Les Chroniques CD

de Blues Magazine N°25

- Juillet 2002 -


Greg Szlapczynski - " La Part Du Diable "

Souffle Du Blues/Night & Day - Coup de Cœur de Chroniqueur

La critique de ce disque se résume en un seul mot, FABULEUX. Certes on trouve peu de blues dans cet album, mais ce qui fait sa beauté, c’est son éclectisme, sa sobriété, le tout baigné dans une ambiance très jazzy. Greg Szlapczynski fait le tour du monde de différentes époques et de différents styles musicaux. Il commence par un Jazz électronique avec " 1962 ", puis un magnifique tango sur " La Boîte ", imite un accordéon plaintif typique de nos rues parisiennes au coin de la " Rue Des Lions ". Sonny Boy Williamson II est revisité dans " Vamper Boogie Jam ", seul à l’harmonica, deux belles ballades polonaise avec " Café Des Anges " et " Czas Wyleczy Z Ran " puis enfin une " Valse A 30 Ans " très Guinguettes. Le tout est réalisé dans une ambiance très cool et feutrée, qui sort du cadre traditionnel du Blues, mais qui est une pure merveille, vous n’avez qu’à vous en rendre compte par vous même. Je remercie Greg Szlapczynski pour ce grand moment de plaisir.

Stéphane Biset.


gashouse.jpg (19849 octets)

Gashouse Dave - " Way Too Cool " - Dixiefrog - 4 CDs

Troisième opus du poète maudit du Blues. Tout autant attiré par la poésie que par la musique, chose qu’il essaie de concilier au travers de son œuvre musicale plus qu’il ne chante. Comme souvent aujourd’hui, les "puristes" du Blues en seront pour leurs frais. La musique du père Dave se nourrit bien de la sève de Chicago ou du Mississippi, mais bien d’autres courants la traverse. Rock, bien sûr, mais aussi Rap, Jazz, Pop ou musique psychédélique, ce qui n’est pas sans rappeler parfois le Blues actuel de la "Grosse Pomme". Au final, un disque aux textes fouillés et aux arrangements travaillés, avec un style proche de la perfection où se cotoyent Blues, ballades et Rock.

Patrick Guillemin.


bluesvil.jpg (30124 octets)

Bluesville - "The two sides of the blues" - Autoproduit - 4 CDs

Quand je vous disais, dans notre dernier numéro, que ce groupe du Sud était à suivre, je le confirme, car nous voici, cette fois, en présence du CD que Bluesville avait enregistré en 1999, et qui comprend 45 minutes de reprises de blues connus, de Muddy Waters, T-Bone Walker, Lowell Fulson, James Oden, Louis Jordan…, admirablement bien interprétés. C’était un bon tremplin à " Out Of Town ". Alors, vous comprenez… et j’insiste… A suivre de très très près. Je vous redonne le contact : Gilles Arturo : 04 90 78 92 56. Au fait, très jolie pochette représentant des manches de guitares dréssées comme des buildings américains.

Jean-Marcel Laroy.


Jimmy Morello - " West Coast Redemption " - JSP records - 4 CDs

La West Coast fourmille de talents souvent méconnus ou tout du moins mal mis en avant (Hollywood Fats, Rod Piazza…), Jimmy Morello est un de ceux là. Ce CD est une sorte de best of de 10 albums, dont 2 qui lui sont personnels et (logiquement ) 8 où il se contentera parfois seulement d’apparaître comme sideman. Le dénominateur commun est que tous les 17 titres sont des compositions originales de Jimmy Morello. Oui, vous avez bien lu, il y a 17 excellents titres, donc 77 minutes de réel bonheur. Normalement, je n’aime pas les compilations. Elles tiennent plus souvent de la caricature que du portrait, devant la rareté des galettes de cet artiste, je souscris au caractère indispensable de cet album. Aussi à l’aise sur des shuffle comme " Too Much Crime In The City " que sur des Slow Blues, " Silver Spoon " par exemple qui raconte que Jimmy n’est pas né avec une cuiller en argent dans la bouche, la voix est très présente et percutante, comme chez un Kim Wilson. Les accompagnements tiennent superbement la route. La présentation semble vouloir l’annoncer comme le chapitre premier de la " Jimmy Morello Story " ce qui serait une excellente manière de papillonner sur une œuvre. La maquette de la pochette est réalisée sur une table de cuisine avec de méchants ciseaux et des clichés de Polaroid, mais confère à l’ensemble un caractère pirate plutôt sympa.

