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Après un Road Ragas qui a tellement tourné
sur ma platine CD, que le laser y a creusé des sillons (j'exagère
à peine tant ce live vient régulièrement s'y nicher), c'est
au tour de West Eats Meet de prendre le relais
Dure vie des platines,
douce vie des membranes tympaniques
A l'instar du jeu de mot du titre,
on retrouve ce savoureux mélange musical de sonorités orientales
(indiennes) et de folk/blues/gospel. Les bases fondamentales du blues sont toujours
présentes avec des paroles à double sens Help me, de superbes
glissades de bottleneck apportant émotion, ambiance Forgive & Remember.
Mais le propos du guitariste semble ici d'avoir incorporé plus de folk
et de gospel à sa musique : Sittin' on top of the world, reprise déjà
présente sur Road Ragas, en est la parfaite illustration avec l'apport
bienvenu d'un choeur gospel. Les titres originaux sont aussi parfaitement ciselés
Shadow of the whip, par exemple et contribuent à procurer cette sensation
d'apaisement, de bien-être et de proximité, perçue à
l'écoute des disques de Harry. Eric Bibb ne s'y est d'ailleurs pas trompé
puisqu'il a invité Harry sur son cd Friends.
Pour se procurer le disque : votre disquaire préféré ou
www.harrymanx.com
Grégory Hulin
Cela fait de nombreux mois que je souhaite vous
parler du blues de Harry Manx (à vrai dire depuis le festival de Cognac
l'été dernier, qui avait programmé cet artiste), tant sa
conception du blues est personnelle et unique. Fabienne Lenglet vous a retracé
dans sa chronique de l'album Dog My Cat (BM n° 30) le parcours de ce guitariste
qui a su marier blues et influences indiennes. Cet enregistrement live le présente
solo sur scène avec banjo, Mohan Veena, guitare et harmonica; ou accompagné
par un cur pour une belle version gospel de Railroad worksong. La reprise
de The Thrill is Gone (BB King) est certainement la meilleure et la plus originale
qu'il m'ait été donné d'écouter à ce jour.
Les compositions personnelles de Mr Manx procurent toutes un sentiment de sérénité,
d'apaisement, de bien être, à l'image de l'aura et de la sympathie
qu'inspire le personnage (Bring that thing, Lay down my worries). Ce disque
trouvera donc une bonne place dans la discothèque de ceux qui considèrent
que le blues est une musique en constante évolution. J'invite néanmoins
ceux qui envisagent le blues comme cette musique qui apportait réconfort
et chaleur en puisant dans les souffrances ou le malheur d'un peuple, à
écouter attentivement cet album: en s'éloignant musicalement de
la source, le blues d'Harry Manx en conserve véritablement les vertus.
Pour se procurer le disque : www.harrymanx.com ou lors des concerts de l'artiste
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Il fallait oser ! Harry Manx l'a fait. Son Album
est une collision entre l'eastern et le western sound. Par eastern il faut entendre
la musique mystique du Delta , évoquant davantage le Gange que le Mississippi.
Avis aux amateurs ! La nette influence indienne de certains titres s'explique
par le fait qu'Harry a fait un bout de chemin avec Wisha Mohan Bhatt, un slide
guitar man indien qui a remporté un Grammy Award pour son enregistrement
de Meeting
By The River avec Ry Cooder. Ainsi que l'affirme Harry dans la pochette du disque
: aujourd'hui je suis revenu à mes racines, je suis essentiellement un
joueur de blues, mais l'Inde trouvera toujours une place dans ma musique. C'est
particulier, mais plutôt bien fait. Harry Manx a le mérite d'écrire
lui même ses morceaux et de les interpréter, tout en jouant de
la guitare et de l'harmonica. Un genre à explorer !
Fabienne Lenglet