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Chris Réa - DR
Grande soirée Boulevard des Capucines, en ce début du deuxième
mois de l'année. Il faut dire qu'un très grand Monsieur
est venu nous rendre visite, et que revenant lui-même de très
très loin, cela n'en a que plus de valeur encore ! (Rappelons,
pudiquement, que celui-ci, a eu de gros problèmes de santé
à cause d'un méchant crabe
).
Je ne veux pas faire un mauvais jeu de mots mais le dernier Opus de Chris
Réa s'intitulant The Return Of The Fabulous Hofner Bluenotes,
je peux néanmoins parler ce soir du fabuleux retour de Chris
Réa.
Le spectacle démarre tout en instrumental,The Delmonts
est placardé en fond mural. L'artiste reprend la chronologie de
son dernier concept CD, la première partie de celui-ci,
étant un hommage aux groupes précurseurs comme The Shadows
ou The Spoutnicks, par exemple. Il est logique que les instrumentaux,
où la guitare est reine, prévalent, Russian Roulette,
French Football sont des morceaux du Disc One,
par exemple, intitulé lui aussi naturellement, The Delmonts
Notons tout de suite le grand professionnalisme de l'artiste, qui change
de guitare à chaque morceau, désirant nous restituer le
plus fidèlement possible, sans le moindre accroc sonore, les morceaux
enregistrés en studio, les instruments préalablement accordées,
attendant sagement dans les coulisses.
Viennent, ensuite des extraits des deux autres chapitres de son ouvrage
sonore : The Hofner Bluenotes. Ceux-là sont plus
dans l'esprit de ce que Chris Réa fait habituellement : du Blues
et du Rock. Mais comme il fait cela magistralement bien, nous ne lui reprocherons
certes pas ! Dans les soli que le guitariste égraine, au fil du
concert, les spectateurs ne peuvent que saluer le travail des autres musiciens
qui savent se faire discrets, et se mettent à son service. Il y
avait présent, un batteur, un clavier et deux bassistes. A aucun
moment l'impression de tunnel n'a été présente.
On pense tunnel quand des musiciens s'embarquent dans des soli
ou des improvisations qu'ils sont les seuls à suivre et à
comprendre. Ce soir, il n'en était pas question ! Personne ne perdait
le fil, et surtout pas nous, spectateurs auditeurs. Tout semblait impeccablement
construit. Chris, évidemment, possède toujours cette voix
chaude et sensuelle qui a fait sa notoriété, et même
si il ne l'emmène plus aussi loin qu'il le souhaiterait parfois,
sa maîtrise musicale lui permet de faire passer le tout sans que
l'on y prête garde. Si sa voix a pu garder en mémoire tous
les endroits, toutes les salles, tous les cabarets où elle a excellé,
il est normal que ses cordes vocales agissent encore avec dextérité.
Le public lui rend d'ailleurs l'hommage qu'il mérite. Particulièrement
le fond de la salle et le balcon. Là où les plus jeunes
se sont spontanément et financièrement regroupés.
L'artiste lui-même n'a pas été dupe, puisqu'il ne
semblait s'adresser qu'à eux. Un peu comme si il ignorait les premiers
rangs de l'orchestre qui semblaient confondre concert de Blues et Opéra.
Il faut dire que celle-ci ne se trouve pas très loin de la célèbre
salle de music-hall
La moyenne d'âge approche peut-être la cinquantaine, mais
aux âmes bien nées, la valeur sait attendre le nombre des
années. Des parents aux préoccupations pédagogiques
et trans générationnelles avaient amené le fruit
de leurs entrailles. Saluons ces gens qui savent transmettre les vraies
valeurs à leur progéniture.
Et parce qu'un concert, c'est aussi un clin d'il gigantesque à
la jeunesse et au temps d'avant, le public était définitivement
transporté lorsqu'est venu le temps des reprises. Looking
For The Summer, On The Beach, The Road To
Hell, Joséphine, au banjo,
Stony Road, Auberge.
Et que les rouspéteurs et autres râleurs se consolent de
ne pas avoir été présents, ils peuvent se dépêcher
d'aller écouter le dernier CD. Ce n'est pas pareil, mais cela constitue
un lot de consolation non négligeable. Et puis, la prochaine fois,
ils iront SURFER sur le net. Au lieu de ne se servir des moyens de communication
modernes que pour le travail, ils devraient apprendre à bien le
maîtriser pour leurs loisirs également...
Dominique Boulay
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