Patrice de Rendinger.


Rod Plazza And The Mighty Flyers - " Beyond The Source " - Tone Cool - 4 CDs

Si les deux titres successifs de meilleur groupe de l’année aux W.C. Handy awards n’étaient pas usurpés, ils n’ont apparemment pas donné la grosse tête à Rod Piazza et sa bande. Sans poser aux innovateurs, ils enchaînent avec générosité et sans esbroufe des titres efficaces et groovy qui donnent envie de les voir sur scène. Nul doute que la complicité qu’on ressent est pour beaucoup dans la cohésion du groupe. Ce n’est peut-être pas le disque que vous écouterez dix fois par jour, mais vous serez toujours rassuré de l’avoir à portée de main.

Benoit Chanal.


sullivan.jpg (21614 octets)

Big Ed Sullivan - "Run The Border" - Dixiefrog - INDISPENSABLE

"Run The Border" est le deuxième opus après Big le sobrement baptisé, de Big Ed Sullivan, ce membre fondateur des Rebel Rockers, groupe produit par Brian Setzer ( oui, celui des Stray Cats ). Comme pour le premier CD et comme pour ses compères du New York City Blues; Mason Casey et Arthur Neilson, la production est assurée par Popa Chubby. Onze compos persos. Deux reprises : " Tip On In " de Slim Harpo et Mercury Blues de KC Douglas. Teigneux, agressif mais moins pesant, plus aérien que Popa Chubby et n’y voyez aucun humour déplacé quant au poids de Mr Ted Horowitz. S’il fallait trouver un seul et unique adjectif pour définir la musique de Big Ed Sullivan, le choix se poserait sur le qualificatif sauvage car ce musicien est de ces anciens sauvageons chers à un candidat à la Présidentielle de par chez nous. Un ancien sauvageon tendance dure. De Brooklyn. Big Ed Sullivan en a vu de ses potes tomber victimes de la guerre des gangs ou de la dope. Ca se sent dans sa musique. Une musique très urbaine. " Urban Blues ". Un petit bémol cependant. Concernant les chœurs sur " I Like The Night " qu’on préfère laisser aux radios FM mais supportables car ils ne durent et ne reviennent que l’espace de quelques secondes. De plus, cette mauvaise impression est occultée par le morceau suivant " Good Morning Blues" de près de six minutes qui offrent de larges soli jouissifs avant de laisser la place à Aces And Eights. Autre compo de Big Ed sur laquelle Popa Chubby et Madame viennent prêter main forte au refrain. Autre faute dirait l’arbitre mais qui concerne la production et non l’artiste; les parties d’harmonica ne sont pas créditées. Big Ed étant joueur de cet instrument par ailleurs, il est permis de supposer qu’il s’en est chargé ici-même mais pourquoi la prod ( Ho Popa Chubby Wake up ! ) ne se soucie-t-elle pas de le mentionner ? D’autre part, la superbe et acoustique ballade " Run The Border " qui donne son titre à l’album, prouve que l’écurie de Popa Chubby peut s’illustrer sans honte dans la veine non-électrique. Un album à prescrire et à consommer sans modération .

Claude Dannic.


kay.jpg (19530 octets)

John Kay - " Heretics Privateers " - 4 CDs

Voici un des meilleurs albums que j’ai écouté depuis le début de l’année. Ce CD n’est pas a écouter légèrement, plus vous écoutez cette musique, plus elle grandira en vous. Le son, le style et la voix incroyable de ce type, le ton fort et puissant m’ont enchanté. Pour moi qui ne connaissais pas JOHN KAY ce disque est une révélation, à acheter d’urgence si vous aimez le blues acoustique.

