
Les Chroniques CD
de Blues Magazine N°19
- Janvier 2001 -
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Ladies and gentlemen, le Tatoo du Mississippi revient prècher la bonne parole, après trois ans dabsence. Pour son huitième opus en vingt ans, Patrick Verbeke signe en grande forme, un album enregistré pour moitié à la Nouvelles Orléans, avec quelques grosses pointures du cru, dont Charles Neville. Accompagné du gang de ses vieux complices de toujours, Pascal " Sonny Boy " Mikaëlian et Claude Langlois, Patrick réalise lexploit de nous livrer un disque totalement different des precedents, tout en restant fidel à sa musique : le Blues. Nul doute que cest la marque des grands. Parmis les quatorze titres qui composent lalbum, nous retiendrons particulièrement " Maybellene ", la très belle reprise de Chuck Berry, que ne renierait surement pas son auteur. " Coco ", qui comme son nom lindique, parle de Coco Robicheaux. On entend presque les coassements des crapeaux buffles, tout droit sorti des bayous. " Karina ", le message damour de Patrick à sa belle compagne, composé sur un Zydeco endiablé. " Tampa ", le tres bel instrumental du disque. " Les Fiches Bananes (et les pinces crocodiles) ", un Blues Rock dexcellente facture. " Baby Blues 2000 ", un jolie slow dédié au petit Yanis Luther, et puis " Sweet Lou ", lhommage au regretté Luther Allison, qui ferait presque venir les larmes aux yeux de ceux qui lont connu. Sans oublier les autres titres, bien entendu. On laura compris, ce disque est a consomer sans modération. Long Chris disait un jour de Johnny : " Cet homme là ne chante pas le RocknRoll, il est le RocknRoll ". Patrick Verbeke ne chante pas le Blues, il est le Blues Patrick Guillemin
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Après bien des péripeties, le nouvel album du " Réverend, Lightnin, Bill " Deraime, vient enfin darriver tout frais sur les étals des disquaires. Les " puristes " du Blues en seront pour leurs frais, sur quinze titres, seuls deux peuvent porter cette étiquette, dont le magnifique " Teddy Be Cool ", qui parle dun rasta sur un air de Blues Du Bill tout pur, et une grande réussite. Le reste de lalbum est franchement Reggae, lautre passion musicale de Bill, dont il a comme le Blues, assimilé tant la lettre que lesprit. Il reste dailleurs pour moi, le seul musicien que je connaisse, a avoir réaliser une synthèse credible du Blues et du Reggae. Fidèle à lui même, tout autant quaux autres, Bill nous parle de sa quette intérieur, de lamour universel et de la fraternité entre les hommes, qui seuls pourront sauver le monde des lourds nuages dorages, qui samoncèlent au dessus de nos têtes. Certains trouveront probablement cela très naïf et mistic. Mistic, lhomme lest sans aucun doute mais, écoutez bien et méditez quelques instants sur ses textes. Lorchestration est excellante et, linséparable compagnon de Bill Deraime, Mauro Serri, tient toujours aussi finement le manche de sa six cordes depuis maintenant plus de vingt ans. Lenregistrement est également très bon et, pour peu que les paroles soient en anglais, on se croirait presque à Memphis Non pardon, à Kingston Jamaïque Une des très belles réussites de cette rentrée. Patrick Guillemin
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D'emblée le premier morceau, HYMNE AU BLUES, donne des sensations fortes, et campe le décor de l'ensemble de ce disque EXCELLENT. Le groupe, issu de la Lozère, s'est attaqué, pour son premier CD, à un exercice difficile, à savoir sortir un disque sans aucune reprise, un disque de pur blues français constitué uniquement de compositions. Le résultat est là et mérite d'être souligné. C'est bon, c'est très, très bon et ne peut conduire qu'à un coup de cur !!! . La qualité musicale tout d'abord : une formation légère - basse ( Eric Orsini) - batterie ( Didier Hanot) - harmonica ( Stéphane Espinasse) - guitare et chant (Jean François Thomas), formation à l'évidence bien rodée, où les solos de guitare, d'harmonica et la voix rocailleuse de J. F. Thomas (une voix qui n'est pas sans rappeler celle de notre Monsieur Blues national, P. Verbeke) trouvent toute leur place et se mettent mutuellement en valeur. Ensuite une richesse musicale peu courante puisque les compos, toutes aussi bonnes les unes que les autres, marient des styles contrastés qui vont du blues classique au boogie, en passant par des couleurs funky ou reggae. Ensuite et surtout, des textes solides au service des thèmes musicaux, dont l'intégralité est donnée par le