9 CD









Universal

Comme je vous le disais, c'est bientôt Noël. Avec
la série Maison de Blues Barclay's Jazz Masters, Universal réédite
les 9 albums originaux parus au catalogue Barclay entre 1969 et 1976. Les pochettes
reprennent les dessins originaux de l'époque. Certains de ces enregistrements
ont été réalisés dans le studio mythique de la rue
Hoche.
On retrouve dans ces 9 albums, Clifton Chénier avec son accordion Cajun,
Memphis Slim avec Roosevelt Sykes dans un face à face étonnant,
Professor Longhair et son piano boogie, Mc Houston Baker, Clarence Gatemouth
Brown, Memphis Slim (c'était commode puisqu'il résidait à
Paris), mais cette fois en compagnie de Buddy Guy, Fury Lewis. A redécouvrir,
ses enregistrements ne sont pas légions, Roosevelt Sykes s'accompagnant
seul au piano, et à nouveau Memphis Slim, mais cette fois-ci avec Canned
Heat.
Memphis Slim & Canned Heat Memphis Heat : avec Canned Heat, Memphis Slim
nous offre son talent avec la générosité qu'on lui connaissait.
Il s'agit pour cette session d'un blues plus urbain avec quelques standards.
Clifton Chénier Frenchin' the Boogie : ce représentant authentique
de la Louisiane, avec son style Zydéco, mêle de façon humoristique
le cajun, l'anglais et le français. Il adapte à sa manière,
Louis Jordan avec le titre Caldonia et avec lui, Everyday I have the blues devient
Tous les jours mon cur est blues. Ah si il y avait plus de Clifton Chénier
dans les campagnes, on irait d'avantage dans les bals.
Buddy Guy & Memphis Slim featuring Junior Wells Southside Reunion : enregistré
en 1970, la véritable star de l'album est Memphis Slim. Buddy Guy, vedette
montante de la scène blues, n'a pas encore la fougue qu'on lui connaît.
Heureusement, son compère le regretté Junior Wells, vient parfois
bousculer le train-train qui s'installe.
Roosevelt Sykes The Honeydripper's mixture : le bavard et amuseur Roosevelt
Sykes nous raconte sa vision des pays qu'il traverse : les U.S, l'Angleterre
et aussi Paris. Il nous donne sa version de standards comme St James Infirmary
ou Sweet Georgia Brown. On peut même l'écouter et c'est assez rare,
à la guitare, en hommage à son père, sur 2 titres.
Mc Houston Baker Mississippi Delta Blues : c'est l'album le plus décalé
de la série. Mac Houston, plus connu en France sous le nom de Mickey
Baker, nous livre un florilège de son talent en orchestrant pour quelques
titres, avec sa guitare acoustique. Pédagogue, arrangeur de studio, Mickey
a écrit quelques méthodes de guitare qui ont aidé de nombreux
musiciens débutants. Une redécouverte.
Furry Lewis Fourth and Beale : un témoignage sans égal puisque
cet enregistrement a été réalisé dans la propre
chambre du bluesman, en plein cur de Memphis. Je n'y étais pas,
dixit le dossier de presse, mais on peut leur faire confiance. Indispensable
pour tous les amoureux de la guitare acoustique.
Clarence Gatemouth Brown Gate's on the heat : Clarence a bien dû se demander
où il était tombé le jour de cette séance, accompagné
par un orchestre à cordes, ce qui n'a pas dû lui déplaire,
renforcé par le groupe Canned Heat et sur un autre titre par le groupe
français Zoo. Les mystères de la production sont impénétrables.
Quoiqu'il en soit le violon ou la guitare de Clarence mettent tout le monde
d'accord.
Professor Longhair Rock 'n Roll Gumbo : Nouvelle Orléans nous voici !
Le Professor, accompagné de son vieil ami Clarence Gatemouth Brown, enregistré
en 1974 en Louisiane, livre là, une des recettes pour faire bouger les
pieds.
Memphis Slim Roosevelt Sykes Double barreled boogie : une rencontre entre deux
maîtres du piano boogie. Qui est le maître, qui est l'élève
? Memphis Slim, pendant sa jeunesse, profita de l'enseignement de Roosevelt
Sykes dans les clubs de Memphis. Double Barrel constitue un document, puisque
les deux compères revisitent leurs propres compositions, et se remémorent
entre les titres, leurs souvenirs et anecdotes.
Cette réédition d'une série originale est remasterisée
selon les techniques les plus avancées, avec des bonus et des titres
qui n'ont pas pu tenir à cause de la durée des vinyls de l'époque.
Des pochettes cartonnées agrémentent la présentation. Un
seul regret cependant, le livret qui accompagne chaque CD n'est pas en français.
Patrick Stevens