Les échos des concerts et festivals
 

POPA CHUBBY
&
French Friends
au Comedy Club
19 Février 2009

 

 

Popa Chubby © Xavier Alberghini

 

Popa Chubby © Franckie Bluesy Pfeiffer

 

Monumentale prestation que celle de Mr Popa Chubby en compagnie de Mme Galea et de quelques amis musiciens français, en ce jeudi 19 févier de l'an de grâce 2009. Nous étions plusieurs dizaines à attendre bien sagement sur le trottoir du boulevard de Bonne Nouvelle devant le Comedy Club de Jamel Debbouze, qui inaugurait pour la circonstance une série de soirées concerts, dont un certain nombre dédiées à la musique bleue… Il était aux alentours de 23 h. Mais, qu'importe le temps, puisque l'événement était de taille !

Peu de temps avant l'ouverture de l'entrée étroite et filtrée, l'occasion nous était même donnée de voir Mr et Mme Horowitz entrer dans la salle de spectacles, en nous saluant tous d'un sympathique Hey Guys !

Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls à se faire ainsi remarquer, puisque quelques gardiens de la paix ont trouvé aussi incompréhensible matière à pénétrer avant nous dans l'endroit encensé, ce soir, par les fans de bonne musique. Ils ne sont pas restés très longtemps, mais cela a suffi à alimenter les propos des mélomanes-badauds attendant patiemment leur tour pour pénétrer dans la salle de spectacle.

Une fois installés dans l'antre intime et douillette, nous eûmes tout de suite l'occasion de voir Popa Chubby se chauffer les mains en attendant que la salle ne soit totalement occupée.

Une fois celle-ci totalement remplie (tout comme nos verres, d'ailleurs), les réjouissances allaient pouvoir commencer.

Et les bougres ne nous ont pas laissé l'espace d'un millième de seconde pour reprendre notre souffle. Des plages de Vicious Country, dernière production du couple du Bronx new-yorkais à quelques reprises fameuses comme Act Naturally de Ringo Starr, dixit l'album Help des Beatles, en passant par CC Rider attribué à Elvis Presley (alors que, personnellement j'avais préféré la version Eric Burdon and The Animals), ou en faisant un petit clin d'œil à Johnny Cash et June Carter, en reprenant l'immense Jackson.

Tout fut prétexte à honorer ce qui est l'un des principes mêmes de nos petites vies de misérables terriens, le Blues, Love and Rock'n Roll.

De la musique d'une qualité gigantesque, alliée à la présence de musiciens français à la virtuosité exceptionnelle, allaient permettre d'opérer à ce concert privé un virage à 360 °, le transformant rapidement de petite chose privée en Evénement à la notoriété quasi planétaire ! Excusons pour l'occasion, les soucis de réglage pour l'ampli réservé aux guests. Les plus grands des artistes français étaient avec nous : Nono, guitariste de Trust, en passant par Basile Leroux, longtemps guitariste d'Eddy Mitchell, ou l'immense Jean Jacques Milteau à l'harmonica, qui étaient tous venus accompagner le chef de file du New York City Blues, pour le concert promotionnel de son nouvel opus, sans oublier Jean Michel Kajdan, pour qui la maîtrise de la guitare ne semble plus présenter de problème. Et encore, n'avons nous rien dit de Monsieur Claude Langlois, pour qui la Pedal Steel Guitar n'a plus de secret !
D'ailleurs, le maître de la soirée ne s'est pas laissé abuser, puisqu'il a embauché le talentueux musicien à temps plein. Il faut dire que le Monsieur en a des tonnes à nous apprendre en ce qui concerne la maîtrise de l'instrument en question.

Une soirée qui aurait pu demeurer inoubliable, si malgré quelques avatars inévitables lors des premières, celle-ci n'avait été entachée de gestes impardonnables qui nous ont immédiatement rappelé que nous n'étions pas si éloignés de S'il est minuit dans le siècle, le magnifique ouvrage de Victor Serge, que cela.
Des sbires venant chercher les photographes qui avaient bravé l'interdiction d'agir et les invitant à quitter la salle. Seuls pouvant continuer à officier les admirateurs de Popa, équipés de tout petits appareils, téléphones portables ou autres... Histoire de montrer que l'on sait être tolérant avec le peuple docile. On aurait voulu penser ces gestes définitivement bannis de nos mémoires… D'autant que les exécutants de ces bas offices devaient avoir leur propre idée de ce que la répression et autres délits de faciès veulent dire pour les avoir eux-mêmes subis.

Dominique Boulay



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