Les Chroniques CD

de Blues Magazine N°26

- Automne 2002 -


Blisterstring.jpg (15967 octets)

Blisterstring - " The Highway Is Like A Woman "

Undersiege USCD 001- Coup de Cœur de Chroniqueur

bluesfarm@hotmail.com / www.bluesfarm.com

Franck Goldwasser alias Paris Slim, Parisien expatrié en Californie, est un être exquis, d'une sensibilité et d'une intelligence subtiles qui a beaucoup à exprimer et l'on est en droit de se montrer frustré du fait que sa dernière livraison est en majeure partie composée de reprises. Outre le susnommé, le groupe blisterstring, sans majuscule initiale, est formé de Kevin Hill à la basse et au tuba ( dualité des plus surprenantes s'il en est ), et de Chris Millar aux drums. Douze des treize morceaux de ce disque sont en effet des emprunts. Des reprises, oui mais des reprises pour reprendre et parodier un slogan publicitaire, qui naguère connut son temps de gloire, des plus grands : Louis Jordan, Charley Patton, Percy Mayfield pour deux titres dont celui éponyme, Lowell Fulson, C.E Smith entre autres.

La voix et la guitare de Franck Paris Slim y sont rageuses, tranchantes tout en conservant une agilité aérienne. L'expression d'écorchée vive pour un instrument est sans nul doute impropre. Néanmoins, c'est cette image qui colle au plus près de la véracité. Les trois musiciens sont les trois producteurs attitrés de l'album.

Franck, ancien étudiant aux Beaux-Arts de Paris, signe le graphisme et les travaux d'art de la pochette. Chris dépose à l'intérieur du boîtier un texte qu'il n'a pas voulu signer mais qui révèle les influences de papa Buk et Burroughs themselves. Un disque rare, dans tous les sens du terme, dédicacé à leur ami et frère d'armes, Jimmy Dawkins.

Claude Dannic.


Steve Verbeke - " Montreuil Boogaloo "

Magic Blues - Coup de Cœur de Chroniqueur

Il semble que comme pour les Griots africains ou certains Bluesmen, chez les Verbeke la tradition "Bluesistique" se transmette de père en fils… Le moins que l'on puisse dire, c'est que le "petit" Steve a fait "quelques" progrès depuis son dernier disque… qui était aussi son premier. Vous m'suivez ? Plus de tâtonnements, du Blues, du vrai !!! Steve fait maintenant partie de la famille de ceux qui perpétuent la tradition, sans prétention de tout révolutionner, mais avec la ferme intention d'y laisser sa trace. Superbe galette bleue que nous livre ici Steve Verbeke, dans la pure veine chicagoane, avec un soupçon de Louisiane par-ci par-là. On sent dans ce disque l'influence de son maître "esharmonica", j'ai nommé Mr Benoît Blue Boy himself, personnellement en personne. Jusqu'à cette façon traînante qu'a Benoît de prononcer les phrases, et que Steve reprend sans chercher à l'imiter, je précise. Bons arrangements, bon mixage, bons musiciens, ce disque est un vrai régal et vous invite à danser, comme c'est le cas sur "C'est trop tôt", "Pas danser", "Comment j'vais faire" ou le superbe instrumental qui donne son nom a l'album : "Montreuil Boogaloo". Et puis, lumières tamisées de mise, laissez vous aller dans les bras de votre belle sur "Bébé" ou "J'me demande". Seule petite fausse note du disque, à mon sens, la reprise du "Poinçonneur des Lilas". N'en déplaise, l'original n'est déjà pas ma tasse de thé… La reprise l'est encore moins… Au final, encore un disque de Blues français qui n'a rien à envier aux productions américaines, et dont je vous recommande le plus vivement de vous délecter.

Patrick Guillemin.


Bill Perry - " Crazy Kind of Life "

Dixiefrog - 4 CDs

Artiste de talent, guitariste surdoué, Bill Perry est aujourd'hui l'un des acteurs incontournables de la scène blues. Après un an d'absence, le garçon nous assène un nouveau CD qui ne devrait pas déplaire aux amateurs de la catégorie. Vous dire que cet album tranche beaucoup sur les précédents serait mentir, mais en tout cas, on évite sans aucun doute une impression de redite. Ce qui est déjà un bel exploit, quand on voit avec quelle rapidité Bill Perry passe d'un album à l'autre. Bien sûr, à l'arrivée, il manque à cet album l'étincelle magique allumée par ses deux premiers. Je vois déjà ceux d'entre vous qui se disent " Tu rabâches pépère, tu as déjà dit la même chose de son précédent album…". Pourtant, je vous assure que c'est la vérité. Passons… Surtout que très franchement je trouve cet album excellent. Pour l'occasion, Bill Perry a légèrement modifié la composition de son orchestre, puisqu'il s'est adjoint un harmoniciste, ce qui me semble une assez bonne idée. "500 Miles", le morceau qui ouvre le bal, est un Blues/Rock de la meilleure facture, et cet album n'en manque pas. Citons "Too Hot", "Trouble In The Shotgun", "Can't Buy My Love" ou "Girl's Gone Crazy". Et pour terminer ce CD, cerise sur le gâteau, une fabuleuse reprise du "No Expectations" des "Pierres qui rouillent" (dangereusement ces derniers temps…), où Bill Perry cède le chant et la guitare acoustique à Richie Havens, pour ne garder que la guitare électrique. A écouter avec délectation, même si au risque de me répéter, j'aimerais que Bill Perry, comme beaucoup d'autres, prenne un peu plus de temps pour faire ses albums. Cela éviterait sans aucun doute de se dire qu'il pourrait être encore meilleur…

Patrick Guillemin.


