
Les Chroniques CD
de Blues Magazine N°20
- Avril 2001 -
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Mo & The Reapers - " Hot' n' Spicy Blues " - Coup de coeur du chroniqueur
Voici encore un bon disque de Blues. Mo & The Reapers s'imprègnent de leurs voyages au plus profond du sud et du bayou en commençant par "Voodoo In My Head qu'il faut mieux écouter après avoir allumé les bougies pour repousser les mauvais esprits !!! Tour à tour on explore la Nouvelle Orléans, New York, du Chicago Blues, du Cajun, de la chanson paillarde. Ce disque est un prétexte au sens non péjorant, à la narration d'un voyage qui vous transporte directement 9000 kilomètres de l'autre coté de l'atlantique. Rien ne manque, Jean Michel Borello, accompagné de ses compères, examinent tous les sons, tous les instruments. A noter le violon très sympas de Jean François Migeon et un trombone efficace. Les connaisseurs auront remarqué la contrebasse distillée par Jeff Tronelle. Certains morceaux sentent fort le Swing, la Soul et le Jazz, c'est ce qui a justifié mon coup de coeur. Les Blues sont vraiment très bien placés. L'harmonica n'est pas en reste et fait de bonnes apparitions. La voix sans être exceptionnelle, est pleine de nuances. Le son général est très bien mixé, rien ne cloche. A mettre de toute évidence dans votre discothèque, il y tiendra une bonne place sans jamais prendre une ride.
Claude Jandin |
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Roland Tchakounte - " Bred Bouh Shuga Blues " - Coup de cur du chroniqueur Surprise en écoutant ce CD. La grande originalité de Roland Tchakounté c'est qu'il chante en "Bamiléké", dialecte Camerounais, pays de ses origines. Il possède un très beau timbre vocal, voix graissouillante à souhait et explore plusieurs styles de Blues, R&B, Soul, Jazzy, voir ballades Rock. Accompagné de musiciens d'un très bon niveau, excellent guitariste, pianiste et basse, batterie, harmonica du même tonneau, le CD est superbement enregistré, voir étonnant pour un autoproduit. Les textes et la musique sont de Roland et en plus le type est sympas. Quelques introductions et Riff paraissent bien un peu "pompés", "Adigo For America" et "Anekohfak" par exemple. L'ensemble est de toutes façons captivant. Alors laissez vous tenter par ce bluesman original, le disque étant autoproduit, il est malgré tout possible de se le procurer dans certaines FNAC, ou sinon contacter son management au 01.70.00.49.53 Christian Le Morvan |
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Blues Références - Night & Day Rien à jeter dans la réédition de ces douze sessions Night and Day enregistrées en France entre 1971 et 1986 à loccasion de tournées européennes, mises en valeur par de très belles pochettes et enrichies des notes de Jacques Perrin qui présentent utilement les artistes et le contexte des enregistrements. Une grande variété de styles sexprime ici, attestant de la diversité du blues. COUSIN JOE - "Bad Luck Blues" - 4 CDs Une sensible influence New Orleans, un jeu de piano au swing réjouissant et une voix chaude et généreuse qui semble souvent poussée à son maximum. Les deux guitaristes, Clarence Gatemouth et Jimmy Dawkins rivalisent dinventivité, comme stimulés par lénergie de leur leader. WILLIE MABON - "Shake That Thing" - 4 CDs Plus classique dans la forme que le précédent, mais tout aussi généreux dans lesprit avec des guitares (Louis Myers et Jimmy Rodgers) plus jazzy et un jeu de piano redoutablement efficace et qui ne garde que lessentiel. Dans son " Encyclopédie du blues ", Gérard Hertzaft recommande la recherche de ce disque, difficile à dénicher en vinyle, maintenant à la portée de tous grâce à cette réédition. JAMESSON THOMAS - "Hard Times" - Coup de cur du chroniqueur Plus roots, tu meurs! Lun des mystères du blues rural demeure quune musique aussi rudimentaire puisse véhiculer autant démotion. Sorti tardivement de sa condition misérable, James Son Thomas se fiche royalement de tout carcan formel, donne limpression que les morceaux se construisent librement pour nous au fur et à mesure de leur déroulement et que son chant et sa guitare racontent plus quils ne jouent. LUTHER JOHNSON - "On The Road Again" - Coup de cur du chroniqueur Pour lun de ses derniers enregistrements (il devait