Michel Enfert.


musselwh.jpg (16602 octets)

Charlie Musselwhite - " One Night In America " - Telarc - 4 CDs

Voici le nouvel album de Charlie Musselwhite, qui nous invite à passer une nuit en Amérique entre Blues, Country et ballades américaines. Dès le début du disque on ressent une atmosphère très détendue propre à Charlie Musselwhite. L’harmonica est reconnaissable entre mille ainsi que la voix de Charlie, qui chante en duo avec la Countrywoman Kelly Willis. Elle nous rappelle, dans le même style, une certaine Emmylou Harris, sur le titre " In A Town This Size ". Se joignent à eux les guitaristes Robben Ford, et une des stars de la Country music Marty Stuart, qui bien sûr n’est pas étranger à cette ambiance Country que l’on pourrait qualifiée de " Blues blanc ". Ici tout est réuni pour faire un très bon disque, une belle chanteuse, un harmonica simple, discret et efficace, de bons guitaristes et une section rythmique qui tient plus que la route. Un disque idéal pour se détendre en ce début de printemps face à un beau coucher de soleil. Ah, si on pouvait toujours avoir le Blues de cette façon !…

Stéphane Biset.


nelson.jpg (26731 octets)

Willie Nelson - " Milk Cow Blues " - Island - Coup de Coeur de Chroniqueur

C’est en rentrant d’une réunion de Blues Magazine, un vendredi soir de janvier que, l’auto-radio branché sur RTL, j’entendais un extrait de ce disque, à l’émission Saga de Georges Lang " WRTL Country". Il s’agissait d’un duo, dont je reconnaissais la voix de Willie Nelson, mais impossible de déterminer le second chanteur, et surtout j’étais interpellé par ce rythme Blues de "Texas Flood" qui me "scotchait"…à une émission sur la Country….Je venais de découvrir un duo formé avec Kenny Wayne Shepherd. A l’issue du morceau, Georges Lang en donnait les références, j’étais emballé et je ne tardais pas à faire l’acquisition de cet extraordinaire ( en ce qui me concerne) CD de Blues, où, en compagnie de Willie Nelson , on peut également entendre Francine Reed ("Milk Cow Blues"  de Kokomo Arnold), Keb’ Mo’ ("Outskirts Of Town" de Weldon), Jonny Lang ("Rainy Day Blues" de Willie Nelson, "Ain’t Nobody Business" de Porter Graiger et Everett Robbins), Susan Tedeschi ("Kansas City"de Leiber et Stoller), Dr John ("Fool’s Paradise" de Fuller, Goddins et Avid, "Black Night" de Jessie Mae Robinson) et B B King ("The Thrill Is Gone" et "Night Life"). Vraiment un bon disque ! La question se pose : Y a-t-il une frontière entre le Blues et la Country ? Il est permis d’en douter….En tout cas, dans ce disque, produit par Freddy Fletcher et Derek O’Brien, il y a MA musique !

Jean-Marcel Laroy.


Precious Bryant.jpg (32940 octets)

Precious Bryant - " Fool Me Good "

Terminus Record 0201-2 - distribué par Socadisc - 4 CDs

Née en 1942 dans le Comté de Talbot en Géorgie, Precious Bryant n'est pas connue en Europe, bien que ses premiers enregistrements datent de 1969, et qu'elle soit considérée comme un "musical tresor" de la Géorgie. Cette chanteuse guitariste puise son inspiration dans le blues rural, et les 15 titres qu'elle nous offre vont de la ballade plaintive comme "Ups and Down", "Don't Let The Devil Ride", au boogie balancé comme"Don't You Wanna Jump" en passant par des instrumentaux "finger picking". Par leur style dépouillé et leur sonorité, les titres font penser aux enregistrements historiques collectés par Alan Lomax, la qualité des enregistrement actuels en plus. Les amoureux de la regrettée Elizabeth Cotton, ou des blues très Roots seront séduits par ce disque acoustique qui complètera utilement leur collection.

Bernard Monnot.


cathy.jpg (17520 octets)

Cathy Jean - " Marshall Road Apocalypse "

Cathy Jean Productions - Coup de Cœur de Chroniqueur

Tout a commencé par les commentaires salaces des collègues de la rédaction de Blues Magazine. Nous étions le 8 mars 2002, journée de la Femme mais leurs propos n’étaient pas mesurés et je ne suis pas une femme. Il faut bien reconnaître que la pochette de ce CD baptisé " Marshall Road Apocalypse " de Cathy Jean offre une caricature de pacotille de la péripathéticienne siliconnée fleurant le toc et la pornographie de bazar. Les photos à l’intérieur du livret sont de même tonneau, prises bondage et vue sur les fesses offertes crûment de la dame en string. Les apparences sont encore une fois, trompeuses . Car stupéfaction, le disque révèle dès le premier morceau " Your One And Only " ; un blues, un duel plutôt, entre guitares endiablées et harmonica plaintif.