Without.jpg (22237 octets)

Without - " On Stage "

Magic Blues - Coup de Cœur de Chroniqueur

A propos des "Open Days", voici le CD que les vainqueurs de l’épreuve 2001 ont enregisté au "House of Live" au printemps. Mis à part "Living On The Highway" de Leon Russell, qui introduit ces 67 minutes de bon Blues, et "Too Tired" d’Albert Collins, tous les morceaux sont des compositions personnelles d’Eric Liagre, sauf "Won’ t Be Back No More", en collaboration avec Stéphane Bak, les 2 chanteurs aux voix rauques, qui ajoutent à l’originalité du groupe. Superbe enregistrement live où Without démontre encore le mérite d’une expérience affirmée. WITHOUT…à écouter… SANS modération. Contact: Franck Orts 06 18 26 88 38 - e-mail: gines.o@wanadoo.fr

Site Without: www.without.fr.st

Jean-Marcel Laroy.


Hoodoomen.jpg (31409 octets)

The Hoodoomen - " Keep On Dreaming "

Auto-produit / hoodoomen@messagerie.net - Coup de Cœur de Chroniqueur

L'on glane çà et là tant d'envolées dithyrambiques à propos des Hoodoomen que l'on craint d'en rajouter et ainsi de les noyer sous des assauts d'éloges qui se révèleraient pour ces jeunes Normands de par trop difficiles à assumer. Cependant, force est de constater qu'ils sont plus qu'excellents et que tout ce que l'on a pu entendre n'était en aucun cas usurpé. Le plus ardu devient alors de tempérer ses ardeurs si l'on se targue de les chroniquer, avec la plus sereine des objectivités, de ne surtout pas verser dans l'excès tant le feu d'artifice sonore offert tout au long de leur CD éclate tous azimuts. Que ce soit dans les reprises de Jimmy Reed, Fats Domino, T-Bone Walker, Walter Jacobs, Doug Jay, John Mooney et Guitar Gable ou que ce soit dans les originaux composés le plus souvent par le sublissime chanteur et harmoniciste Philippe Brière qui de plus signe la splendide illustration représentée sur la pochette et le maître-guitariste Pascal Fouquet, cet album est un nectar. La rythmique, quant à elle, n'est pas, non plus, en reste, assurée par les frères Marie, Bernard à la basse et Francis à la batterie. Il s 'agit d'une première oeuvre auto-produite mais chaque instrumentisme se montre déjà un professionnel accompli. Les invités: Fabien Saussaye au piano et à l'orgue, Alain Chapelain à l'accordéon et Philippe Sauret, notre confrère de Soul Bag, au washboard, ne se contentent, loin s'en faut, de rester de simples convives, ils renforcent l'homogénéité du groupe. Ce disque est indispensable dans toute discothèque qui sied.

Claude Dannic.


Nico Wayne Toussaint - "Transgender"

Dixiefrog - 4 Cds

Faut-il encore le redire, certains Français ont totalement assimilé le Blues, et le jouent de manière parfaite et crédible. Pas de doute possible, Nico Wayne Toussaint est de ceux là… Pas besoin de chercher loin pour savoir où Nico peut bien puiser ses racines. Il a sans aucun doute usé jusqu'à la corde les vinyles de Little Walter, Walter Horton, Junior Wells ou Sonny Boy Williamson II, avant de réussir avec brio à en tirer la substantifique moelle. Chicago est sa terre d'accueil musicale et Nico mérite sans aucun doute de figurer aux cotés de ses pairs. Composé en grande partie en Anglais avec quelques textes dans la langue de Molière, "Transgender" nous plonge au cœur du Blues de la "Windy City" sans jamais avoir de relents d'imitation. Nico possède désormais la totale maîtrise de son art, et décoiffe pas mal avec des morceaux comme "Give Me A Break", "Anytime You Want", "She Told Me To Get Off", "Don't Go No Farther" ou "When The Bobcat Play". Il lui arrive aussi de jeter un regard tout à la fois doux, dur et lucide sur le "métier" de Bluesman en France, avec "Love me" ou "Ce soir". A souligner, la superbe reprise de "Hoochie Coochie Man", qui bien qu'ayant été interprété des centaines de fois, me surprend agréablement par son originalité (Nico se prendrait-il donc pour un sorcier Vaudou ?). J'ajouterai pour la fin, que Nico a aussi la grande qualité de savoir s'effacer devant ses musiciens pour les mettre en valeur… Un vrai "gentleman"… Vous pouvez casser votre tirelire sans hésiter, vous ne le regretterez pas…

Patrick Guillemin.


