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Photos : Christophe Ubelmann
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Billy Branch de dos
Lurrie Bell
John Primer
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Cassie Taylor
Corey Harris
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Bassekou Kouyaté
Otis Taylor
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Le froid au rendez-vous, ainsi que les amateurs de Blues, laissaient
présager que de grands événements étaient
sur le point de se passer à Aulnay sous Bois, dans les jours
et les heures qui venaient ! Les soirées devenant tellement incandescentes,
musicalement parlant, que je me souvenais de cette agglomération
de banlieue comme partie prenante de l'ancienne Seine et Oise d'avant
1968. Il faut dire qu'à l'époque, j'étais moi-même
un mioche demeurant à Sevran, et que les deux bourgades voisines
étaient séparées par des champs ! J'avais donc une
excuse. En guise de salut, j'en profite même pour avoir une petite
pensée pour Bruno Migliano, photographe, et ancien gamin
de Sevran lui aussi. Comme quoi, le 9.3 n'est pas toujours synonyme de
sic ! Nous n'en avions jamais douté d'ailleurs.
Et c'est au CAP, au milieu des tours et du béton, que tout
allait recommencer à nouveau
L'inauguration
musicale revenait à So Kalmery, originaire du Congo. Pendant
son set, l'artiste a joué de la guitare acoustique, accompagné
par des percussions et une section rythmique classique, mais à
la tenue de route irréprochable. Il a d'ailleurs su mélanger
le Swahili et l'anglais dans les textes qu'il a chantés.
Version métissée de la Brakka, musique des rues de
son pays, les morceaux qu'il a interprétés se révélaient
de véritables pièces musicales multi ethniques, tant le
musicien a su s'imprégner de ce qu'il a entendu durant ses voyages
à travers le monde. Cela rappelait dès le départ,
les fondamentaux de ce festival aulnaysien, qui sont, entre autre, altérité
culturelle et passerelles entre Chicago et l'Afrique ou l'Afrique et Chicago
En seconde partie de spectacle, et comme pour justifier ce que je viens
d'affirmer, c'est Mr Lurrie
Bell qui entrait en scène, personnage riche en couleurs comme
propulsé d'un Buster Keaton ou d'un Laurel et Hardy musical, tant
son look semble venir de la nuit des temps ! Heureusement que son Blues
est différent, car en ce qui concerne la partition musicale, nous
sommes en pleine immersion chicagoenne. Rien que de la bonne guitare électrique,
magistralement accompagnée par les artistes qui constituent le
Living History Band : ce qui veut dire Billy Flynn
à la guitare, que nous avons pu apprécier au Festival Blues
en Loire de la Charité, Johnny Iguana aux claviers, Felton
Crews à la guitare basse, qui accompagne les plus grands bluesmen
de par le monde, et le génial Kenny Beedy Eyes Smith
à la batterie qui, lui aussi, est de toutes les excellentes soirées
bleues, et de tous les bons plans, sa présence au sein de Mississippi
Heat ou auprès de Robert Belfour ou T-Model Ford, lors de l'avant
dernier soirée du Festival d'Ile de France, confirme mon assertion.
Le
lendemain vendredi, la deuxième soirée au CAP achevait la
première partie de ce nouveau Festival : Corey Harris jammant
avec Billy Branch, puis nous offrant un de ses merveilleux récitals
dont il a le secret. Si je parlais anglais comme il parle français,
je pense que je pourrais m'inscrire à Oxford demain. D'une gentillesse
et d'une générosité extraordinaire, il a pleinement
réussi à séduire et à conquérir le
public. Pour avoir vendu les CD des artistes après leur passage
sur scène, je peux vous affirmer qu'il n'est d'ailleurs pas resté
en peine à l'issue de ce petit passage obligé d'après
spectacle.
Ensuite, est venu le tour de James Leva and His Purgatory Moutain
: du Bluegrass en veux-tu en voilà, véritable plongée
dans le Folk Blues irlando américain, où violon et mandoline
sont rois ! Une ambiance formidable, où l'envie et le besoin de
se fondre dans le côté universel de la musique sont complètement
intégrés au spectacle. Comme quoi, les espaces entre les
genres musicaux sont moins grands que l'on croit. Encore un artiste d'outre
Atlantique pour qui le français n'a plus de secret. Il faut dire
que lors de son premier séjour chez nous, il venait étudier
Samuel Beckett, et il a d'ailleurs fini par passer un Doctorat de Français,
option écrivains de la Renaissance Rabelais, Villon et Cie
Une musique authentique dont nous aurons l'occasion de reparler, lorsque
nous vous livrerons les propos que nous avons tenus, lui et moi, dans
les coulisses du théâtre du Cap.