Plus loin, " The Kids From Glen Burnie " parle d’un fantôme qui revient toutes les nuits depuis des années, d’une maison hantée, d’un démon dans l’escalier et de sang qui remplace le jus d’orange sur du jazz traversé par une trompette qui pleure. Le blues revient, électrique, puis acoustique et électrique à nouveau. Ce qui prend aux tripes est la voix. La voix de Cathy Jean est un compromis entre celles d’une Kim Carnes devenue rockeuse et d’une Bonnie Tyler reconvertie au blues. Emouvante, râpeuse d’une femme qui a trop avalé les volutes des fumées âcres des arrières salles de bistrots crasseux . Une femme qui a roulé sa bosse, qui a vécu de ses expériences qui l’ont transformée ici en chanteuse, guitariste, auteur-compositrice ( tout est signé d’elle sauf le quinzième et dernier morceau qu’elle a écrit en collaboration avec son guitariste Keith Stafford et son bassiste Wade Matthews ), productrice, graphiste, designer, directrice artistique (elle assume donc la paternité et la responsabilité des photos) et même distributrice. La pochette de ce CD ne correspond en rien avec son contenu. Pourquoi une telle pochette d’ailleurs ? Par provoc’ délibérée mais alors gratuite ? En tout cas, pas vendeur pour un rond. Engluée dans le puritanisme ricain comme dans nos clichés franchouillards. Il serait dommage de s’arrèter à cela. Candye Kane n’a-t-elle pas débuté sa carrière artistique comme actrice porno ? Ne vous arrêtez pas à la photo, ouvrez le boîtier, vous ne serez pas déçu du voyage .

Cathy Jean Productions - P.O Box 7371 - Baltimore MD 21227 USA - Phone (410) 242.7742

Fax (410) 242.8729 - www.cathyjean.com - cathyjean@cathyjean.com

Claude Dannic.


duchain1.jpg (29365 octets)

Kent Duchaine - " Live 1997" - "Live in Norderstedt, Music Star 2000"

Cadillac Records - Coup de Coeur de Chroniqueur

Ce Monsieur est un excellent showman; je l’ai rencontré au festival de Beauvais, et je peux vous dire que seul avec sa guitare "Leadbessie" (une vieille dobro scotchée des années.. ??) il met de l’ambiance en reprenant tous les vieux standards du Delta Blues de Bukka White, Willie Dixon, Robert Johnson…Il a aussi quelques compositions personnelles où il rend hommage à ses grands maîtres tels que Guitar Slim et Johnny Shines…Il a déjà à son actif une demi-douzaine de CD qu’il vend lui-même lors de ses tournée, et, il est difficile de faire un choix, tellement tout ce qu’il a enregistré est fidèle à ce qu’on voit sur scène. Il semble être un habitué du continent européen, et j’ai selectionné, pour vous en parler, un live qu’il avait enregistré "at les loufiats" à Lyon en 1997, et un live en Allemagne en 2000, et pratiquement aucun titre ne fait doublon. Tout est excellent. Je vous le recommande vivement, il m’a laissé son contact: Kent DuChaine et Sheri Baker (booking agent)

Rt 2 Box 16-BR, Georgetown, G A 31754 U S A , web site : http://www.kentduchaine.com

Jean Marcel Laroy.


johnson.jpg (24525 octets)

Larry Johnson - "Two Gun Green "