livret. Pour les non anglophones, seules bien souvent les mélodies des blues retiennent l'attention, mais avec Jeff Toto Blues, signe de grande qualité artistique, après quelques écoutes, les textes comme les mélodies vous trottent dans la tête. Si le groupe Jeff Toto Blues commence à être connu localement dans le centre de la France, puisqu'il a assuré les premières parties d'artistes comme Tommy Castro, ou Patrick Verbeke, il gagnerait a avoir une place au plan national (Messieurs les organisateurs de festivals, à vos téléphones). Pour vous procurer ce disque que vous aurez sans doute du mal à trouver chez votre disquaire, il vous suffit de contacter "Joe Music", le distributeur, au 04.66.69.13.52 ou 06.71.26.66.52
Bernard Monnot
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John Doe est à l'origine d'un trio guitare / basse / batterie franco-américain résident dans le Poitou ! Agrémenté ici d'un clavier et d'une solide section de cuivres, "Walk On" sonné plutôt Funky Blues / Rock : un guitariste Jeffrey Magison qui privilégie la rythmique plutôt que les chorus démonstratifs, Robert Coopert bassiste au groove puissant avec parfois un jeu en "slappe" et Manu Basko, batterie dans un style Jazz / Fusion forment un groupe étonnant, voir curieux. Leur musique est particulièrement bien travaillée quant au chant, il n'est pas en reste. 13 titres de leur composition avec des textes d'actualités "Billy's Got a Big one", clin d'il à Bill Clinton et ses aventures et pris dans le désordre "Oh Louise", "I Shot Her Down" des titres "I Can't Come Down" et surtout "I Hop I Get Lucky Next Time" que ne renierait pas Pink Floyd. Superbe album de John Doe, autoproduit à faire pâlir un Major, qui signifie en anglais Corps non identifié, et bien je l'identifie de New Blues. Christian Le Morvan
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Jimmie Rodgers, légende de la country music, est ici remis au goût du jour par Frémeaux, cest à dire de fort belle manière comme dhabitude. Il sagit ici dun disque répertoriant les blues du monsieur, le quart de son oeuvre a peu près... Tirés denregistrement datants de1927 à 1933, soyez indulgent avec la qualité sonore du CD et laisser vous transporter par les " Blue Yodels " de ce natif du Mississippi, tantôt joués seuls avec sa guitare, tantôt accompagnés des plus grands musiciens de lépoque (Louis Armstrong, Clifford Gibson...). Si il faut un certains temps aux novices (dont je fais partis) pour sacclimater aux fameux Yodels, sacher tout de même que ceux-ci sont directement à lorigine du surnom dHowlin Wolf (qui en voulant copier Jimmie Rodgers sortait un son plus proche dun loup qui hurle, howlin wolf en anglais, que dun yodel...). La place occupé par Jimmie Rodgers dans la country music est considérable, mais ses relations avec le blues à lépoque, et pour un blanc, peuvent nous surprendre. Mais comme le dit si bien Gerard Hertzaft, " à lépoque, on ne posait guère la question de savoir si on faisait du Blues blanc "... Bon voyage dans les racines de la musique américaine ! Thomas Puyregner
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Ce nouvel album de Jimmy Thackery paraît encore plus travaillé que les 5 précédents. 10 des 11 titres sont des nouvelles compositions du chanteur / guitariste de Blues / Rock accompagné de sa formation habituelle. Son jeu de guitare incisif et claquant, sa voix très "claptonienne", "Sinner Street" se laisse écouter du début jusqu'à la fin avec un égal plaisir. Enregistré à Memphis, en particulier "Grab The Rafters", "detroit Iron" (de John Cook), "Hundred Intoones", "Never Enough", "Milliuon Dollar Bill" et "Blues For Dawn". Rock, blues, Soul avec les interventions de son saxophoniste Jimmy Carpenter et bien produit par Jim Gaines Christian Le Morvan
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Après " Turn The Heat Up ", voilà que la fille de Johnny Copeland nous dévoile dautres facettes de son talent qui varie du Blues au Rythm and Blues, en passant par la Soul. Au premier titre (Its 2 A.M.), ça commence comme du " Rolling Stones ", et cest ainsi sur " UP On 1-2-5 ", " The Fool Youre Looking For ", " Steamy Windows " et " Its My Own Tears ". Sur " Love Scene ", on croirait entendre Tina Turner, pour vous donner une idée. Sur dautres titres, elle pourrait rivaliser avec Koko Taylor ou Katie Webster. Une émotion intense à lécoute de " If He Moves His Lips ", où elle est accompagnée de la regrettée Ruth Brown. Très grande voix .A suivre ! De près !.. Jean-Marcel Laroy.
