Les échos des concerts et festivals
 

David Gogo

en concert au

Févier 2008
Rue Jules Vallès - St Ouen (93)

 

 

David Gogo devant le One Way, et en micro HF !

 

Dans une période où l'on voudrait nous faire avaler les couleuvres et les bottes en python avec, il est quand même regrettable, alors que tout et plus encore augmentent autour de nous, de ne pas croiser des foules impressionnantes ou au moins des masses quantifiables d'amateurs éclairés de Blues (allusion aux deux soirées illuminées de mille et une bougies…) aux soirées concerts du One Way...

Car si l'on dénombre les atteintes aux bonnes mœurs, les attentats à la pudeur, les crimes de lèse majesté et les limites à la connerie, on ne prononce pas encore vraiment, à haute voix, les absences impardonnables de fidèles avertis. Et croyez-moi, il y a beaucoup à dire ! Laxisme des bobos, gogos and Co ?

Quand on pense qu'il s'agit de concerts intra muros. (Porte de Clignancourt), que le coût est de quinze euros par personne, boisson comprise (Je rappelle que cette station est le terminus de la ligne numéro 4 de la RATP.) Et ce, dans un débit de boissons peu chère, comparativement à mille et un autres endroits, au goût moins affirmé et aux tarifs biens supérieurs, et où l'on s'emmerde beaucoup plus …
Quand on pense aux facilités de parkings gratuits gigantesques, vu que les adeptes de ces concerts sont les seules âmes qui vivent dans un périmètre de plusieurs centaines de mètres…

Quand on pense aux possibilités multiples de croiser, rencontrer et s'entretenir avec des tas de gens de très bon aloi ! Et que pour finir, les contraintes urbaines font que tout se termine autour de minuit, on ne comprend décidément pas, pourquoi les mélomanes et autres honnêtes gens d'aujourd'hui ne se précipitent pas, ces soirs-là, rue Jules Vallès à Saint Ouen.
Même celui qui a donné son nom à cette rue, se serait déplacé lui, si il l'avait pu ! D'autant, que l'on ne parle pas spécialement, ces jours-là, d'une augmentation faramineuse du taux de fréquentation de l'Opéra, de la Comédie française, de la Cinémathèque de Chaillot ou des visites nocturnes de Beaubourg. Et que les salles de cinéma d'Arts et Essais sont toujours, aussi désespérément vides…

Mais que font les gens ? Si les programmes des appareils à tube cathodique étaient mieux ces soirs-là, nous serions les premiers au courant ! Alors que fait le bon peuple ? Il fomente…

Reste que nous avons la consolation d'avoir passé un fabuleux moment avec David et ses complices. Un bassiste hollandais et deux américains : à la batterie et aux claviers, Brendan Hedley, pour le nommer, qui a joué merveilleusement bien de ses deux claviers Deux sets puissants, de fort calibre. De nombreuses reprises de son excellent dernier album Vibe. Pèle mêle, She' s Alright, un Love In The City aux riffs rollingstoniens, un fabuleux Blues lent Something Ain't Right, et j'en passe, un superbe Hoochie Coochie Man et quelques clins d'œil au répertoire de ses précédentes galettes. Une magnifique version de This Is a Man's World de James Brown, reprise dans l'album Halfway to Memphis…

 


Beaucoup de joie à l'issue du show, de super moments comme lorsque David sort dans la rue et enfourche l'Harley Davidson d'un copain photographe, tout en poursuivant son solo de guitare. Elles étaient au nombre de quatre, ce soir, Gibson et Fender, réglées en Open D ou Open G pour mieux faire résonner le slide que David manie avec dextérité, et que j'affectionne particulièrement..

Un garçon super gentil, au talent énorme, qui aurait mérité beaucoup mieux comme public, et un peu de ressentiment contre l'humanité entière. Que ceux qui se sentent merdeux aillent au moins écouter et acheter le dernier opus ! Ils comprendront mieux ce qu'ils ont loupé, et ils ne pourront s'en vouloir que davantage.

Ce jeune canadien, né en Colombie britannique, a déjà commis un certain nombre de CD que vous feriez mieux d'écouter et de vous procurer, si vous ne voulez pas avoir l'air idiot, en ce début de vingt et unième siècle. A vous de les chercher, vous-mêmes, cela vous apprendra à ne pas rester trop consommateur passif. Le jeune guitariste a même un site officiel qui porte son nom. Reconnaissez, au moins, que je vous laisse des indices…

Dominique Boulay

Crédit photographique Bruno Migliano



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