Les échos des concerts et festivals
 

Rockin' Blues & Estaminet !

du 07 au 15 mars 2009

 

Texte et photos Eric Matelski

Le Mont Cassel et sa ville d'origine romaine sont sûrement plus représentatifs de la Flandre que sa voisine Bergues, mais le 7ième art est passé par là. Cassel est le siège de Blues Box Association, organisatrice du Rockin' Blues. Cette 7ième édition a débuté par trois dîners concert. Le 7 mars, par le songwriter américain Bill Sheffield, suivi jeudi par un concert Jazz Blues et vendredi par une formation Rockabilly Blues française : The Red Cabs.

Nous voilà samedi 14 mars, cela débute par deux concerts dans des bars de la ville, malheureusement à la même heure, d'un coté Victor Brox, de l'autre le trio français Little Fat Daddy & the Wild Guys, un Blues acoustique traditionnel, deux guitares, chant et harmonica. On en reparlera bientôt, à l'occasion de la sortie de leur album.

A 20 heures, la salle des fêtes accueille le moment fort du Festival. Pour débuter, une agréable surprise, un jeune trio français qui nous vient de Poitiers. Dans une composition peu commune, ils revisitent des standards du Blues, avec une orchestration mêlant Blues, Cajun et folklore Poitevin ! On a eu le droit à une belle version picking de Pride and Joy au dobro, avec à la basse un soubassophone et à la mélodie un accordéon diatonique. Autre exemple, Mojo Working avec une intro Cajun, puis le morceau s'accélère pour enfin mettre le feu. En résumé, les paroles restent, la musique change ! C'est quelques fois osé, surprenant, mais c'est frais et çà fait plaisir à entendre. J'oubliais, ils s'appellent Merry Go Round. Continuez dans ce bon chemin ! Ils sont jeunes, avec un peu plus d'expériences de la scène, on devrait entendre parler d'eux. Le guitariste est à surveiller.

En 2ième partie, Harpsliders. Ils sont chez eux, avec un public conquis d'avance. Ce qui est formidable, c'est que l'on a beau les voir plusieurs fois, on ne s'ennuie jamais, on découvre toujours quelque chose. C'est authentique, sans triche, avec une bonne humeur contagieuse. Le public en redemande toujours ! Le duo est rejoint sur scène par Victor Brox, un grand moment sur Help me.
Pour conclure la soirée, Sammy Cuba. Le trio belge, avec Filip Casteels, ex El Fish, aux commandes, est d'une qualité irréprochable, mais pas dans l'ambiance du Festival. Ils sont plongés dans leur art, c'est du solide, ils enchaînent magnifiquement les morceaux, mais sans échange avec la salle.

Dimanche, pour clôturer, un dîner concert dans un Estaminet proche de Cassel. Découverte de la gastronomie des Flandres en écoutant Victor Brox, que demander de mieux ! Quand on connaît le passé de ce bluesman anglais, on imagine mal le retrouver en ces lieux. Il a joué avec les plus grands, accompagnant de nombreuses têtes d'affiche et pas seulement dans le Blues. Jimi Hendrix citait souvent Victor Brox. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire qu'il soit connu (loin de la médiatisation de Clapton, ou Mayall). Au piano, il nous interprète de nombreuses reprises, Lucille de Little Richard, Mustang Sally de Wilson Pickett ou encore Georgia On My Mind de Ray Charles, sans oublier du John Lee Hooker, du BB King… et ses propres compositions. Particularité, sur certains solos, il s'accompagne d'une main au cornet à pistons. J'aimerais bien le voir sur scène avec une formation tenant la route.

A retenir du 7ième Rockin' Blues, l'ambiance familiale, la place ouverte aux découvertes (ou redécouvertes). Comme quoi, il n'est pas obligatoire d'avoir des têtes d'affiches pour faire un bon festival !



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