Shirley Johnson.jpg (27559 octets)

Shirley Johnson - " Killer Diller "

Delmark distribution Socadic - 4 CDs

Shirley Johnson, née en juin 1949 à Norfolk (Virginie), a depuis l’âge de 6 ans été encouragée, par sa famille religieuse, pour chanter le Gospel, mais elle est rapidement intéressée par les premiers disques de B B King, Etta James, Bobby Blue Bland Ruth Brown, puis ensuite, ceux de Koko Taylor et Z Z Hill. Plus tard, elle a eu l’occasion de chanter de la soul en première partie des concerts d’Aretha Franklin ou d’autres tels que Jerry Butler. En 1983, elle a même enregistré, des 45 tours, de blues pour 2 petits labels régionaux, mais sans suite. Enfin, après avoir été une ambassadrice du Gospel et du Blues traditionnel de Chicago sur différentes scènes du monde, Shirley Johnson enregistre son premier CD sérieux, réalisé entre 1996 et 2001. Elle s’est entourée de quelques pointures de la guitare telles que Robert Ward sur "Your Turn To Cry" et "Little Wing" (d’Hendrix), John Primer sur "Somebody Have Mercy" (de Sam Cooke), "The Blues Is All I’ve Got" et "Missed The Best Chance" compositions de Shirley elle-même. On retrouve Maurice John Vaughn sur 3 titres, Rockin’ Johnny et Johnny B. Moore sur "Hard-Lovin’Mama", "For You My Love" et "Killer Diller" (de Willie Dixon) qui donne le titre de cette galette. Avec une excellente interprétation originale de "As The Years Passing By", "It Hurts Me Too"et un final "Saved" (de Leiber et Stoller), Shirley Johnson s’avère être une grande chanteuse qui remue, à la voix qui envoute et qu’il faudra suivre.

Jean-Marcel Laroy.


Magic Slim & The Teardrops - " Blue Magic "

Dixiefrog/Night & Day - 4 CDs

Magic Slim, l’un des derniers Chicagoan "Pur Jus", produit par Popa Chubby, le leader du New York City Blues sorti tout droit du Bronx , on aurait pu croire à une gageure ! Et pourtant, pari tenu, le disque tient parfaitement la route du début à la fin. Néanmoins, on aurait pu s’attendre à ce que les deux générations se "mélangent" un peu musicalement, ce qui est loin d’être le cas. Excepté sur "Chickenheads" où l’influence du bad boy du Bronx se fait quelque peu sentir sur le Blues raz de terre, mais O combien efficace, du gars Slim. A par cela, on peut vainement chercher la moindre trace de " New York City Blues " dans ce disque, on ne la trouvera pas, fut-ce avec une loupe… Magic Slim reste " brute de fonderie ", et au fond, n’est-ce pas ce que l’on aime dans sa musique ? L’influence de Popa est à mon sens ailleurs. Dans ce petit plus d’énergie et de conviction, qui font que cette galette se situe légèrement au-dessus des dernières, qui étaient déjà de très haut niveau, "How Many More Years", "I’m A Bluesman", "Evil Woman Blues", "You Got To Pay" et "Goin’ To Mississippi" sont les moments forts d’un disque qui ne comporte aucun déchet. A noter cependant, que les reprises de "How Many More Years" d’Howlin’ Wolf et "I Want To See You In The Evening" d’Hound Dog Taylor, ne sont pas crédités à leurs créateurs, laissant à penser que ce sont des originaux, ce qui n’est pas le cas. Pour ceux qui ne sont pas franchement emballés par sa musique, ne vous précipitez pas sur ce disque, il ne vous ravira pas plus que les autres. Pour ceux qui comme moi aiment ce style de Blues bien gras, bien basic "instinct" et terriblement jouissif, n’attendez plus, cassez la tirelire de votre grand-mère quand elle dort (c’est toujours mieux que la vôtre…) et achetez ce disque sans vous poser de questions, vous n’en aurez pas de regrets.

Patrick Guillemin.


Dawn Tyler.jpg (25217 octets)

Dawn Tyler Blues Project - " Ten Dollar Dress "

Preservation Records Inc. ( Québec ) - INDISPENSABLE

Dawn Tyler Watson, la vocaliste du groupe, a suivi des cours d'art dramatique avant de se lancer dans la musique et cela s'entend. L'interprétation trouve dans ce disque son expression plénière. Tout y est respiré comme dans le jeu d'un acteur. Les textes et les musiques sont signés de la main de la demoiselle, à l'exception de deux chansons, l'une dont elle est cosignataire avec D. Ryan, la seconde est "Purple Haze" dont je ne commets pas l'insulte de vous en citer l'auteur. Concernant ce dernier titre  Dawn et son groupe ont eu l'intelligence (sacrilège vont s'insurger certains ?) de l'adapter en une formule quelque peu jazzy, plutôt que nous resservir une énième resucée approximative du maître (afin de ne pas affronter la comparaison s'en vont surenchérir les mêmes ?). On entend déjà beaucoup à propos de ce disque. Toutes les critiques en sont élogieuses. Disque de blues certes, mais aussi de soul, de jazz, de rhythm and blues, de ballade et tant pis, lâchons le mot, il ne s'agit pas d'une insulte, de chanson. Mais non, pas de la variété mièvre ! Tout ici porte l'estampille de la qualité. D'autre part, en feuilletant le dossier de presse qui nous est parvenu en accompagnement de ce CD, l'on voit que son agent est un malin niveau bizness. Il y a même une photo de notre héroïne posant aux côtés d'une multimilliardaire québécoise (c'est pas légendé, mais je l'ai reconnue tout seul) qui chantait sur la B.O d'un film hollywoodien qui narrait les mésaventures d'un paquebot qui, "plouf !", a coulé. Mais pas d'amalgame. Le Dawn Tyler Blues Project mérite bien sa chronique dans ces colonnes. C'est pas de la variétoche. On ne va tout de même pas se plaindre si le blues prend le risque de devenir populaire au Québec (même anglophone ?) . En français Dawn se traduit Aurore. Peut-être l'Aube d'une nouvelle Diva ?