mourir peu de temps après), Luther Johnson na pas choisi la facilité. Seul à la guitare électrique et au chant, il livre une prestation parfaite, intimiste et envoûtante dont il reste une impression mêlée de concentration et de décontraction, de recueillement et de sérénité. ROBERT LOCKWOOD JUNIOR - "Ramblin On My Mind" - 4 CDs JOHNNY SHINES - "Takin The Blues Back South" - 4 CDs Si leur point commun est davoir appris au contact direct de Robert Johnson (on peut facilement imaginer plus mauvaise école), ces 2 sessions montrent à quel point une même source dinspiration peut donner deux styles différents. Doux et carré chez Lockwood à la 12 cordes acoustique, plus tortueux chez Johnny Shines (avec une version incantatoire et possédée de " Mean Black Gobbler "), dont le Bottleneck semble toujours suivre les chemins les moins balisés, au gré dune inspiration qui se joue des itinéraires établis. LONNIE BROOKS - "Sweet Home Chicago" - 3 CDs LUTHER GUITAR Jr JOHNSON - "Luthers Blues" - 3 CDs Deux disques dans la pure tradition du Chicago Blues, mais affirmant chacun une personnalité différente. Lonnie Brooks décline ses influences variées. Accompagné par le groupe de Muddy Waters, Luther Guitar Junior Johnson enchaîne sans forcer des morceaux au groove irréprochable. MIGHTY JOE YOUNG - "Bluesy Josephine" - 4 CDs Là encore, du Chicago blues des plus classiques, mais la remarquable cohésion des musiciens soutenus par un batteur en grande forme font de ce disque un grand moment. LAFAYETTE LEAKE - "Easy Blues" - 4 CDs JOHN LITTLEJOHN - "Sweet Little Angel" - 4 CDs Pourquoi regrouper deux prestations aussi différentes ? Tout simplement parce quelles ont été enregistrées à un jour dintervalle avec les mêmes musiciens, qui font preuve dune capacité dadaptation remarquable. La guitare de John Littlejohn et le piano fluide de Lafayette Leake sarticulent à merveille sur les deux disques. Concernant ce dernier, il sagit tout simplement dune rareté, ses enregistrements en tant que leader se comptant sur les doigts dune main. Sa voix agréable, presque légère en font un bluesman original et attachant. SUNNYLAND SLIM - "Travelin" - 3 CDs Vieux routier du piano blues, Sunnyland Slim est un peu à lopposé de Lafayette Leake, avec un jeu de piano heurté et une voix puissante, lensemble constituant un document intéressant, parfois un peu lassant, qui restitue lambiance des barrel houses. Benoît Chanal |
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Keb' Mo' - " The Door " - Coup de cur du chroniqueur
Sorte de réincarnation commercialement voulue de Robert Johnson, Kévin Moor vient de sortir son 5° album, The Door, magnifique Cd dont 11 des 12 compositions sont de Keb Mo, plus une version de "It Hurts Me Too" d'Elmore James qui a elle seule mérite l'achat de ce disque. Mais les autres titres ne sont pas en reste, Keb Mo parfois seul avec sa guitare, interprète ses Blues d'une façon magistrale avec cette voix à donner des frissons tellement elle peut être émouvante sur "Mommy Can I Comme Home", "Anyway", "Change", etc. et un titre un peu funky "Gimme What You Got", tout est bon sauf la lecture des textes de la jaquette, bons yeux ou loupe obligatoire. Sinon un superbe album de Blues / Ballades Christian Le Morvan |
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Josh White - " The Blues 1932 - 1945 " - Coup de cur du chroniqueur
Une initiation musicale précoce, une vie itinérante dès lage de 8 ans pour gagner sa vie, des débuts en studio à 13 ans, on peut parler de prodige à propos de Josh White. Si lon ajoute à cela un engagement politique qui ne faiblira jamais, même quand le Ku Klux Klan le menacera de mort, ladmiration du président Roosevelt qui le recevra à la Maison Blanche et un répertoire mêlant le folk au blues qui lui vaudra lamitié de Woody Guthrie et Pete Seeger et en fera la coqueluche de la gauche américaine, on comprend quon est en présence dun personnage dont la biographie est un véritable scénario. Les 36 titres proposés dans ce coffret décrivent avec bonheur la qualité et la richesse de la première partie de sa carrière et en font un document musical et historique exceptionnel. Son jeu de guitare précis et sophistiqué, sa voix claire et élégante éclatent sur des titres comme " Jesus gonna make up my dying bed " (qui sera repris, entre autres, par Dylan et Led Zeppelin) ou le formidable " Number 12 train ". Après la guerre, Josh White sorientera presque essentiellement vers le folk, ce qui lui vaudra lostracisme des gardiens du temple de la critique blues. Comme quoi un artiste libre est insupportable à tous les intégrismes. Benoît Chanal |