Armadillo 00013 - Coup de Cœur de Chroniqueur

Larry Johnson qui n’occupe pas la place qu’il mériterait pourtant dans le panthéon du blues puisque sans être tout à fait un vétéran ( il est né en 1938 ), il serait temps que son talent soit enfin reconnu. Il a travaillé avec Reverend Gary Davis, Big Joe Williams, Willie Dixon, Charles Walker et John Hammond fut son accompagnateur. Il a débuté sa carrière musicale en 1957 en tant qu’harmoniciste avant de venir à la guitare puis de quitter la musique de 1973 à 1980. L’ album " Two Gun Green " a été enregistré en six heures le 30 Juillet 2001 mais il ne s’agit aucunement d’un bâclage. Tout y pensé, pesé, calibré. Larry comme à son habitude égrene des notes cristallines, fluides et harmonieuses. Du blues éléctrifié certes mais intimiste, dans la pure tradition. Les notes s’échappent douces, suaves. Qu’importe pour lui, le business, l’agressivité urbaine, il ne varie pas d’un iota depuis son premier LP en 1965. Toujours calme,tempéré comme un bon vieux copain qui vous raconte au coin du feu les histoires dont il vous a habitué et que vous lui réclameriez s’il lui en venait à s’oublier de vous les conter. Des compositions de son cru si ce n’est le  tube " Good Night Irene "de Lead Belly soi-même dont, au risque de paraître excessif, il n’a pas à souffrir de la comparaison.

Claude Dannic.


Son Seals - " Deluxe Edition " - Alligator Records - 4 CDs

Une guitare flamboyante, une batterie impeccable et basse dansante, pour un groove étonnant; c’est ce dont est faite la musique de Son Seals. Avec en plus une détermination musicale qui se fait sentir dans cette Deluxe Edition, qui est en fait une compilation des albums de Son Seals. Chaque morceau est interprété avec rage, mais une rage tout à fait contrôlée, car la guitare de Son Seals est musclée, souple et inventive à la fois. Les sections rythmique sont bien présentes, quelques soient les membres de celles-ci, suivent et soutiennent impeccablement le leader. Ecoutez le superbe titre " Your Love Is Like A Cancer " tiré du fabuleux album " The Son Seals Blues Band ", un blues lent mais où la basse y joue un rôle indispensable. Puis vous terminerez par le titre live " Hot Sauce ", et à l’écouter, que ce doit être chaud pendant les concerts. Alors à quand Son Seals en tournée en France ?

Stéphane Biset.


BLUES REFERENCE

Black & Blue/Night & Day

Excellent renouvellement de réédition de la 3ème série de sessions Night and Day sur l’initiative de Jacques Périn, Jean-Michel Proust et Jean-Marc Fritz.

Jimmy Johson - " Livin’ The Life " - 3 CDs

Petite déception concernant cet album de Jimmy Johnson, et autant vous le dire tout de suite, il vaudrait lui préférer dans la précédente collection de Blues Reference l’album " Heap See ". La raison en est que ce présent disque est d’une monotonie étonnante, la guitare de Jimmy Johnson n’est pas aussi tranchante qu’à l’accoutumé et la rythmique ne dégage aucune sensation forte. Mais Jimmy Johnson est excusé car nous savons tous qu’il a fait d’autres très bons albums.

Stéphane Biset.


Little Mack Simmons - " Blues Lights " - 3 CDs

Pour un leader, Little Mack Simmons est très discret sur son propre disque, ou bien est ce dû à ce groupe de rêve qui l’accompagne, Willie Mabon, Lonnie Brooks, Hubert Sumlin, Dave Myers et Fred Below. En fait Little Mack Simmons reste sobre et la musique y gagne en qualité et en émotion. Cependant le chant et l’ensemble général manquent un peu de vivacité et de conviction pour que ce disque soit irrésistible.

Stéphane Biset.


J.B. Hutto - " Slidin’ The Blues " - 4 CDs

Dans la tradition des grands maîtres de la slide guitare, voici J.B. Hutto que l’on pourrait situer entre Elmore James sur " Look On Yonder Wall ", d’Elmore James et Hound Dog Taylor sur les titres " Combination Boogie" et " Leave Your Love In Greater Hands " . Il possède l’inventivité du premier et la rage du second, mais J.B. Hutto sait aussi mettre son bottleneck au service d’un blues lent sur   " Lone Wolf " ou  " Angel Face " pour laisser passer l’émotion. De plus, J.B Hutto a transmis son savoir faire à Lil’ Ed Williams, qui n’est autre que son neveu.

Stéphane Biset.


Memphis Slim - " Boogie For My Friends " - 4 CDs

Pour ceux qui aiment le piano blues, n’hésitez pas une minute pour aller écouter ce disque, car vous y entendrez un Memphis Slim intimiste lorsqu’il se retrouve seul avec son piano et des plus enjoué lorsqu’il est accompagné des non moins excellents Bob Stroger à la basse et Odie Payne à la batterie. Les Blues lents y sont profonds, suivis de boogies qui vous feront danser jusqu’au bout de la nuit.

