Les échos des concerts et festivals
 

AU " MI " LIEU DU BLUES
Ampuis (69)
Programmation Octobre 2010

 

Raoul Ficel en concert le 2 octobre

C'est par un instrumental de Lightnin' Hopkins que débute ce premier set riche en reprises mettant en avant le penchant de Raoul Ficel pour des artistes comme JB Lenoir et surtout Jimmy Reed. Grosse caisse et charleston pour la rythmique, guitare électro-acoustique ou électrique selon les titres et harmonica sur rack, notre homme orchestre joue un blues plaisant mais entendu maintes et maintes fois et ce ne sera qu'en fin de première partie, après un boogie instrumental, qu'il se décidera à offrir à un public quelque peu apathique, l'une de ses compositions en français suivie de ""L'air de rien" figurant sur son dernier CD "Qui a tué Robert Johnson ?" et écrit par sa principale référence en ce domaine, à savoir Lenny Lafargue.

La seconde moitié de soirée sera la copie presque conforme de la première moitié avec des reprises de Little Walter, Slim Harpo, Willie Dixon, etc... avant d'apprécier enfin trois titres successifs en français dont "J'peux plus m'passer de toi" et "Laisse moi". Chanteur honnête et fin guitariste, Raoul Ficel n'a cependant pas su enthousiasmer son auditoire en grande partie par un manque d'originalité dans le choix de son répertoire pour cette prestation ... et ce n'est pas ce meddley reprenant, après une partie slide instrumentale, "My Babe", "It Hurts Me Too" et "Back Door Man" qui aurait pu sortir le public de sa torpeur.
Raoul Ficel aurait eu tout à gagner en jouant son propre répertoire, du bon blues français ne manquant pas d'originalité comme sait si bien le faire Lenny Lafargue, son ex-professeur.
De toute cette compil' blues servie sans grande originalité, seule une reprise de J.J.Cale sort du lot pour l'excellence de l'interprétation.

 

 

 


 

 

 

 

 
Hobo Blues

Hobo Blues en concert le 16 octobre
Lauréat au Cahors Blues Festival, Hobo Blues délivre un blues généreux et original, tout aux couleurs de ces deux artistes dont les personnalités si différentes sur scène jouent parfaitement le jeu de la complémentarité.
Marine Chuecos mène le set tambour battant avec une certaine gouaille, présentant les différents morceaux avec un brin d'humour et créant une dynamique qui entraîne le public dans son sillage. Son atout majeur, c'est sa voix, maîtrisant parfaitement la langue de Shakespeare et vivant intensément ses textes, qu'il s'agisse de reprises ou de compositions personnelles. Son rôle rythmique n'est pas négligeable aussi bien avec sa guitare Martin électro-acoustique qu'avec ses washboards et crée le climat de chaque morceau sur lequel son conjoint, le guitariste Antoine Chuecos, peut s'exprimer en toute confiance et liberté, tissant ses trames mélodiques.
Autant Marine fait preuve d'exubérance, autant Antoine apparaît réservé pour ne pas dire introverti. Son jeu de guitare est un régal pour les amateurs du genre. Il excelle au dobro et ne dédaigne pas s'accompagner à l'harmonica. En totale osmose avec le jeu de sa partenaire, il nous offre un set éblouissant de dextérité.
Si le répertoire de ce duo de choc laisse la part belle aux reprises "Hobo Blues" (ça va de soi !), "St-James Infirmary", "Good Morning Little Schoolgirl", etc..., il nous offre par ailleurs quelques compositions personnelles intéressantes comme "Sugarland Blues" ou "Take Care", tirées de leur récent CD "Just Married !", ou bien ce détonnant "Hysteric Woman Blues" qui figurait sur leur CD "Sweet Home Faraillas".

 
Hobo Blues Antoine Chuecos
 
Hobo Blues Marine Chuecos

 

 

 

Black Jack - Marten Ingle - Nina Van Horn Mar Todano - Anne-Marie Garcia

 

Nina Van Horn en concert le 30 octobre
C'est en trio qu'avait choisi de se produire Nina Van Horn au "Mi" Lieu du Blues pour présenter un set émouvant à la gloire des grandes chanteuses de blues du début du XXème siècle.
"Down In The Alley" de Memphis Minnie débutait cette soirée au cours de laquelle, Nina Van Horn interpréta quelques perles musicales d'un riche répertoire blues féminin, de Ma Rainey à Sister Rosetta Tharpe en passant par Bessie Smith et Georgia White.
Chanteuse à la voix assurée, Nina Van Horn n'était accompagnée que de ses deux guitaristes aux jeux très complémentaires, le japonais Mar Todano et l'américain Marten Ingle (habituel bassiste du groupe).
Exposant avec une grande sensibilité les problèmes auxquels ces blueswomen étaient confrontées au quotidien, Nina Van Horn délivrait entre chaque morceau quelques anecdotes sur la condition de ces femmes afro-américaines, abordant les thèmes aussi variés que le racisme ou l'homosexualité, sans oublier la drogue à travers des chansons de Victoria Spivey et Lil Green ou l'alcool avec un titre de Kate McTell.
Si "Strange Fruit" de Billie Holiday fut un des grands moments de ce concert, l'interprétation du "TB Blues" (sur le thème de la tuberculose) de Victoria Spivey ou l'hommage rendu par Nina Van Horn à toutes ces femmes dans sa composition personnelle " Sisters Sisters ".
Toutes ces chansons figurent sur le CD "Hell Of A Woman" que complète un excellent ouvrage au titre identique rédigé par Nina Van Horn, permettant à tout un chacun de parfaire ses connaissances sur le blues au féminin.
La soirée se terminait avec un répertoire plus habituel pour le trio dont on retiendra une composition de Marten Ingle ("Everyday") et un titre de Paul Rodgers écrit en hommage à Muddy Waters, sans oublier une très bonne composition de ... Bruce Willis (!!!).

 

 
Nina Van Horn Mar Todano et Marten Ingle
 
Mar Todano

 

 
Nina Van Horn

*Plus d'infos sur la programmation Au " Mi " Lieu du Blues en consultant le site :
http://blackjackbluesasso.free.fr



retour