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Texte et photos Eric Matelski
Le Mont Cassel et sa ville d'origine romaine sont sûrement plus
représentatifs de la Flandre que sa voisine Bergues, mais le 7ième
art est passé par là. Cassel est le siège de Blues
Box Association, organisatrice du Rockin' Blues. Cette
7ième édition a débuté par trois dîners
concert. Le 7 mars, par le songwriter américain Bill Sheffield,
suivi jeudi par un concert Jazz Blues et vendredi par une formation Rockabilly
Blues française : The Red Cabs.
Nous
voilà samedi 14 mars, cela débute par deux concerts dans
des bars de la ville, malheureusement à la même heure, d'un
coté Victor Brox, de l'autre le trio français Little
Fat Daddy & the Wild Guys, un Blues acoustique traditionnel, deux
guitares, chant et harmonica. On en reparlera bientôt, à
l'occasion de la sortie de leur album.
A
20 heures, la salle des fêtes accueille le moment fort du Festival.
Pour débuter, une agréable surprise, un jeune trio français
qui nous vient de Poitiers. Dans une composition peu commune, ils revisitent
des standards du Blues, avec une orchestration mêlant Blues, Cajun
et folklore Poitevin ! On a eu le droit à une belle version picking
de Pride and Joy au dobro, avec à la basse un soubassophone
et à la mélodie un accordéon diatonique. Autre exemple,
Mojo Working avec une intro Cajun, puis le morceau s'accélère
pour enfin mettre le feu. En résumé, les paroles restent,
la musique change ! C'est quelques fois osé, surprenant, mais c'est
frais et çà fait plaisir à entendre. J'oubliais,
ils s'appellent Merry Go Round. Continuez dans ce bon chemin !
Ils sont jeunes, avec un peu plus d'expériences de la scène,
on devrait entendre parler d'eux. Le guitariste est à surveiller.
En
2ième partie, Harpsliders. Ils sont chez eux, avec un public
conquis d'avance. Ce qui est formidable, c'est que l'on a beau les voir
plusieurs fois, on ne s'ennuie jamais, on découvre toujours quelque
chose. C'est authentique, sans triche, avec une bonne humeur contagieuse.
Le public en redemande toujours ! Le duo est rejoint sur scène
par Victor Brox, un grand moment sur Help me.
Pour conclure la soirée, Sammy Cuba. Le trio belge, avec
Filip Casteels, ex El Fish, aux commandes, est d'une qualité irréprochable,
mais pas dans l'ambiance du Festival. Ils sont plongés dans leur
art, c'est du solide, ils enchaînent magnifiquement les morceaux,
mais sans échange avec la salle.
Dimanche, pour clôturer, un dîner concert dans un Estaminet
proche de Cassel. Découverte de la gastronomie des Flandres en
écoutant Victor Brox, que demander de mieux ! Quand on connaît
le passé de ce bluesman anglais, on imagine mal le retrouver en
ces lieux. Il a joué avec les plus grands, accompagnant de nombreuses
têtes d'affiche et pas seulement dans le Blues. Jimi Hendrix citait
souvent Victor Brox. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire qu'il soit
connu (loin de la médiatisation de Clapton, ou Mayall). Au piano,
il nous interprète de nombreuses reprises, Lucille de Little
Richard, Mustang Sally de Wilson Pickett ou encore Georgia On
My Mind de Ray Charles, sans oublier du John Lee Hooker, du BB King
et ses propres compositions. Particularité, sur certains solos,
il s'accompagne d'une main au cornet à pistons. J'aimerais bien
le voir sur scène avec une formation tenant la route.
A retenir du 7ième Rockin' Blues, l'ambiance familiale,
la place ouverte aux découvertes (ou redécouvertes). Comme
quoi, il n'est pas obligatoire d'avoir des têtes d'affiches pour
faire un bon festival !
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