Fela Kuti. Percussions et cuivres donnent le rythme, et le public danse de tous les côtés. Puis, changement de scène et de groupe, mais pas d'ambiance. Le Balkan Beat Box offre un mélange explosif de cuivres des Balkans, de Funk et d'électro, à un rythme très soutenu. On change à nouveau d'ambiance avec le deuxième grand concert de la soirée : Charlélie Couture et ses New Yorkeurs nous délivre un Rock noir assez pêchu, ainsi qu'un Blues bien senti. C'est ainsi que se termine cette très belle première soirée.

On entame la seconde avec une chanteuse Nigérienne, Asa, évoluant dans une Soul Folk très mélodieuse et enjouée. Sa musique charme le public qui en redemande, et qui est venu en nombre pour l'écouter. Ce n'est pas pour rien si elle est une des révélations du festival. Il est l'heure d'aller sur la grande scène pour voir le groupe New Yorkais Sonic Youth. Leur Rock est puissant et énervé, à la recherche de sonorités à base de distorsion et de saturation. Les aficionados ont assisté à un très bon concert, riche en volume sonore. De Sonic Youth, nous passons au Funk de Pee Wee Ellis qui devait être accompagné de Fred Wesley, mais ce dernier n'a pu se déplacer. Le concert est un hommage africain à James Brown. Idée qui aurait pu être intéressante si les invités de Pee Wee Ellis avaient été à la hauteur ! Une chanteuse criarde et un peu trop enthousiaste, et le chanteur guitariste Cheick Lô, au chant et à la guitare aléatoire, qui a tout simplement massacré Man's World de James Brown, en essayant de le traduire. Pee Wee Ellis, quant à lui, n'a rien perdu de son touché au sax. La fête aurait peut-être été plus pétillante avec le punch de Fred Wesley. La fin de soirée est assurée par un grand nom du Reggae Africain, Alpha Blondy. Connaissant son succès mondial, on aurait pu croire que sa musique était aseptisée. Détrompez-vous, bien au contraire. Son Reggae a gardé toute sa force, revendicatif, engagé, transmettant un message de paix et de lutte. Un Reggae bien roots, où les titres comme Jérusalem ou Cocody Rock ont gardé tout leur éclat. C'est sur ces belles notes que ce termine ce festival, dont le thème sera renouvelé l'an prochain. Alors, n'oubliez pas de faire Escale sur les quais de Saint Nazaire !

Alpha Blondy

 

Sonic Youth

Asa

Dee Dee Bridgwater

 

 



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