Claude Dannic.


BUDDY GUY - " Stone Crazy "

Isabel Records - 4 CDs

Paradoxalement, les disques de Buddy Guy sont généralement aussi bons que ses prestations scéniques sont médiocres. Ce n'est pas ce disque ni le concert qu'il a donné à l'occasion de "Jazz à la Défense" qui me démentiront.

Edité en France sur le petit label "Isabel Records", distribué par "Night & Day" et produit par Didier Tricard, "Stone Crazy" est en réalité un disque enregistré à Toulouse en octobre 1979 pour "Alligator", qui jusqu'à présent n'avait jamais été distribué chez nous. Entouré d'un gang d'excellents musiciens estampillés "Chicago", Phil Guy, son frère, à la guitare rythmique, JW Williams à la basse et Ray "Killer" Allison à la batterie, Buddy nous délivre un peu plus de 42 minutes de Blues torride et fou comme lui seul sait le faire. Pas de fioritures ni d'arrangements sophistiqués, mais une guitare présente à l'extrème et cette voix toujours au bord de la rupture. Du grand Buddy Guy dont on redemanderait volontiers une petite louche, tant on se sent tout à la fois comblé et frustré par le petit nombre de morceaux (6) qui figurent sur ce disque. Ne vous battez pas chez votre disquaire pour acquérir ce petit bijoux exhumé de terre, y'en aura pour tout le monde !!!

Patrick Guillemin.


Jesse Thomas - " Blues Is A Feeling "

Delmark 1-800-684-3480 - Coup de Cœur de Chroniqueur

La notion de " Légende " est aujourd'hui tellement galvaudée qu'on a pris l'habitude de tresser des pissenlits au moindre bluesman occasionnel, rescapé des années 60. Jesse " Baby Face " Thomas, lui, aurait pu les briguer, ces précieux lauriers. Hélas ! L’homme est passé quasiment inaperçu jusqu'en 1992, date à laquelle Delmark le remarque lors du Chicago Blues Festival. 3 ans après cette séance (objet de la présente galette), Baby Face quitte cette vallée de cendres, la tête toujours aussi nue. Il avait pourtant l'âge du bronze. Né en 1911 en Louisiane, Thomas se fait oublier à Shreveport et à Los Angeles. Il grave ses premiers 78-tours en 1929, en même temps que les pères fondateurs. Pianiste au départ, il se tourne vers la guitare parce que les femmes trouvent les gratteux plus sexys que les assis. (Son modèle Lonnie Johnson est là pour l'en persuader.) Il fréquente quelques pointures dont il aurait pu être l'égal, Blind Lemon, Texas Alexander ou T-Bone. À part une gravure pour Modern, il s'embourbe toute sa vie dans l'ornière des petits labels régionaux (Miltone, Red River, etc.). Durant la dernière séance, celle de 1992, Delmark le fait enregistrer avec John Primer (seconde guitare de rêve) et Jodie Christian (pianiste chicagoan de jazz). Les connaisseurs vous diront que Baby Face, c'est un fond de Delta endimanché d'une touche Nouvelle-Orléans. Ils vous diront encore qu'à 81 ans, sa voix s'est bien affaiblie. Elle bourdonne, résignée, imperceptiblement vibrante sur les fins de vers (" Married Woman Blues "). Pour soutenir cette voix, Thomas et Primer brodent un picking swinguant, harmonieusement dosé, sur des guitares claires et à peine amplifiées. Difficile d'isoler l'un et l'autre, d'autant que Primer joue dans un style mesuré dont il est peu coutumier. Alignements de plans rebattus, oui, mais n'oublions pas que Baby Face fut l'un de ceux qui les ont inventés. Le piano apporte sa trame discrète au canevas, très efficace en l'absence d'une basse et d'une batterie. Distinguons le trialogue instrumental " Jessie, John & Jodie Jam ", un exemple de l'osmose dans laquelle œuvre le trio (avec un break en slide, sauvage, onomatopéïque, digne de Muddy Waters – Primer sans doute). Certes, sans basse ni batterie, hanté par cette voix estompée, le disque ne s'écoute pas d'une traite sans un poil de lassitude, mais le doigté est si tendre qu'on accepte volontiers de faire un petit effort. Douceur, maîtrise, délicatesse. Et basta !

Christian Casoni.


