Les échos des concerts et festivals
 

67ème Edition Blues Station Tournon d'Agenais (47)
13 février 2010

 

Texte et photos © Sandrine Boulois

Dans le cadre de la 67ème édition Blues Station, en la Bastide Royale du 13ème siècle de Tournon d'Agenais, la belle salle des fêtes de l'Abescat accueillit pas moins de 300 spectateurs pour cette soirée spéciale Nouvelle Orléans, organisée par Christian Boncour.

The Chicken Roast, en avant première de cette manifestation, eurent tôt fait de chauffer la salle sur des rythmes entrainants du Chicago Blues, s'inspirant notamment de Lurrie Bell, Buddy Guy, Magic Slim, Magic Sam, Jimmy Reed, Otis Rush, BB King...
Le groupe, composé de Magic Vlad et T-Bo à la guitare et au chant, Richard Easy Chair à la basse et Bastien à la batterie, est formé au trois quart de très jeunes musiciens. Les deux guitaristes alternèrent solos et accompagnements, chacun interprétant une série de morceaux, dont Found Love, Big Fat Woman, Let's Talk About Love, I'll Be Your 44, constitués de slow Blues, Rhythm and Blues et un Blues Rock électrique teinté de Soul.
T-Bo, concentré, adopta un jeu de scène plutôt soft doté d'une jeune voix cependant bien ouverte, qui s'affirmera dans les mois futurs. Son jeu de guitare, tout en finesse, fut d'une belle virtuosité, un régal pour nos oreilles.
Le leader de la formation fut sans contestation Magic Vlad à la voix chaude, soul, rock, brisée évoquant celle de Howlin' Wolf : un showman dont les expressions scéniques bien maitrisées et son efficace jeu de guitare incisif, dynamique, insufflèrent l'énergie nécessaire à l'ensemble du groupe. Le public conquis participa durant tout le set en dansant et frappant des mains. Les musiciens eurent droit à un rappel, et c'est avec étonnement qu'ils revinrent jouer sur scène. Ce furent leurs débuts, en avant-première. The Chicken Roast préparent actuellement un album.

 

Après une courte pause, et une salle bien chauffée, Lynn Drury (guitare électro folk acoustique, chant) et Roberto Luti (guitare électrique) firent leur entrée. Hautes en couleur, leurs tenues et leur jeu de scène rappellent les hippies des années 70. La chanteuse nous présente, en exclusivité, son nouvel album, Lynn Drury, featuring Roberto Luti - Dal Vivo, composé de Country-slow, mais aussi de Rock, de Funk et d'un soupçon de sonorité bluesy, dans un style bien personnel. Le timbre de sa voix mezzo soprano a effectivement des similitudes avec Norah Jones, Janis Joplin et Bonnie Raitt, entre autres. Durant une grande partie de la représentation, la chanteuse, envahie par le trac et camouflée sous un rideau de cheveux, se tourne régulièrement vers son excellent guitariste qui lui apporte un soutien sans faille, formant ainsi un duo exclusif, sous les encouragements et la participation d'un public conciliant. La dernière partie de son concert fut de bien meilleure qualité. Ils terminèrent leur représentation sous un tonnerre d'applaudissements.

 

 
Andy J Forest à l'harmo
 
...mais aussi au washboard

 

Le festival se poursuivit avec le charismatique et talentueux showman Andy J Forest (harmonicas, washboard) qui nous proposa une invitation au voyage dans un style atypique. Accompagné de Heggy Vezzano (guitare), Pablo Léoni (batterie) et Luca Tonani (basse), l'artiste nous transporta dans un judicieux mélange de genres musicaux, réunissant parfois, dans un même morceau, Blues roots, Rock électrique, Jazz, Rock, Cajun... Cet ensemble fut surprenant et admirablement bien mené. Il allia jeu de scène et humour, s'efforçant de parler et chanter en français. Proche des gens, il établit un véritable échange avec les spectateurs enthousiasmés.
Au terme de sa représentation, il invita tous les artistes à le rejoindre sur scène pour un boeuf final. Ils se mélangèrent au public sur les rythmes endiablés du carnaval de la Nouvel Orleans, dirigé par le chef d'orchestre Andy J Forest.



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