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Son nouvel opus est encore plus gigantesque que les précédents ! Dès le premier morceau, le ton est donné. Petite explication succincte, pour que l'on sache de quoi il est question, et cela démarre très fort En plus du banjo et de l'orgue, des petites touches de guitare électrique, d'une délicatesse à vous percer le cur, viennent troubler l'ordre établi. Qui est le créateur de telles sonorités ? Gary Moore : invité exceptionnel de l'artiste. Comment un bluesman, longtemps hard rocker ou presque, peut-il débarquer ainsi, sur la planète d'Otis Taylor ? Et il n'est pas le seul hôte prestigieux, car il ne faut attendre que le troisième morceau, pour qu'à son tour, Charlie Musselwhite et son harmonica rejoignent les compères dans l'odyssée onirique. Et cela, à peine, intégré, voilà la voix de Cassie Taylor qui vient nous étreindre la gorge, pendant qu'une guitare et un orgue s'embarquent dans un dialogue à très forte intensité émotive. Cela va crescendo pendant tout le disque. On ne sait jamais d'avance, si ce sont les récits qui soutiennent le jeu des instruments ou bien, au contraire, si ce sont les mandolines ou autres violoncelles qui viennent renforcer le côté dramatique des chroniques. La contribution de G. Moore est fabuleuse dans Love and Hesitation, mais il ne faudrait pas pour autant oublier le jeu de Jack Hadley sur les autres plages. Un extraordinaire album, entre Blues Folk et Free Jazz, qui vient nous distiller ses fabulations nord-américaines ordinaires.
Dominique Boulay
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Et pour la 5ème fois consécutive le choc est
énorme ! Otis Taylor nous distille ses douze chroniques historico-sociales
nord américaines avec des musiques qui atteignent la simplicité
musicale la plus extrême. Et pourtant que de richesse dans cette nouvelle
uvre familiale !
Quand il n'est pas seul, l'artiste sait s'entourer du minimum, c'est à
dire de sa seule fille, Cassie, âgée de dix sept ans seulement,
à la basse et au chant. Et lorsqu'il rompt avec l'ascétisme précédemment
évoqué, il ne fait appel qu'à quelques violoncellistes
éclairés de plus qui viennent l'accompagner dans les rythmiques
particulières qu'il effectue aussi bien à la guitare, au banjo
ou à la mandoline
Rarement partition musicale n'a trouvé
des textes aussi percutants et vice versa ! Nous avions déjà salué
l'initiative qui consistait à expliquer en quelques phrases le thème
des chansons, mais le bien fondé s'en fait d'autant plus ressentir, que
les accompagnements musicaux sont percutants et semblent fait pour justement,
accompagner les textes en question. Le comble du plaisir étant d'écouter
tout en lisant les textes de la pochette à défaut de comprendre
toutes les paroles. Lorsque arrive le douzième récit, chanté
par Cassie, nous éprouvons même comme de la tristesse à
l'idée que le merveilleux voyage est déjà fini et qu'il
va falloir attendre quelques mois de plus pour connaître la suite du périple.
Dominique Boulay