Thackerry.jpg (23615 octets)

Jimmy Thackery and The Drivers - " We Got It "

Telarc CD- 83540 - Coup de Cœur de Chroniqueur

Après plusieurs décades de bons et loyaux services, Jimmy Thackery livre sa production 2002. Enregistré en octobre 2001, l’album n’accoste que maintenant. La longue attente en valait la peine. Au passage, il a quitté Blind Pig pour Telarc et le blues rock pour le blues et le rythm and blues surtout, avec pas moins de huit reprises sur les onze morceaux que compte l’album, du grand Eddie Hinton qui outre sa carrière personnelle, fut un guitariste et un auteur-compositeur prolifique pour Aretha Franklin et The Staple Sisters entre de nombreux autres. Ainsi que le souligne Johnny Sandlin au fil des notes intérieures, si vous n’avez pas envie de danser avant la fin de la reprise "Big Fat Woman", c’est que vous êtes probablement mort. Sans prendre de gros risques, l’on peut arguer que ce disque est l’un des plus beaux de l’année 2002. Très grande réussite.

Claude Dannic.


Alec Seward, Louis Hayes, Willie McTell, Champion Jaxk Dupree, etc.

" The Back Porch Boys "

Delmark 755 - Coup de Cœur de Chroniqueur

En marge des grands couloirs du blues, une bretelle de bord de mer remonte la Côte Est vers Big Apple. Delmark publie une sélection de titres enregistrés entre 1947 et 1950 à New York, cette ville si rétive au blues. Deux fameux Sudistes, Blind Willie McTell et Champion Jack Dupree, croisent quelques passants méconnus, Alec Seward, Louis Hayes et une ombre sans mémoire nommée Dennis McMillon. Ce disque est beau comme de l'antique. Il ne s'agit plus de ritournelle, fillette. Ici, c'est de l'Histoire ! Les chansons ont été extraites des catalogues Apollo et Regal, et compilées avec un souci d'équilibre qui explique la disparité des genres. Le virginien Seward (alias " Guitar Slim ") et son mystérieux compère de Caroline du Nord Louis Hayes (alias " Jelly Belly ") formaient les Back Porch Boys. Leur duo est présenté comme le clou de l'album à travers 8 titres et 3 prises alternatives. Tous deux guitaristes, le premier chante avec un organe timbré comme celui de Charlie Patton, la voix de l'autre évoque celle de Robert Johnson. Les morceaux servis sur cette galette inclinent davantage vers le Delta que vers le Piedmont, avec ce double contre-chant de guitares qui s'épousent finement sans que l'une ne régente l'autre. Exception nouvelle-orléanaise dans ce panel d'Appalachiens, Champion Jack Dupree s'illustre au sein des Mystic Six sous le pseudonyme de Duke Bayou. Il a droit à 4 belles plages dont la tonicité est soutenue par un washboard, un jug et, surprise ! une guitare nommée Brownie McGhee. Dupree grave l'un des deux meilleurs morceaux de l'album : " Rub A Little Boogie ". Dennis McMillon, lui, n'a pas marqué les annales mais on sait qu'il était originaire de Caroline du Nord. De sa voix douce, légèrement flûtée, il n'entonne qu'un titre (" Goin' Back Home ") dans un style qui trahit nettement ses racines sud-orientales, chanson unique dont Delmark a retenu deux versions. L'une d'elle donne au producteur d'alors, Mendelsohn, l'occasion de s'improviser percussionniste et d'accompagner McMillon… à la " suitcase " ! Enfin Willie McTell ferme l'album et s'octroie, du coup, le pouvoir du dernier mot. Le Georgien interprète, en slide, l'autre grand moment du disque : " River Jordan ", l'un des 4 splendides gospels livrés à vos appétits mécréants. Sa voix nasillarde démarre sur un trémolo outrancier, mais la ferveur du chant est telle qu'elle coupe immédiatement cours aux railleries. Et puis McTell diffuse une lumière étrangement moderne. Si vous doutiez de la justesse de Dylan à ses débuts, réécoutez Blind Willie McTell. Vous changerez d'opinion.

Christian Casoni.


Gonzales.jpg (19832 octets)

Tino Gonzales - " A World Of Blues "

Dixiefriog - 4 CDs

Un disque plus abouti que les précédents pour Tino, qui de plus s’accompagne de guest stars : Jimmy Thackery & David Maxwell sur "You Bad", un bon blues rock, Amar Sundy sur "Cruising In The Night", un très bon blues lent, Popa Chubby sur "Compared To What", du swing, du swing, du swing……Tous les titres sont composés par Tino, avec beaucoup de genres différents. Un très bon cajun "Cajun Queen" (facile vu le titre), un titre plutôt jazzy "I Was All Wrong For You". En bref, tout le disque est vraiment intéressant et doit se retrouver dans une bonne discothèque Blues. Tino arrive à maturité musicalement et c’est tant mieux pour tous les amateurs de blues.

André Perronnet.


