
Les échos des concerts
et festivals
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SAM' BLUES FESTIVAL DE MERICOURT
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21
et 22 Novembre 2008
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Texte et photos : Jean-Christophe Baugé
En guise d'apéritif, une soirée ciné-concert était organisée la veille du festival au cinéma Familia d'Avion avec la projection du film Shine A Light de Martin Scorcese sur les Rolling Stones. Back To The Roots, le groupe du maître de cérémonie du festival Alain Augustyniak, a joué en clôture un set acoustique s'appuyant sur des reprises des grands pionniers du blues (cf. CD autoproduit On The Road chroniqué dans Blues Magazine n°50). L'ex-Stocks Christophe Marquilly remplaçait le guitariste Serge Douay pour l'occasion.
C'est au son du trio rockabilly Béthunois The Red Cabs que les premiers spectateurs se sont pressés au Centre Social et Culturel Max-Pol Fouchet de Méricourt le vendredi 21 Novembre. Le groupe s'est acquitté de sa lourde tache - celle de jouer pendant les entractes sur les deux jours - avec brio. Les grands classiques d'Elvis Presley, Carl Perkins, Eddie Cochran, Gene Vincent, mais aussi des Stray Cats ont été interprétés avec justesse et conviction. Echo sur la voix, Gretsch demi-caisse en bandoulière à la Brian Setzer, kit de batterie minimaliste : tous les éléments étaient réunis pour un voyage dans le temps garanti. Le public a tout particulièrement apprécié les deux reprises rockabilly décalées d'AC/DC (Highway To Hell) et de Led Zeppelin (Rock And Roll). C'est l'invitée Claire Duez qui a posé sa voix rocailleuse sur cette dernière : m'évoquant tout à tour Janis Joplin et Brian Johnson (!), elle a littéralement époustouflé l'assistance. Le groupe Arrageois Locomotive a ensuite eu l'honneur d'investir la scène principale. Ce trio présente la double particularité d'avoir en son sein un très jeune guitariste gaucher particulièrement doué (Léo) qui va certainement faire parler de lui dans les années à venir, épaulé par un duo père (Philippe, chant et basse) / fils (Max, batterie). Leur prestation sympathique au travers de reprises des maîtres du genre, Stevie Ray Vaughan (Couldn't Stand The Weather), Jimi Hendrix (Them Changes) a incité une bonne partie du public à s'intéresser à leur CD 4 titres Four Years For Tunes en vente sur place.
Il fallait braver la neige qui tombait à gros flocons pour venir assister à la soirée du samedi 22. Ainsi, après l'intermède The Red Cabs, c'est un public plus clairsemé que la veille mais constitué de fans ultimes qui accueillait le trio Calaisien Little Fat Daddy & The Wild Guys. Derrière ce nom à rallonge se cachent des figures bien connues de la scène blues du Nord : Dominique Flock à l'harmonica (organisateur du Beautiful Swamp Blues Festival de Calais), Norman Rosaia au chant et à la guitare acoustique (officie aussi dans Paint It Blue) et Matt Candas au dobro. Le répertoire, très roots, était axé sur des reprises de Robert Johnson (Me And The Devil), Willie Dixon (Little Red Rooster) ou encore Muddy Waters (Rollin' And Tumblin') avec en sus un clin d'il à Bill Perry. Le charisme naturel de Norman avec sa gestuelle très originale a fait que les paroles ont touché un public pas forcément anglophone : cette communion était quasi-parfaite notamment sur Slavery, une des compositions du groupe au titre évocateur devant figurer sur un CD à venir en 2009. Alain Augustyniak au washboard est venu rejoindre le groupe sur les derniers morceaux pour ajouter du rythme à l'ensemble. Enfin, le très attendu Pat The White a investi la scène et attaqué bille en tête sur More Bad News avec sa voix puissante et un son de guitare bien rond et saturé juste comme il fallait (pour les amateurs de beau matériel : guitare Gibson Les Paul Gold Top couplée à un ampli Fender Vibrolux Reverb). Le jeune québécois, barbu pour l'occasion, a fait preuve d'une sacrée présence scénique en ne tenant pas en place pendant ses solos (souvent dopés à la wah-wah), pour le bonheur du public et le malheur des photographes sans flash. Sa section rythmique, composée de Francis Campello à la basse et de Bernard Reichstadt à la batterie, s'est faite plus discrète mais n'en assurait pas moins. Pour sa set-list, Pat est allé piocher à parts quasi-égales dans ses 2 CD : Pat the White sorti en 2004 (Soul Of A Dead Man, Feels Like Mississippi de Pete Anderson, Jesus Gonna Be Here de Tom Waits) et The Quebec City Session sorti en 2007 (Tuff Enuff des Fabulous Thunderbirds, Nothing Else To Do, More Bad News, Promised Land). Côté covers hors albums, le public a eu droit à du beau monde : Howlin' Wolf (Who's Been Talkin'), Robert Johnson (The Last Fair Deal), Elmor James (The Sky Is Crying) et Freddie King (Big Legged Woman). Sous des applaudissements nourris, Pat est revenu en rappel avec le jeune guitariste Leo en guest, ravi de croiser le fer avec le maître sur un High Heal Sneakers survolté : excellent ! Alors que l'équipe de Pat The White s'apprêtait à regagner l'Alsace pour la suite de sa tournée française, les Red Cabs ont conclu la soirée en jammant avec les musiciens de Back To The Roots et Little Fat Daddy & The Wild Guys pour le plus grand bonheur des derniers noctambules. Au vu de la qualité des prestations des groupes programmés cette année, il ne fait aucun doute que l'édition 2009 du festival est d'ores et déjà attendue avec impatience.
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