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Jimmy Johnson - " Pepper's Hangout " - Coup de Cur de chroniqueur
Jimmy Johnson un grand personnage de la scène blues de Chicago ; il nous présente ici une musique (disque enregistré en 1977) qui semble tout droit sortie dun de ces clubs embrumé de la Windy City. En effet lambiance y est lourde, pesante mais également plus endiablée avec le titre final " Riding In The Moonlight ". Ce mélange de blues racinien, de west side blues et de rythm and blues associés à la voix de Jimmy Johnson et son très bon jeu de guitare, sont un vrai délice. Les membres du groupe ne sont pas en reste non plus, car avec un effectif restreint, Bob Riedy au piano, David Matthews à la basse et Jon Hiller à la batterie, ils assurent parfaitement leur rôle et donnent une âme à ce disque. Que vous dire de plus si ce nest que de vous invité à écouter ce disque, qui nous offre malheureusement que trente quatre minutes et vingt seconde découte, mais je peu vous assurer que ce sont trente quatre minutes de bonheur. Stéphane Biset |
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Mel Brown - " Neck Bones & Caviar " - Coup de Coeur du chroniqueur
Comment avons-nous pu passer à coté de ce CD sans vous en parler ? Depuis le printemps quil est sorti ! Comment ? Attention ! Il est décrit, dans la pochette de présentation, comme lun des derniers joueurs de guitare Blues de sa génération, et virtuose de cet instrument (il aurait enseigné partiellement son art à Joe Louis Walker ). Melvin Brown est né le 7 octobre 1939 à Jackson, Mississippi, au sein dune famille damateurs de musique. Son père, John Henry " Bubba " Brown, qui jouait aussi bien du piano que du violon et de la basse, a accompagné Tommy Johnson (Maggie Campbell, Canned Heat, Big Fat Mama ) Très jeune, Mel jouait du piano et devint membre actif de lorchestre de sa paroisse. Sur les conseils de son père, il entreprit vers 8 ou 9 ans, létude de la guitare avec son cousin Andrew Brown. A 13 ans, il subit linfluence de B. B King, Tab Farlow et dHank Williams. Il a loccasion daccompagner Sonny Boy Williamson. Puis, à 16 ans, il part pour la côte Ouest où il devient musicien de studio derrière Johnny Otis, Nancy Wilson, Bobby "Blue " Bland, Bobby Darin, Brenda Lee, puis avec John Lee Hooker, B. B King, Lightnin Hopkins et Earl Hooker. Il travaillait aussi avec Sam Cooke, Lou Rawls, Lionel Hampton et Johnny Taylor voire Johnny Guitar Watson, T Bone Walker et le jeune Billy Preston, etc. Il sest fait connaître par quelques albums discrets entre 1967 et 1970, et est tombé dans loubli, resté comme sideman de vedettes. Il est ressorti de lombre récemment avec un CD en compagnie de Snooky Pryor, et avec ce présent CD qui menchante. Ecoutez ! Une bonne heure de Blues agréablement interprétés dont 4 sont des compositions de Mel Brown lui-même, et des reprises de Muddy Waters, Jimmy Liggins, St Louis Jimmy Oden, Allen Toussaint, Z. Z Hill, Ray Charles, John Lee Hooker Comment avons-nous pu passer à coté ? Jean-Marcel Laroy |
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Nashville Guitars - " A Showcase of Nashville Hottest Guitar Players " - 4 CDs Bien sûr, ce nest pas du blues, mais quand onze des meilleurs musiciens de studio de Nashville, des " pointures " comme on dit, qui ont accompagné les plus grands, jouent chacun un instrumental, le guitariste que je suis, ne reste pas insensible ! Ces virtuoses de la six cordes ne sont pourtant pas des guitar - héros, ils noccupent pas le devant de la scène, ils exercent leur talent dans les studios denregistrements, où les stars de la country mais aussi du rock ont fait appel à eux. Citons entre autre : Elvis Presley, Wilson Picket, Chet Atkins et Mark Knopfler, Johnny Cash, Elton John, Lionel Ritchie, Neil Diamond, Joe Cocker, Marvin Gaye, Whitney Houston et même Barbara Streisand ! Le livret comporte une fiche détaillée de chaque guitariste, portrait à lappuis, avec la liste des gens avec qui ils ont joué. Les photos les représentent tous avec leur instrument, et lon constate que la majorité utilisent une Fender Télécaster, ce qui confirme que cette guitare est bien la préférée des musiciens de country. La pochette, très graphique est une belle illustration à la manière des enseignes de magasins de guitares de cette cité mythique qui aurait pu sappeler Guitarville. Donc si vous aimez ce style, interprété par les meilleurs musiciens du genre, mettez votre stetson et vos bottes de cow-boys, ce disque est fait pour vous. Jean Pierre Morvan |