Blind pig.jpg (27063 octets)

Blind Pig Records - " 25th Anniversary Collection "

BPCD 2002 - 4 CDs

Happy Birthday to you ! Le cochon aveugle qui fête ses vingt-cinq printemps et qui nous propose, en feu d'artifice, un boîtier de 2 CD, plus 1 CD-ROM, plus un superbe livret de 24 pages, pour le prix d'un CD ordinaire, brossant ces années de bons et loyaux services pour les honorables causes du blues et du blues-rock. Dresser ici le panorama, le kaléidoscope des artistes alignés le long de ce magnifique objet, prendrait trop de place. Toutes les sommités qui ont gravé un disque chez Blind Pig sont conviées à la Party. Cela va de Muddy Waters à ... Popa Chubby. Cet inventaire à la Prévert, ce puzzle aux allures de meccano dépareillé, ce conglomérat que d'aucuns jugeraient de par trop hétéroclite, permet, pour un coût très économique à l'amateur désireux de se constituer une collection, d’apprécier et de découvrir tel ou tel musicien avant de se ruiner. Pour ma part, si je peux me permettre de parler de ma petite personne, j'avais préféré le double CD qu'avait pondu leur confrère, et néanmoins concurrent, dans cet univers impitoyable et capitalistique, Antone's qui, pour ses 20 ans, en 1996, avait ressorti les bandes enregistrées en live de leurs poulains en leur club Austin's Home of the Blues. L'histoire du cochon aveugle ayant eu pour prémisse le Blind Pig Café en 1977, il aurait été peut-être plus judicieux d'agir de même, les enregistrements live disposant de manière usuelle de plus de convivialité et d'atmosphères festives que les compilations où se côtoient des coreligionnaires qui ne peuvent plaire à tous les goûts à la fois. Toutefois, l'on peut sans risque aucun, décerner une très bonne note les oreilles fermées, vu les signatures présentes, Dieu et chacun y retrouveront les leurs.

Claude Dannic.


Robben Ford - " Blue Moon "

Concord Records - Coup de Cœur de Chroniqueur

Album attendu depuis "Supernatural" (sa sortie a été retardée d'un an), "Blue Moon" est avec ses treize titres -dont neuf originaux- l'opus aux sonorités les plus blues des dernières productions solos de Robben Ford. Dès les premières notes, le guitariste emmène son auditeur surfer sur la crête bleue, que ce soit avec les déferlantes "pur blues" comme "Hard To Please" et "The Toodle" (avec Charlie Musselwhite en guest à l'harmonica) ou les embrunts des vagues plus jazz comme l'excellent "Make Me Your Only One" (avec la superbe participation vocale de Julie Christensen, un des grands morceaux de l'album) et "It Don't Make Sense" (à la guitare feutrée), ou encore la fusion de l'instrumental "Indianola". La rythmique toute en finesse et dynamique (le Blue Line est présent sur quatre titres, entre autres pointures) sert d'écrin aux interventions de Robben, qui n'a pas son pareil pour découvrir des enchaînements d'accords et de notes qui sortent du commun. Arrangements raffinés et guitares ciselées, swing et riffs ravageurs, répondent à une voix soul à souhait. Le jeu du guitariste me laisse toujours cette impression de spontanéité, si proche de l'improvisation. De nouvelles sonorités sont explorées sur "Good To Love" et "Up The Line" (usage du sax baryton). On a d'ailleurs l'occasion d'apprécier des cuivres goûtus (sax divers, trompettes) sur quatre titres, et particulièrement "Don't Deny Your Love" qui m'a séduit dès la première écoute. Alors, si vous voulez à la fois écouter un album de Musicien (où l'efficacité des titres - paroles et musiques- ne cède jamais le pas à la facilité) et vous faire plaisir....

Grégory Hulin.


Black Coffee Blues Band - " Black Coffee Blues Band "

Dixiefrog - 4 CDs

Quelques semaines à peine après la sortie de l'excellent "The Good the Bad and The Chubby", le très productif Popa Chubby revient à nous par le biais du Black Coffee Blues Band. Loin d'être un nouvel avatar du guitariste, le BCBB -groupe dont le personnel fluctue au fil des ans et au sein duquel Big Ed Sullivan et Arthur Neilson assurent l'intérim guitaristique lorsque le patron est en tournée- permet à Popa de se détendre et se ressourcer dans les racines de sa Chubby musique (blues, rock, country, rythm and blues, et soul) lors de soirées incandescentes passées dans un bar de Brooklyn en compagnie de sa femme Galea (à la basse), du très technique guitariste Arthur Neilson et de Dimitri Archip (drums), l'un des plus anciens membres du groupe. Dans cet album studio, pas de compositions originales mais plutôt des reprises, et quelles reprises: Junior Wells, Neil Young, Johnny Winter, Muddy Waters...! Attention, ici, il n'est pas question de refaire le coup de "Flashed Back", le plaisir semble vraiment avoir été la ligne directrice de ce disque et la guitare y a logiquement la part belle. L'émulation est à son apogée entre Popa et Arthur Neilson, qui enchaînent soli sur soli, joutes guitaristiques ou conversation musicale raffinée, et se vautrent sans complexe dans la jam session pour le plus grand bonheur de nos oreilles (ceux qui ont pu voir Popa lors de sa dernière tournée retrouveront donc cette faculté à façonner des morceaux extensifs). Les parties vocales ne sont toutefois pas en reste: si les voix de Popa et d'Arthur nous sont connues, Galea confime la très bonne impression laissée par sa participation à "Flashed Back" (la voix est superbe sur "Bumblebee", "CC Rider" et "Motorcyle Mama") et Dimitri est une belle découverte soul (magnifique prestation sur "I Can Tell" et "Slip Away"). Bien enregistré (chaque morceau se termine sans être chuinté, sauf "I Can Tell"), homogène, cet album a un son très étudié. Malgré la patte "Chubby" et un répertoire varié, on ne retrouve pas ici la fusion caractéristique d'un album perso de Popa. Quoi qu'il en soit, ce très bon album, qui ne peut être ni comparé ni comparable à " The Good, The Bad and The Chubby" (le propos n'est pas le même) vous donnera le même coup de fouet qu'un bon petit café noir les lendemains de nuits blanches.

