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LE FIL, sympathique structure stéphanoise englobant une agréable
salle de spectacle, affichait complet pour la venue de Mister Ted Horowitz,
alias Popa CHUBBY, himself, bien
en chair, et en os pour
la quatrième prestation d'une tournée européenne
de 6 semaines.
Sans préambule,
ni première partie, l'icône
du blues-rock new-yorkais nous assène un " Hey Joe "
hendrixien d'excellente facture. Les titres se succèdent sur un
rythme effréné nous gratifiant d'un blues-rock bien carré,
limite rock'n roll, pour 1h45 de concert. Comme l'affirme Popa Chubby
: " Music Is My Religion "
. et donc, pas de temps mort
pour ce power trio dont l'efficace section rythmique - Aj Pappas
(basse) / Tom Papadatos (batterie) - témoigne d'une parfaite
osmose avec le big boss qui alterne compositions persos et reprises revisitées.
Quelques titres du récent CD " Vicious Country " dont
" Race with the Devil " côtoient des morceaux de Jimi
Hendrix ou de Motorhead (" Ace Of Spades "). Une excellente
version de " The Fight is on " déclenche un tonnerre
d'applaudissements.
Moins brouillon et étouffant qu'à ses débuts, Popa
Chubby semble avoir compris que le blues se respire comme une bouffée
de fraîcheur. Il y a bien encore quelques avalanches de notes saturées
oppressantes par-ci, par-là, mais l'artiste sait désormais
doser ses effets.
Excellent showman, il a tôt fait de mettre le public dans sa poche,
lui proposant de chanter sur certains titres (Hallelujah,
) ou faisant
monter sur scène un enfant à ses côtés montrant
ainsi une image débonnaire, loin de la caricature pseudo-agressive
de rocker tatoué qu'il véhicule au travers des médias.
Ne délaissant qu'une seule fois sa fidèle Fender Strato
au profit de la Fano rouge et blanche pour une partie de slide incisive
sur " Daddy played the guitar and Mama was a Disco Queen ",
il enchante un public participatif et méritera fort justement son
rappel.
Petit bémol en ce qui concerne le visuel des affiches du concert
qui présente Popa Chubby en compagnie de sa charmante Galea. Faute
d'avoir consulté la composition du band sur le site officiel de
Popa, les aficionados de la dame en furent pour leurs frais. L'amalgame
entre promotion du dernier CD et publicité pour le concert a pu
paraître douteux à certains.
Ambiance juke-joint assurée après ce concert puisque la
petite scène du bar-club présente le " one man band
" français local Big Foot Lucas. Pied droit sur la
pédale charleston, pied gauche sur les cordes d'une guitare basse
posée à même le sol, notre homme chante d'une voix
assez monocorde (son point faible) tout en grattant frénétiquement
sa guitare. Ca pulse et le public apprécie l'originalité
de la prestation.
Merci à Sandrine et à toute l'équipe du FIL pour
leur accueil, en souhaitant que le blues continue d'avoir toute sa place
dans la programmation de ce lieu culturel bien vivant.
Jean Philippe PORCHEROT
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