|
Pour cette première édition de Festi'Jazz, Serge Bertrand,
Président du Festival et de l'Association des commerçants
organisatrice, pouvait se réjouir du parrainage de Jean-Paul
Bouteiller, programmateur de Jazz à Vienne et Président
du Jazz Club de Lyon.
C'est
donc tout naturellement que ce dernier fut convié à présenter
une courte mais fort intéressante histoire du Jazz, lors de la
soirée d'ouverture dans la grande salle de la mairie du 8ème
arrondissement de Lyon, devant un abondant public.
Le
groupe local Blues Tempo débutait ce temps fort du Festival
avec une formation récemment renouvelée côté
section rythmique. En effet, ce sont désormais le batteur Pham
Trong Hieu et le très prometteur jeune bassiste Pierre Gibbe
qui épaulent l'inséparable duo Sophie Malbec - Hassen
Gamaz (guitares et chant).
Et ça démarre très fort avec Hound Dog
- titre sur lequel la voix profondément bluesy de Sophie Malbec
colle à merveille. Sur un tempo plus lent, Hassen Gamaz enchaîne
avec Key to the Highway. Si sa voix apparaît moins
typée que celle de sa talentueuse partenaire, son jeu de guitare,
quant à lui, se fait subtil et souvent brillant.
Le répertoire, essentiellement constitué de reprises, s'adapte
tout à fait aux styles des deux leaders chantant à tour
de rôle. La complémentarité de ces deux guitaristes
n'est plus à démontrer, chacun cherchant à mettre
en valeur le talent de l'autre, en le poussant dans ses derniers retranchements.
Sophie Malbec met le feu au public avec une superbe version de Suzy
Q et chacun peut remarquer, dans cette ambiance festive, que la
valeur n'attend pas le nombre des années, en découvrant
le jeu de basse alerte de Pierre Gibbe.
Au final, un excellent set de Blues Tempo qui plaçait la barre
très haut pour la tête d'affiche annoncée de la soirée,
à savoir Ron Cartel.
Trop haut certainement car ce dernier, honnête chanteur malgré
tout, qui ne soutint cependant pas la comparaison avec la voix de Sophie
Malbec. Desservi par un répertoire manquant d'originalité
pour un artiste se voulant de premier plan, cet américain (installé
en Suisse) ne réussit pas conquérir le public. Il faut dire
que son groupe manquait quelque peu de cohésion et ne sut pas élever
le niveau pour permettre à Ron Cartel de se montrer plus
rayonnant. Seul le bassiste Francis Campello tira son épingle
du jeu, alors que les deux guitaristes sombraient dans la banalité.
Que ce soit avec des reprises de Rufus Thomas ou de Junior Parker, Ron
Cartel n'apparaît pas convaincant et ce n'est pas un insipide Good
Morning Little Schoolgirl qui relèvera le niveau de cette
prestation.
Got My Mojo Workin', suite à un rappel poli, ne changea
rien à cette impression de platitude musicale
la faute à
l'excellente prestation de Blues Tempo ?
certainement, mais cela
n'explique pas tout.
Souhaitons longue vie à ce nouveau Festival qui essaie néanmoins
de mettre le Blues à l'honneur, et qui ne ménage pas ses
efforts pour offrir un accueil de qualité.
 |
|
 |
|
 |
|
Ron Cartel
|
|
Francis Campello
|
|
Ron Cartel et son groupe
|
*Plus d'infos sur la programmation Au " Mi " Lieu du Blues
en consultant le site :
http://blackjackbluesasso.free.fr
|