Les échos des concerts et festivals
 

AU " MI " LIEU DU BLUES
Ampuis (69)
Programmation Juin 2010

 

Jeff Zima en concert le 5 juin 2010

De son apprentissage dans les rues de La Nouvelle Orléans, Jeff Zima a conservé cette façon peu commune et diablement efficace de jouer tout en puissance, de façon slidée, martelant sa guitare sur un tempo le plus souvent élevé. Il fallait se faire entendre pour espérer récolter quelques dollars, et cette école musicale de la rue a laissé des traces indélébiles dans la façon qu'a Jeff Zima de s'approprier tel ou tel standard. Ses compositions personnelles sont écrites dans la même veine, et l'ensemble donne du volume à sa musique, d'autant que la rythmique impeccable assurée par Fred Jouglas à la contrebasse rehausse parfaitement ce style de jeu.

Ca groove un max sous les doigts de Fred qui imprime une cadence infernale. Shuffle, Rag, Boogie... le public en redemande et le set n'est entrecoupé que de rares morceaux plus lents, à consonance jazzy (toujours cette influence néo-orléanaise), permettant d'apprécier la dextérité de l'artiste, tout en évitant l'effet de monotonie et de lassitude.

La voix se révèle honnête et il n'est pas banal d'entendre une ou deux compositions rédigées dans la langue de Molière et déclamées par ce bluesman d'origine américaine, avec un fort accent du sud-ouest, sa région d'adoption depuis une vingtaine d'années. Son tempérament gouailleur et son humour caustique complètent le personnage devant lequel on ne peut rester indifférent. On adhère ou on rejette.

Et pour se faire une idée plus précise de sa musique, l'écoute de ses différents enregistrements en formule trio ou quartet s'avère un plus indéniable : Live in Gaillac, What a Life ! et Kidney Stew.

 

 

Maurice John Vaughn en concert le 8 juin 2010

   
Maurice John Vaughn
 
Maurice John Vaughn
Fred Brousse
 
Maurice John Vaughn

L'évènement de ce mois de juin 2010 au "Mi" Lieu du Blues fut incontestablement la venue de l'américain Maurice John Vaughn, natif de Chicago (Illinois), accompagné de son fidèle harmoniciste français Fred Brousse. Cette version duo inédite, ayant pour objectif le public des petits clubs, semble correspondre à la formule idéale pour nos deux compères invités à se produire au juke-joint de notre ami Black Jack.

Entame de set façon classique, avec un Chicago Blues pur jus, sur des reprises de Howlin' Wolf ou d'Elmore James, les interventions précises de l'harmo de Fred Brousse donnant parfaitement la réplique à la Gibson Les Paul de Maurice John Vaughn. Le toucher de guitare de ce dernier se révèle toujours aussi efficace et son jeu, d'une grande clairvoyance, respire un Blues profond. Qu'il soit leader ou invité en qualité d'accompagnateur de luxe (dernièrement lors d'un concert de Donald Ray Johnson), Maurice John Vaughn joue un Blues sincère, pur, sans artifice et néanmoins brillant.

C'est avec un plaisir non dissimulé que l'artiste passe de la guitare aux claviers notamment sur Dock of the Bay, en première partie de soirée. Si le répertoire en lui-même n'apparait pas d'une grande originalité avec des reprises de Thrill Is Gone de BB King, Help Me de Sonny Boy Williamson ou Got My Mojo Workin' de Muddy Waters, il se révèle cependant adapté à la voix de Maurice John Vaughn. Le chant semble être le seul point faible de son acolyte Fred Brousse, qui nous régale par ailleurs avec son jeu d'harmonica fortement coloré.

Aucune concurrence entre les deux musiciens mais une saine émulation au service d'un Blues jubilatoire n'ayant pour objectif que de combler un public sous le charme de la prestation. Que ce soit sur un titre de Jimmy Reed en début de seconde partie ou sur le standard When A Man Loves A Woman, Fred Brousse prouve, si besoin était, son talent de guitariste, en totale complémentarité avec le piano de Maurice John Vaughn.

Un swingant Kansas City Blues nous offre le plaisir de chaudes interventions au saxophone de Maurice John Vaughn, parallèlement à son jeu de claviers idéalement soutenu par la guitare alerte de Fred Brousse. Un régal... pour une soirée comme on les aime.

 

 

   
Lenny Lafargue
 
Jules Rousseau
 
Julien Bigey

Lenny Lafargue en concert les 19 et 20 juin 2010


Un final sous forme d'apothéose puisque, outre les deux concerts officiels de la programmation Au "Mi" Lieu du Blues, Lenny Lafargue se voyait confier la direction du boeuf de clôture prévu après la chicken-party - barbecue proposé par l'équipe de la Black Jack Blues Association aux adhérents présents.

Que faut-il retenir de la partie concert ? Outre le fait que Lenny Lafargue soit un excellent guitariste, il semble que le public ait plus particulièrement été séduit par la qualité des textes chantés en français et écrits, de toute évidence, dans l'esprit du Blues. En effet, le respect de l'essence même du Blues et de sa caractéristique du double langage (le fameux double-entendre) est un exercice de style extrêmement délicat, que Lenny Lafargue maîtrise à la perfection. Son CD Intemporel (2007) en est d'ailleurs un témoignage des plus convaincant.

Secondé par une section rythmique efficace composée du placide Jules Rousseau à la basse et de l'exubérant Julien Bigey à la batterie, Lenny Lafargue nous offrit un set époustouflant où se mêlèrent Blues traditionnel, jump Blues et Rock'n Roll, servi par des arrangements et des compositions de qualité.

Le rappel fut l'occasion d'entendre en avant-première Le Boogaloo, titre devant figurer sur le prochain album de Lenny (enregistrement prévu cet été), avant de terminer magistralement par un C'est pas la peine d'brailler dans la plus pure tradition louisianaise.

 

 

Bœuf de clôture avec Lenny Lafargue le 20 juin 2010


Le boeuf de clôture fut quant à lui l'occasion pour quelques talents locaux de jammer avec le trio bordelais. Une rencontre détonante qui permit à Didier Santos (harmonica), Pascal Rosiak (accordéon chromatique), etc... d'échanger musicalement avec Lenny et les Moustiques, dans la bonne humeur et avec beaucoup de professionnalisme.

Très appréciés, les Boogies et Zydecos de Lenny, énergiquement soutenus par l'accordéon de Pascal, firent danser jusque tard dans la soirée. Lenny Lafargue et ses musiciens prirent un évident plaisir à jouer dans cette chaleureuse ambiance des titres teintés Cajun comme Les flammes de l'enfer ou La porte de derrière, cette prestation se terminant sur une reprise en choeur par l'assistance du titre Le Blues frappe à ma porte.
Soirée mémorable qui voyait s'achever en beauté une saison 2009-2010 d'un haut niveau musical.

   
Boeuf avec Lenny Lafargue
 
Boeuf avec Lenny Lafargue
 
Jules Rousseau
Pascal Rosiak

*Plus d'infos sur la programmation Au " Mi " Lieu du Blues en consultant le site :
http://blackjackbluesasso.free.fr



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