Les échos des concerts et festivals
 

Chris Rea

en concert

à l'Olympia

Le 02 Février 2008 - Paris (75)

 

 

Chris Réa - DR

 

Grande soirée Boulevard des Capucines, en ce début du deuxième mois de l'année. Il faut dire qu'un très grand Monsieur est venu nous rendre visite, et que revenant lui-même de très très loin, cela n'en a que plus de valeur encore ! (Rappelons, pudiquement, que celui-ci, a eu de gros problèmes de santé à cause d'un méchant crabe…).

Je ne veux pas faire un mauvais jeu de mots mais le dernier Opus de Chris Réa s'intitulant The Return Of The Fabulous Hofner Bluenotes, je peux néanmoins parler ce soir du fabuleux retour de Chris Réa.

Le spectacle démarre tout en instrumental,The Delmonts est placardé en fond mural. L'artiste reprend la chronologie de son dernier concept CD, la première partie de celui-ci, étant un hommage aux groupes précurseurs comme The Shadows ou The Spoutnicks, par exemple. Il est logique que les instrumentaux, où la guitare est reine, prévalent, Russian Roulette, French Football sont des morceaux du Disc One, par exemple, intitulé lui aussi naturellement, The Delmonts… Notons tout de suite le grand professionnalisme de l'artiste, qui change de guitare à chaque morceau, désirant nous restituer le plus fidèlement possible, sans le moindre accroc sonore, les morceaux enregistrés en studio, les instruments préalablement accordées, attendant sagement dans les coulisses.

Viennent, ensuite des extraits des deux autres chapitres de son ouvrage sonore : The Hofner Bluenotes. Ceux-là sont plus dans l'esprit de ce que Chris Réa fait habituellement : du Blues et du Rock. Mais comme il fait cela magistralement bien, nous ne lui reprocherons certes pas ! Dans les soli que le guitariste égraine, au fil du concert, les spectateurs ne peuvent que saluer le travail des autres musiciens qui savent se faire discrets, et se mettent à son service. Il y avait présent, un batteur, un clavier et deux bassistes. A aucun moment l'impression de tunnel n'a été présente. On pense tunnel quand des musiciens s'embarquent dans des soli ou des improvisations qu'ils sont les seuls à suivre et à comprendre. Ce soir, il n'en était pas question ! Personne ne perdait le fil, et surtout pas nous, spectateurs auditeurs. Tout semblait impeccablement construit. Chris, évidemment, possède toujours cette voix chaude et sensuelle qui a fait sa notoriété, et même si il ne l'emmène plus aussi loin qu'il le souhaiterait parfois, sa maîtrise musicale lui permet de faire passer le tout sans que l'on y prête garde. Si sa voix a pu garder en mémoire tous les endroits, toutes les salles, tous les cabarets où elle a excellé, il est normal que ses cordes vocales agissent encore avec dextérité.

Le public lui rend d'ailleurs l'hommage qu'il mérite. Particulièrement le fond de la salle et le balcon. Là où les plus jeunes se sont spontanément et financièrement regroupés. L'artiste lui-même n'a pas été dupe, puisqu'il ne semblait s'adresser qu'à eux. Un peu comme si il ignorait les premiers rangs de l'orchestre qui semblaient confondre concert de Blues et Opéra. Il faut dire que celle-ci ne se trouve pas très loin de la célèbre salle de music-hall…

La moyenne d'âge approche peut-être la cinquantaine, mais aux âmes bien nées, la valeur sait attendre le nombre des années. Des parents aux préoccupations pédagogiques et trans générationnelles avaient amené le fruit de leurs entrailles. Saluons ces gens qui savent transmettre les vraies valeurs à leur progéniture.

Et parce qu'un concert, c'est aussi un clin d'œil gigantesque à la jeunesse et au temps d'avant, le public était définitivement transporté lorsqu'est venu le temps des reprises. Looking For The Summer, On The Beach, The Road To Hell, Joséphine, au banjo, Stony Road, Auberge.

Et que les rouspéteurs et autres râleurs se consolent de ne pas avoir été présents, ils peuvent se dépêcher d'aller écouter le dernier CD. Ce n'est pas pareil, mais cela constitue un lot de consolation non négligeable. Et puis, la prochaine fois, ils iront SURFER sur le net. Au lieu de ne se servir des moyens de communication modernes que pour le travail, ils devraient apprendre à bien le maîtriser pour leurs loisirs également...

Dominique Boulay




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