Stéphane Biset.


Mickey Baker - " The Blues And Me " - Blues Ref 456.2 - 3 CDs

Mickey Baker était promis à une grande carrière outre-Atlantique, mais il a tout plaqué là-bas pour s’installer en France pour les beaux yeux d’une dame et de devenir le directeur artistique de Chantal Goya et de Sylvie Vartan entre autres, avant d’entamer une nouvelle vie grâce à son ami Peter Chapman alias Memphis Slim qui co-signe avec lui plusieurs titres de cet album où les Aces l’accompagnent sur la majeure partie de l’album.

Claude Dannic.


Jimmy Rogers - " That’s All Right "

Blues Ref 452.2 - Coup de Cœur de Chroniqueur

Willie Mabon et les Aces accompagnent Jimmy Rogers dans ce qui fut son premier album. Dix-neuf morceaux composés par Jimmy alias James A. Lane. Guitariste attitré de la quasi-totalité des enregistrements de Muddy Waters sur Chess, dix ans chauffeur de taxi puis de revenir à la musique grâce à John Littlejohn et de réunir sur son dernier album, peu avant sa mort en décembre 97, Eric Clapton, Lowell Fulson, Jeff Healey, Mick Jagger, Taj Mahal, Jimmy Page, Robert Plant, Keith Richards, Stephen Stills, Kim Wilson, Carey Bell et Johnnie Johnson.

Une alternance d’interprétations primesautières, enjouées et intimistes. Du grand Art.

Claude Dannic.


The Aces - " Chicago Beat " - Blues Ref 445.2 - 3 CDs

The Aces composés outre du batteur Fred Below, des frères Myers; Louis à la voix, l’harmonica et la guitare ; Dave à la voix et à la basse. Dave Myers qui nous a quittés en septembre 2001, emporté par le diabète.

L’on retrouve avec grand plaisir sur ce disque des versions très personnelles, mais respectueuses tout de même, de standards tels que "Route 66", "Hoo-Doo-Man"," Talk A Little Walk With Me", "Got My Mojo Working" mélangés à des originaux composés par le trio.

Claude Dannic.


Lefty Dizz - " Shake For Me " - Blues Ref 453.2 - 3 CDs

Contrairement aux autres disques de cette excellente série, ce disque, qui fut le premier album de Lefty Dizz, n’a pas été enregistré en France mais à Chicago en 1979, avec Big Moose Walker au piano et à la voix sur les titre 11 et 12. Le savoureux gaucher Lefty qui pousse des cris jouissifs en accompagnement aux riffs hargneux de sa Strat déchaînée, offre un dépaysement fort agréable.

Claude Dannic.


Roy Gaines - " Superman " - 4 CDs

Entouré de Gene "Mighty Flea" Conners au trombone, Milt Buckner à l’orgue et Panama Francis aux drums, Roy Gaines nous fait vibrer les fibres jazzy de cette excellente session du 20 février 1975 à Paris.

Ecoutez particulièrement, les morceaux lents, les 2 versions de " Happy Birthday Blues", "Superman", le medley "Goin’To Chicago, Route 66", enfin…TOUT.

Jean Marcel Laroy.


Buster Benton - "Blues & Trouble" - 4 CDs

Belles prestations de Buster Benton sur plus de 71’ avec Lafayette Leake, John Littlejohn et Joe Beard lors d’une session parisienne le 22 novembre 83 sur 5 titres, mais également avec les membres du S O B en mai 85 sur 9 titres. Rien à jeter.

Jean Marcel Laroy.


Eddie "Guitar" Burns - " Lonesome Feelin " - 3 CDs

Séance enregistée aux Pays-Bas, le 25 novembre 1986, où Eddie Burns nous exécute, en compagnie de Billy Branch et Melvin Taylor une bonne partie de ses compositions, dont les clous sont "New Inflation Blues" et "Lonesome Feeling". Album plein d’émotions.

Jean Marcel Laroy.


