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Après une première partie insipide, qui voit une jeune
fille seule en scène, munie de sa guitare, nous chanter de sa petite
voix faible, quelques chansons, histoire de faire patienter, arrive le
moment tant attendu, l'entrée de John Fogerty et de ses
six musiciens. Nous avions eu le temps d'aller auparavant sur le site
officiel du briscard californien, et nous savions déjà qu'il
allait interpréter un certain nombre de classiques de Creedence
Clearwater Revival. Nous sommes d'ailleurs retournés depuis
sur le Net, et nous sommes déçus de remarquer que ce n'est
pas à Paris qu'il s'est le plus donné, que ce n'est pas
là que leur prestation a été la plus intense, comme
on aimerait croire que c'est toujours là où nous nous trouvons
qu'ils vont être les meilleurs
La Set liste parisienne paraissait
moins fournie que certains autres soirs de cette tournée mondiale,
très impressionnante par le nombre de concerts donnés aux
quatre coins du monde. Et je dois ajouter que les derniers spectacles
retransmis en DVD, nous avaient également mis l'eau à la
bouche. Ce qui n'est pas commun, vu nos habitudes et la nature du breuvage.
Quelque chose de spécifique à Paris est peut-être
aussi le comportement des agents de Sécurité, pas spécialement
conviviaux, avec un public loin de se comporter de manière anarchique.
Ils étaient, certes, nombreux devant la scène, mais il n'y
avait vraiment pas trace d'agressivité ou de bousculade, ce soir-là.
Des admiratrices ont réussi à lui offrir un superbe bouquet
de fleurs pour son anniversaire, le 28 mai, qui avait eu lieu quelques
jours auparavant. (Nous étions bien loin d'Altamont
). Le
dit personnel a d'ailleurs été rapidement dépassé,
et les consignes de début de concert sont rapidement passées
à la trappe : Personne debout devant la scène. Il faut dire
que vu les reprises nombreuses de CCR et les Rocks joués par la
formation, il était difficile de demeurer sur son fauteuil.
Je ne me rappelais plus certains morceaux, comme Hey Tonight
ou Green River que je possédais en vinyle, et c'est
avec beaucoup d'émotion que tout m'est revenu en pleine face. Le
dernier album de John Fogerty Revival, paru en 2007, n'a pas par contre
spécialement été à l'honneur, puisque si l'on
regarde les titres des morceaux joués lors de ce show parisien,
il n'y en a qu'un seul qui est extrait du dernier opus, Broken Down
Cowboy.
D'aucuns font remarquer qu'il se produit maintenant une fois par an en
France. N'était-il pas à l'Olympia, l'année précédente
? Leur remarque n'est pas fausse, mais nous ne nous plaindrons certainement
pas de ses visites à répétitions. Je rappelle qu'il
a publié sept albums studio avec sa célèbre formation
californienne, et une dizaine de CD en solo depuis. Je pense qu'il a donc
matière à donner encore de nombreux concerts. Agé
de plus de soixante ans, il est remarquable de voir comme il a encore
le tonus pour jouer comme il le fait. Le Rock'n'roll est vraiment un excellent
moyen de rester vert très longtemps. Et il n'a pas manqué
de nous parler de son bonheur d'être grand-père, et nous
avons même eu droit au dernier dessin fait par sa petite fille.
Si comme je viens de l'écrire, le Rock'n'roll conserve, nous sommes
bien loin du côté subversif qu'il a pu incarner autrefois.
Bien que cette caractérisation n'ait jamais concerné Creedence
Clearwater Revival, qui est toujours demeuré dans le politiquement
correct.
Et même si les musiciens qui l'accompagnaient, étaient plus
jeunes que lui, l'adage, prenait tout son sens ce soir-là. Car
en grand professionnel de la musique qu'il est, il sait s'entourer de
musiciens compétents. Et pour ceux qui aiment les Gibson SG, c'est
à un véritable festival que l'on a assisté, puisqu'il
y en avait parfois trois qui jouaient en même temps.
Un petit tour par le stand Merchandising en sortant, et ce dimanche soir
de juin se terminait sous les meilleurs cieux pour les spectateurs et
les fans ravis et prêts à revenir dés l'an prochain.
Dominique Boulay
Crédit photographique Jackie Mascré
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