Ainsi s'achevait la première partie de cette manifestation musicale
toute de bleue vêtue.
Un grand merci aux Aulnay Drôles de Dames, qui ont su nous
proposer avec gentillesse et sourire aux lèvres, thé à
la menthe, bricks et pâtisseries orientales, pour un coût
très modique, et à profusion
Ce n'est pas Felton Crews
qui me contredira, bien qu'il est été davantage séduit
par le sourire de la cuisinière que par le goût de ce qu'elle
proposait
J'ai d'ailleurs profité de l'instant, pour lui
demander quelles étaient les notes des cordes de sa guitare basse
à six cordes.
Moi qui en était resté à Mi, La, Ré, Sol
avec les basses à quatre cordes. C'est avec gentillesse qu'il m'a
spécifié :
B Low
E
A
D
G
C High
Ce qui change tout, vous en conviendrez comme moi. Il n'est jamais trop
tard pour apprendre.
Et voilà que le samedi d'après commençait la première
soirée à L'Espace Jacques Prévert, de la vieille
ville d'Aulnay. Rien que du beau monde, aussi bien côté rue
que côté cour, le seul qui nous intéresse pour le
moment. Un petit air de la cité ventée nous siffle aux oreilles
Lurrie Bell, John Primer et Billy Branch nous distillent
des airs qui fleurent bon le South Side de la cité du nord des
Etats Unis.
Gros rassemblement humain, gros moyens tant du point de vue des artistes
que de la logistique : présentation de l'album Chicago Blues
A Living History, les musiciens qui ont enregistré le disque
jouant sur scène avec les têtes d'affiche. Tout est en place
pour que nous ayons l'illusion d'être là-bas. Il ne manque
que le Jack pour achever le délire. Nous sortons de ce samedi
soir-là, la tête dans les étoiles. Cela bourdonne
le bourbon, longtemps après dans les oreilles. Deux des plus grands
guitaristes du genre et l'un des derniers piliers à l'harmonica
font de l'événement quelque chose d'unique !
Nous n'hésiterons pas à penser que c'est le point culminant
du crû 2008. Les spectateurs, plus nombreux que les autres soirs
ne s'y sont, d'ailleurs, pas trompés.
Un
dimanche après midi humide permettait de vérifier ce que
nous venons d'écrire
Et pourtant, c'est justement à ce moment précis que se vérifient
les fameux fondamentaux, dont nous parlions précédemment.
Il y a une universalité de la musique qui transcende les genres
et les spécificités, qui dépasse l'origine continentale
et historique, pour se fondre dans un tout que l'on pourrait aussi bien
appelé BLUES que MUSIQUE, tout simplement.
Bassekou Kouyaté, le N'Goni Ba, James Leva,
Otis Taylor et Corey Harris, chacun à tour de rôle
puis tous ensemble, nous livrent en pâture une musique à
l'état brut
telle qu'elle devait se jouer autrefois, à
l'époque où les continents ne faisaient qu'un, où
les peuples appartenaient tous à la race des terriens tout simplement
où les mots concurrence et influence
n'existaient pas encore, ou plutôt, n'étaient pas encore
venu polluer le monde des musiciens, des griots et des artistes poètes.
Un univers que ceux d'Aulnay ont voulu reconstituer, et vis à vis
de qui, nous serons longtemps reconnaissants d'avoir su croire en ce bel
idéal toujours réalisable. Que nous réservent-ils
à l'avenir ?
Dominique Boulay
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CHICAGO BLUES A LIVING HISTORY
The Living History Band
Raisin Music
   
Enorme évènement sur la planète
Blues que la sortie de ce double album. Il relate l'histoire musicale
du Blues de Chicago. 21 classiques du genre, joués par un
band composé de musiciens qui comptent parmi les meilleurs
: Lurrie Bell, John Primer, Billy Boy Arnold ou Carlos Johnson aux
guitares, Billy Branch à l'harmonica... Ces artistes contemporains
sont eux-mêmes accompagnés par The Living History Band,
composé de Matthew Skoller à l'harmonica, Billy Flynn
à la guitare, Johnny Iguana aux claviers, Felton Crews à
la basse et Kenny Beedy Eyes Smith aux drums. 1ière reprise
remonte à 1940 et la dernière date de 1991. Un livret
composé des biographies des créateurs des morceaux,
complété par la présentation des musiciens,
fait de ce disque un Indispensable du genre. Si chaque fan de Blues
veut initier un néophyte, c'est avec cet album qu'il doit
commencer les cours
Dominique Boulay
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