Chicago Blues Festival ‘70

"Homesick James / Roosevelt Sykes / Eddie Taylor" - 4 CDs

Document de décembre 1970 où l’on peut entendre, dans leurs compositions personnelles, en compagnie des membres de Aces, un Homesick James excellent sur "I Bielieve My Baby’s Gone", parmi 8 titres, un Roosevelt Sykes extraordinaire sur "Mighty Men" parmi 6 titres, et un Eddie Taylor fabuleux sur "Rockin’ On 83 Highway" entre 5 autres titres. Plus de 72’ de bonheur.

Jean Marcel Laroy.



LE COIN DES NOSTALGIQUES

jordan.jpg (26129 octets)

Louis Jordan - " 1938-1950 " - Frémeaux & Associés / Night & Day

Coup de cœur du Chroniqueur

Voici un nouveau coffret qui va ravir les amateurs du swing irrésistible de ce grand créateur du Rhythm & Blues. Son style, une synthèse de Jazz et de Blues, ainsi que sa pêche en scène mêlant humour et danse, influencèrent moult bluesmen, B.B King, notamment, qui lui a dédié son album récent " Let The Good Times Roll ", l’un de ses nombreux succès. En complicité avec son orchestre, His Timpany Five, il enregistra à cette période une succession de hits comme le fameux " Caldonia Boogie " et " Choo-Choo Ch’Boogie ". Outre ses titres marquants, ces deux CD proposent une sélection de compositions et arrangements mettant en valeur d’autres facettes de l’œuvre de Louis Jordan : ainsi, délaissant son sax, il développa un brillant solo de clarinette sur " Pinetop’s Boogie Woogie "; il instilla aussi une pointe de calypso avec " Early in The Morning ". Parmi les autres joyaux figurant dans cette anthologie, gravés par le musicien et son band talentueux (Bill Doggett ou Wild Bill Davis au piano, Carl Hogan à la guitare électrique, une section de cuivres, Joe Morris à la batterie...), accordons une mention spéciale à ses duos : le délicieux " Baby, It’s Cold Outside " avec Ella Fitzgerald et " Life Is So Particuliar " où le timbre de sa voix offre un contraste mélodieux avec celui de Louis Armstrong. Marque de fabrique appréciée du label Frémeaux, le livret, confié à Alain Thomas, situe la carrière de Jordan dans son environnement musical. Un pur moment de bonheur...

Monique Pouget.


Mississippi John Hurt - " Rediscovered " - Wea - 4 CDs

Retrouver la voix douce de ce vieux songster du Delta et son jeu de fingerpicking accompli procure toujours un moment de plaisir subtil pour les amateurs de ce guitariste acoustique d’Avalon (Mississippi), simple et charmant, disparu en 1966, après une carrière musicale en 2 temps. Ce CD est une compilation de 4 albums produits entre 1965 et 1966 : on y retrouve quelques succès déjà enregistrés par le label Okeh en 1928 (" Stagolee", " Candy Man ", " Can’t Be Satisfied "), une reprise de " Goodnight Irene " de Leadbelly et J. Lomax, des compositions personnelles et ses arrangements de chants traditionnels antérieurs au blues. Un cocktail séduisant de 24 titres, certains enregistrés en public, pour découvrir cette figure attachante à l’humour discret qui a illuminé de son talent préservé et de sa voix douce les années du " revival ".

Monique Pouget.


nycblues.jpg (25938 octets)

New York City Blues - 1940-1950 (Artistes divers) - Frémeaux et Associés - 4 CDs

Remarquable compilation de l’ami Gérard centrée sur le développement du Blues new yorkais durant la décade qui précèda l’arrivée du rock’n ‘roll. Gérard souligne, fort à propos, dans le livret que ce Blues était d’essence rurale, et si l’on m’avait fait écouter ce double album les yeux fermés, j’aurais parlé de ragtime et Blues campagnards. J’adore le Blues lorsqu’il est bien syncopé, qu’il rocke bien et, là, je suis gâté avec des titres qui, pour la plupart, annoncent le rockabilly ou pourraient facilement être transformés en rockabilly ("I’m Going Away" de Leroy Dallas) en rock’n’roll ("Somebody Changed The Lock" de Tarheel Slim) voire en swamp pop ! ("Key To The Highway" de Brownie Mc Ghee). Une vraie réussite !

Bernard Boyat.