Grégory Hulin.


Kevin Brown - " Mojavé Dust "

Dixiefrog / Night & Day - Coup de Cœur de Chroniqueur

Introduisez le disque dans votre platine. Fermez les yeux (pas vos oreilles)... Dehors, buissons et branchages morts roulent sur la plaine désertique et le vent chaud soulève la poussière...Dans la torpeur de votre salon, le guitariste anglais Kevin Brown s'est assis, guitare accoustique sur les genoux, bottleneck au doigt, et joue cette musique nonchalante, un blues à la ruralité extrême, aride, terriblement diabolique. En contrepoint, la voix (blanche et un peu dans le registre de celle de Paul Simon) apporte douceur aux morceaux. Ce climat intimiste et envoûtant s'installe dès le premier titre, magnifique "Mojavé Dust", et vous suivra tout le long de l'album, entre deep blues ("Travellin' Riverside", reprise de Robert Johnson, "Tornado Woman") et slide planante façon Ry Cooder ("When Saturday Comes"...), ballades ("Into the Stone"), laid back ("Something in the Breeze") ou plages plus swing ("No One But Myself To Blame"). La prise de son, directe et sans mixage, restitue parfaitement les différences de volume des notes de la guitare. Intelligence du jeu et harmonies subtiles, mélodies, ambiance: Kevin Brown possède son sujet. Le voyage se termine et le temps, suspendu pendant les 45 minutes de cet album, reprend son cours. Une belle leçon de savoir-faire et un grand disque.

Grégory Hulin.


Mighty Joe Young

Blind Pig - INDISPENSABLE

Ce CD est la compilation de deux album de Mighty Joe Young : " Chicken Heads " datant de 1974 et " Mighty Joe Young " de 1976. Dès le premier titre le ton est donné avec "Green Light" sur un rythme soul/funky irrésistible qui vous donne envie de danser, et ça continue avec "Take My Advice". "Something On Your Mind"  est un Blues lent dont la voix de Mighty Joe Young est chaleureuse à souhait, tout comme sa guitare qui déborde d’inventivité. Dans son ensemble général cette compilation comme l’œuvre de Mighty Joe Young est tourné vers le Blues mais qui est profondément chargé de soul, et c’est ce que résume le titre du premier album de ce grand artiste " Blues With A Touch Of Soul ". Alors un conseil vous pouvez vous ruer sur ce disque...,et sur tous les autres de Mighty Joe Young, personne ne vous retiendra.

Stéphane Biset.


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Tony Bennett - " Playin’ With My Friends: Bennett Sings The Blues "

Sony Music - Coup de Cœur de Chroniqueur

C’est en écoutant les excellents programmes de T S F que j’ai entendu, en avant-première, en novembre 2001, un extrait de ce CD : " Everyday I Have The Blues " interprété par Stevie Wonder avec…Tony Bennett. Dès que j’ai appris sa sortie dans le commerce, en février 2002, j’ai eu envie d’écouter les autres amis de Tony Bennett, tels Bonnie Raitt ("I Gotta Right To Sing The Blues"), Ray Charles ("Evenin’ "), Diana Krall ("Alright, Okay, You Win"), Natalie Cole ("Stormy Weather") et B B King ("Let The Good Times Roll") et…. Certes, ce disque, produit par Phil Ramone, rassemble plutôt des artistes à tendance Jazz, mais tout ce qu’on y entend, pendant 57 minutes, c’est du Blues… et c’est MA musique ! J’en ai fait un Coup de Cœur !

Jean-Marcel Laroy.



LE COIN DES NOSTALGIQUES

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Mississippi John Hurt - " Live "