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Voilà un Grand Monsieur qui vous fait frissonner au pur Blues quil nous transmet de manière très rustique, comme on aime à lentendre. Ce CD, de plus dune heure, est sans tromperie ; il donne envie de continuer lécoute et la sincérité dexécution de Big Jack Johnson, dans le cadre dune bonne scène appropriée au Blues, ainsi que nous avons pu le voir lors de son passage au " New Morning " en juin dernier. Toutes les compositions de ce CD sont de Big Jack Johnson, sauf " Since I Met You Baby " qui est de Ivory John Hunter, et quil interprète admirablement bien. Sur " Gone Too Far ", on a un petit goût de " Baby Please Dont Go " arrangé. Belle prestation des Oilers et du fidèle Maury " Hoster " Sastaff à la basse. Apparition à lharmonica de Wild Child Butler sur " I Wanna Go Home ". Emotion intense au dernier titre du CD qui est un hommage à Frank Frost. A ne pas négliger ! ! ! Jean-Marcel Laroy.
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Le dernier disque entièrement acoustique de lune des plus grandes Légendes du Blues, enregistré cette année. Robert Lockwood Jr , aux prises avec les 12 cordes de sa guitare, nous donne une heure concert des plus grands classiques que le Delta du Mississippi, et Robert Johnson (" I Believe Ill Dust My Broom ", " Ramblin On My Mind ", " Love In Vain " ), en passant par le Texas et Sam " Lightnin " Hopkins (" C.C.Rider), et le Blues urbain de Leroy Carr (" Mean Mistreater Mama ", " In The Evening ") aient pu donner au Blues. Il faut y ajouter quelques classiques de ses compositions personnelles (" My Woman Came Walking Down ", " Were Gonna Ball Tonight ", " Run Your Mama ", " Train My Baby "), et un final de lun des plus beaux Blues " Key To The Highway " de Jazz Gillum. Le tout accompagné par une rythmique scandée du pied de Robert Lockwood Jr.. Attention, pour moi, ce CD est celui de Robert Lockwood quil ne faut pas rater ! ! Jean-Marcel Laroy.
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Contrairement aux compilateurs de l'album de Screamin' Jay Hawkins, Gérard Herzhaft sait ce qu'il fait (et, par dessus le marché, signe un amour de livret), ce qui nous donne une superbe compilation de blues californien période 2ème guerre mondiale et post-conflit. On peut trouver ce blues un peu trop sophistiqué et lui préférer des formes plus brutes de coffrage. Néanmoins, il serait idiot de passer à côté d'un panorama aussi intéressant dont ressortent des titres comme "Worryin' mind" (Smokey Hogg), "Baby don't you want to go" (Jimmy Mc Cracklin), "Playboy blues" (Big Joe Turner), "I'm gonna learn to you" (Amos Milburn), "Prairie dog hole" (Floyd Dixon) ou le "No name boogie" de Joe Lutcher. Bernard Boyat
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Le guitariste chicano a envoyé quelques cartons d'invitation à du beau linge, dont le chanteur de country rebelle James Intveld, pour un album de rockin' blues comme je les aime: bien carré et bien rythmé. Les vocalistes (dont le chanteur de Rockabilly Big Sandy) se succèdent, ce qui n'engendre pas la monotonie. Le choix des morceaux (reprises et originaux) a été bien fait et on se régale avec des "House party" (vocal Junior Watson), "Where were you?" (vocal Kim Wilson), "Love don't love nobody" (vocal James Intveld), "Realgone lover" (vocal Kim Wilson) ou "Silly dilly woman" (vocal Rusty Zinn) et "One mo'peap" (vocal James Harman). Bernard Boyat
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Après le prometteur Ready To Ride, Paris Burning enregistré live au Chesterfield Café, la petite Kim Lembo confirme , sur scène, tout le punch quelle possède en elle. Ce CD ne reprend que 2 titres du précédent :Love to ride et goin to the church. Après une introduction instrumentale des Blue Heat, avec les excellents Mark Nanni, piano orgue, et le guitariste Franck Grace, aussi discret quefficace , Kim apporte sa voix éraillée, un peu à la Tina Turner, sur des blues chaloupés : What passes for love, Before We Think, Rain down tears, Baby, what you want me to do, des titres vitaminés : Goin to church, Kiss of Fire, voire funky : Love slip upon ya, ou You dont love me, et un superbe blues lent de sa composition : Find the truth, avec les belles notes du clavier de Mark Nanni. Treize titres pour un bon disque avec la magie du LIVE. Christian Le Morvan.
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