Texte et photos : Stéphane Biset
Qui dit festivals d'été, dit festivals de Blues, mais également
de musiques du monde. Le Festival Les Escales de Saint Nazaire
entre dans cette deuxième catégorie.
Cette année, la ligne conductrice était le continent Nord
Américain, et plus particulièrement, la ville de New York.
Commençons avec Vieux
Farka Touré, fils du célèbre John Lee Hooker
Africain Ali Farka Touré. Sa musique n'en est pas moins intéressante,
même s'il officie dans un style identique. L'approche y est personnelle,
le tempo est à l'image de l'homme, dynamique. Le public ne s'y
est pas trompé en l'acclamant, et c'est déjà une
belle révélation du festival. On enchaine avec Herminia,
une chanteuse du Cap Vert dont la musique est immédiatement assimilable
à cette île, et à une autre chanteuse plus connue,
Césaria Evora. Dans la salle, l'ambiance est douce, et chacun se
délecte de ces belles notes exotiques. Repassons sur la scène
Estuaire, où Antibalas
va enflammer le port. Ce groupe New Yorkais distille depuis dix ans son
Afro beat cuivré, rageur et revendicateur, sous l'influence de
James Brown, mais surtout de Fela Kuti. Percussions et cuivres donnent
le rythme, et le public danse de tous les côtés. Puis, changement
de scène et de groupe, mais pas d'ambiance. Le Balkan Beat Box
offre un mélange explosif de cuivres des Balkans, de Funk et d'électro,
à un rythme très soutenu. On change à nouveau d'ambiance
avec le deuxième grand concert de la soirée : Charlélie
Couture et ses New Yorkeurs nous délivre un Rock noir assez
pêchu, ainsi qu'un Blues bien senti. C'est ainsi que se termine
cette très belle première soirée.
On entame la seconde avec une chanteuse Nigérienne, Asa,
évoluant dans une Soul Folk très mélodieuse et enjouée.
Sa musique charme le public qui en redemande, et qui est venu en nombre
pour l'écouter. Ce n'est pas pour rien si elle est une des révélations
du festival. Il est l'heure d'aller sur la grande scène pour voir
le groupe New Yorkais Sonic Youth. Leur Rock est puissant et énervé,
à la recherche de sonorités à base de distorsion
et de saturation. Les aficionados ont assisté à un très
bon concert, riche en volume sonore. De Sonic Youth, nous passons au Funk
de Pee Wee Ellis qui devait être accompagné de Fred
Wesley, mais ce dernier n'a pu se déplacer. Le concert est
un hommage africain à James Brown. Idée qui aurait pu être
intéressante si les invités de Pee Wee Ellis avaient été
à la hauteur ! Une chanteuse criarde et un peu trop enthousiaste,
et le chanteur guitariste Cheick Lô, au chant et à
la guitare aléatoire, qui a tout simplement massacré Man's
World de James Brown, en essayant de le traduire. Pee Wee Ellis,
quant à lui, n'a rien perdu de son touché au sax. La fête
aurait peut-être été plus pétillante avec le
punch de Fred Wesley. La fin de soirée est assurée par un
grand nom du Reggae Africain, Alpha
Blondy. Connaissant son succès mondial, on aurait pu croire
que sa musique était aseptisée. Détrompez-vous, bien
au contraire. Son Reggae a gardé toute sa force, revendicatif,
engagé, transmettant un message de paix et de lutte. Un Reggae
bien roots, où les titres comme Jérusalem
ou Cocody Rock ont gardé tout leur éclat.
C'est sur ces belles notes que ce termine ce festival, dont le thème
sera renouvelé l'an prochain. Alors, n'oubliez pas de faire Escale
sur les quais de Saint Nazaire !
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Alpha Blondy
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