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Joe Beard featuring Duke Robillard & Friends - " Dealin " - 4 CDs
Un habitué de bons complices accompagnateurs. Sil nest pas connu dans lencyclopédie du Blues, Joe Beard, né le 4 février 1938, à Ashland, Mississippi, a quand même effectué, dans le milieu des années 50, un beau parcours, notamment comme bassiste, dans les entourages de Floyd et Matt " Guitar " Murphy, John Ellison, Nathan Beauregard, mais cest après avoir rencontré Buddy Guy, Junior Wells, Muddy Waters et Sonny Boy Williamson, en 1962, quil décide de quitter la basse pour devenir un guitariste de Blues. Il a joué avec Memphis Slim, Lafayette Leake, John Littlejohn, Odie Payne, Buster Benton et Bob Stroger, lors dune tournée européenne, en 1983. Il rencontre, en août 1995 Ronnie Earl, avec qui il réalise un très bon CD : "Bluesunion ", puis en novembre 97, il relève le défi avec Duke Robillard (en compagnie de Jerry Portnoy) pour enregistrer un excellent CD : "For Real ". " Dealin ", réalisé les 19 et 20 avril 2000 au Studios Bearsville de Woodstock est de la même veine. De bonnes compositions personnelles de Joe Beard :" That So-called Friend Of Mine ", " If I Get Lucky ", " Three Day Love Affair ", mais aussi de belles interprétations de Jimmy Reed, Al Smith, Willie Cobbs entre autres. Inutile de préciser les bonnes prestations de Duke Robillard, de Jerry Portnoy et du pianiste Bruce Katz, excellent à lorgue Hammond B3 sur " Life Without Parole ". Jean-Marcel Laroy |
Big Bill Morganfield - " Ramblin' Man " - Coup de Coeur du chroniqueur
Après un premier bon disque qui était malgré tout assez loin de refléter toute sa grande personnalité musicale, William "Big Bill" Morganfield nous revient avec une galette du meilleur cru. L'ombre de son père, Muddy Waters, qui semblait peser un peu sur ses épaules, sur son précédent opus, s'est totalement dissipée, ce qui permet à "Big Bill" de laisser libre cours à son grand talent. et croyez moi, il n'en manque pas. Sur ce disque, "Big Bill" confirme que son style est profondément ancré à Chicago et dans le Delta. 9 compositions sur 14 titres, sont signés de sa main et, se révèlent tout aussi excellentes que les reprises. A ses cotés, une kyrielle de "monstres" de musiciens de Blues : Taj Mahal (avec qui il interprète le magnifique "Strong Man holler"), Bob Margolin, Billy Branch, Paul Oscher, Pinetop Perkins et Willie Smith, pour ne citer qu'eux. Régalez vous avec la reprise de "Trace Of You", d'un certain James Lane alias Jimmy Rodgers... On reste en famille... Ne manquez surtout pas de vous en mettre plein les "cages à miel", avec ce disque qui est l'exemple type que de jeunes artistes Afro-Américains se remettent à jouer du Blues, avec talent, inspiration et sincérité. Patrick Guillemin Nine Below Zero - " Live At The Marquee " - 4 CDs Voici la version remastérisée de lenregistrement de 1980, dans cette salle mythique quétait le Marquee Londres, par Nine Below Zero, groupe fondé par le leader Dennis Greaves, guitare /chant. 14 titres dun Blues Rentre-Dedans à réveiller les morts, sans concessions : Homework, I Cant Help Myself, Can I get A Witness, I cant Quit You Baby, Hootchie Cootchie Coo, Wooly Bully. Rappelez-vous, le refrain Rouler Bourré de Sam The Sham plus 3 compos de Dennis Greaves, dont linstrumental Friol Swingjob, le tout à 100 à lheure, avec en second harmo Mark Feltham, lui aussi au dessus de la vitesse limitée. Alors comme le précise le dossier de presse, si vous nétiez pas au Marquee les 16 et 17 juillet 80, si vous navez pas la version vinyle , il serait de bon ton dinvestir dans ce CD. Christian Le Morvan |