Muddy Waters - " Rolling Stone 1941-1950 "

Frémeaux et Associés - Coup de Cœur du Chroniqueur

T-Bone Walker - " Father Of The Modern Blues Guitar "

Frémeaux et Associés - Coup de Cœur du Chroniqueur

On sait que les débuts discographiques de Muddy Waters ont bénéficié d’un coup de pouce du hasard : les frères Lomax, ne trouvant pas Robert Johnson (et pour cause, il avait déjà été assassiné !) se rabattirent sur le jeune Muddy dont on leur disait le plus grand bien. Les deux morceaux qui ouvrent ce coffret, issus de cette séance d’enregistrement historique dans la plantation où il travaillait, en laissent présager la carrière qui s’annonce. Dans le jeu de slide incisif et précis, la voix parfaitement placée, on perçoit déjà la violence tranquille qui s’exprimera à Chicago, une fois intégrées les influences de Big Bill Broonzy ou Sonny Boy Williamson.

"Je ne voulais en aucun cas que mon fils soit un de ces miséreux sans instruction qui travaille la terre ". Cette phrase, prononcée par la mère de T-Bone Walker, en dit long sur les divergences de parcours entre Muddy Waters et lui. Divergences que l’on retrouve forcément dans la musique. Là où Muddy Waters assène une fureur lancinante , T-Bone est tout en raffinement, absorbant comme un buvard l’influence des musiciens de jazz qu’il accompagne pour la ressortir dans des solos qui semblent réinventer la guitare à chaque note. On comprend pourquoi il deviendra lui-même une influence majeure, sans doute la plus citée par les grands guitaristes de blues : les multiples pistes qu’il emprunte sont toutes bonnes à suivre.

Les compilations de de Muddy Waters et de T-Bone Walker ne manquent pas, mais celles-ci offrent l’occasion d’approfondir sa connaissance de deux maillons essentiels de l’histoire de la musique du siècle dernier.

Benoit Chanal.


Johnny Fuller - " West Coast - R&B And Blues Legend "

Volumes 1 et 2 - Official - 3278 et 3279 - Coup de Cœur du Chroniqueur

Moi qui vous parle, j'attendais cette réédition depuis plus de vingt ans ! Du temps que régnait encore le vinyle on trouvait, dans les bacs, des disques à dix-huit francs, ceux de la série " Anthology Of The Blues ". Cette collection Musidisc regroupait une petite quinzaine d'albums. L'un d'eux, " California Blues ", consacrait toute sa face B à un certain Johnny Fuller : cinq titres formidables qui vous enlèvent comme des tapis volants et vous bercent ensuite toute votre vie. Dans son encyclopédie, Herzhaft se fend d'une note sur Fuller : le bluesman naît dans le Mississippi en 1929, il émigre vers Oakland en 1945, il y trépasse en 1985. Chanteur et guitariste, Johnny Fuller incarne ce blues languissant qui particularise le lowdown californien. Il chante d'une voix grave, un poil corsée mais un peu fragile en même temps. Sur sa guitare Fuller pose, du bout des doigts, une toile d'araignée par-ci, par-là, toujours poignante. Tout est pathétique dans ses blues, la timidité du piano, l'accent des mélodies, ce voile discret où s'éteint parfois le chant. Le volume 1 de la réédition comporte nombre de ces chansons pénétrantes. Gérard Herzhaft signale les plus belles : " Buddy "… et l'inchantable " Back Home " (j'avoue !), enregistrées pour Bob Geddins. Ajoutons " It's Your Life ", " How Long " et le croonant " Johnny Ace's Last Letter ", un chagrin étrangement policé dans ce bouquet de fleurs mourantes. Plus tard, Johnny Fuller a gravé, pour Imperial et Aladdin, du R&B (Coasters/Platters) et même du rockabilly (" First Stage Of The Blues ", " All Night Long "). Cette période est surtout couverte par le volume 2, avec des chansons plus orchestrées, plus pop, moins originales. L'une d'elle est devenue un standard du psychobilly : " The Haunted House ". Dans les années 60, l'étoile de Fuller pâlit et l'homme trouve alors sa pitance dans un garage. " California Blues " ouvrait encore deux plages à un dénommé James Reed, autre bluesman de la Côte Ouest dont Fuller reprend "My Mama Told Me ". Vivement qu'on réédite son œuvre, à celui-là aussi. Debout, les morts !

Christian Casoni.


retour