Vanguard Records VCD 79702-2 - Coup de Cœur de Chroniqueur

Où l'on entend le songster d'Avalon ressusciter live dans une compilation de 24 titres. Le producteur Tom Vickers a établi sa sélection sur le matériel d'un concert que Mississippi Djoneurte avait donné en 1965, donc un an avant de mourir, à l'Oberlin College (Ohio). Vickers nous accorde en prime quelques chansons extraites des concerts de Newport (1963 et 1964), qui relancèrent la carrière discographique de l'aïeul… pour une petite paire d'années fort prolixes. Le temps est passé comme une plume depuis les sessions de 1928. L'homme avait 34 ans et sa voix était alors légèrement plus chaude. Finalement la seule, l'énorme différence tient à la mention " live "… VIVANT, là, dans le creux de la main, en confidence avec un parterre dont on devine la fascination. On pourrait craindre un poil de lassitude à l'écoute de ces 24 titres joués par un songster antédiluvien, seul avec sa guitare et un style conservé en l'état. Pas le moindre symptôme d'engourdissement ! Prologues de blues, ces 24 petits airs sont simples comme des comptines, doux comme des chansons d'anniversaire et se boivent comme un vin de lune. Et puis Djoneurte c'est Djoneurte, bon sang ! Du minerai de Tommy Johnson, la caillasse dans laquelle luit forcément une paillette de Jimmy Dawkins, déjà. Hier il était le matin du ghetto. Il sera plus tard un bon coup de gomme sur la ligne Mason-Dixon, et les deux lèvres de l'Atlantique cousues par une broderie de picking. Quatre ou cinq générations réconciliées d'un seul coup. Un arc-en-ciel d'épidermes. La candeur qui a raison de tous les cynismes. L'indicatif retrouvé de notre enfance. Une bête à bon Dieu qui scintille comme une goutte de rosée. Et beaucoup moins sacré qu'une relique, Djoneurte. Hallelujah!

Christian Casoni.


Casey Bill Weldon - " Guitar Swing "

Catfish Records/Socadisc - 4 CDs

Si vous aimez le style de blues dit "d'avant-guerre", ce CD est un must à inclure dans votre collection. D'abord parce que, sans le savoir (en tout cas, en ce qui me concerne), Casey Bill Weldon se trouve déjà là - caché comme accompagnateur sur les disques de Peetie Wheatstraw, Bumble Bee Slim ou sur tous les enregistrements du "Memphis Jug Band". Ensuite, Casey Bill Weldon était un des rares guitaristes noirs à jouer à la façon "hawaïenne", c'est-à-dire avec une "National Steel guitar" posée à plat sur ses genoux. Son jeu de guitare slide, inventif, original et si raffiné, mérite que l'on se souvienne de lui parmi les plus grands de son époque. Avec une connaissance de styles de jeux si éclectiques et une telle maîtrise des techniques, il pouvait "glisser" entre des phrasés aussi différents que ceux du blues, du jazz et même de la musique hawaïenne. Sur la plupart des morceaux, enregistrés par Bill Weldon entre 1935 et 1938, on pouvait entendre Black Bob au piano et le célèbre Big Bill Broonzy à la guitare rythmique. Rangez-le à-côté de The Best Of Blind Blake ( voir Blues Mag #21),Blind Willie McTell (voir Blues Mag #22) et Lonnie Johnson (voir Blues Mag #13).

Mox Gowland.


Professeur Longhair - " The Essential Professeur Longhair "

Fuel 2000 302-061-1742 - 4 CDs

Un des fils chéris de Big Easy, au même titre que Fats Domino, voilà un grand cru public (Jazz & Heritage Fest de 1976) du prof qui navigue entre ses succès : "Tipitana", "Mardi Gras In New Orléans", " Bald Head " etc… Des reprises R’n’B néo-orléanaises classiques : "How Long Has The Train Been Gone ?", "Tell Me Pretty Baby" et des interprétations surprenantes : un "Jambalaya" sur un air de Rumba, un "Stagger  Lee" (qui parle quand même de meurtre !) très guilleret et un "I’m Moving On" sauce R’n’B Nouvelle Orléans. Vraiment excellent.

Bernard Boyat.


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The Aces and Their Guests - " Bobby King, Joe Carter, Johnny Drummer "

Storyville - 4 CDs

Réédition d’une session live du 14 octobre 1975 aux Etats-Unis d’un groupe mythique créé par Fred Below et les frères Louis et Dave Myers : les Aces avec en invités Bobby King, Joe Carter et Johnny Drummer. Pas de surprises ! Que des titres connus, mais CD de grande importance par l’aspect Document. Plus d’une heure de bon Blues authentique, comme on aime l’entendre.

Jean-Marcel Laroy.


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Rock N’ Roll 1951 - " Roots Of Rock N’ Rroll 1951 Vol .7 "

Frémeaux et Associés - 4 CDs

Dans cette série dirigée par François Jouffa et Gérard Herzhaft, ce volume nous fait connaître l’évolution de rock n’ roll et son étroite origine venue du boogie woogie ("Texas Boogie" de Gene O’Quinn,"Bobby’s Boogie" de Morris Lane, "Shore Leave" de Arkie Shibley," Kissin’ Bug Boogie" de Tennessee Ernie Ford, "Ridin’ The Boogie" de Lou Sargent, "Houserockin’ Boogie" d’Howlin Wolf, "She’s A Hum Hum Digger" d’Hank Stanford, "Mishievous Boogie "de Big Mama Thornton, "Railroadin’ " de Speedy West et Jimmy Bryant, "Juke Box Boogie" de Jimmie Dolan, "Hangover Boogie de Bob Newman….) On y découvre Little Richard dans "Taxi Blues", son premier enregistrement, les débuts de Big Mama Thonton et de l’orchestre d’Ike Turner accompagnant son chanteur saxophoniste Jackie Brenston. On y entend également James "Widemouth" Brown, le frère de Clarence….Ce double CD est un document, et je pense qu’il est impératif de se procurer toute la collection des 50’s. C’est un régal de découvertes.

Jean-Marcel Laroy.


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