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Entretien préparée par Dominique
Boulay, traduction: Josée Wingert
Photos : Bruno Migliano

C'est en fin d'après
midi, après qu'il se soit occupé de la balance et
de l'installation de la sonorisation, que Joe Bonamassa nous a reçu
dans la loge du New Morning, peu de temps avant qu'il ne parte dîner.
Nous avons tout de suite remarqué que celui-ci semblait un
peu las. Il faut dire que les concerts programmés pour cette
nouvelle tournée représentaient un nombre impressionnant
de spectacles, et qu'il était donc légitime que l'artiste
garde l'essentiel de ses forces pour ses prestations vespérales.
BM > Bonjour, tout d'abord, et merci de
nous recevoir malgré un emploi du temps quotidien bien chargé.
La première question concerne l'origine de ton nom. As-tu
des origines européennes, parce que ton nom évoque
des consonances venues d'Europe ?
Joe Bonamassa > Eh bien non, ce nom trouve ses origines
en Afrique. Personne ne sait exactement où. Mais ce qui est
certain, c'est que cela provient de ce continent-là. Bizarrement,
le Cameroun ou bien la Tunisie.
BM > As-tu des musiciens
dans ta famille ?
JB > Oui, mon arrière grand père et mon
grand père travaillaient dans la musique.
BM > Tu es actuellement reconnu comme étant
l'un des meilleurs guitaristes de Blues. Quels sont tes guitaristes
préférés ?
JB > Eh bien merci pour le compliment, c'est très
gentil de ta part. Jeff Beck, Peter Green, Paul Kantner sont, sans
nul doute, ceux que je préfère.
BM > Que la vieille génération,
n'est-ce pas ?
JB > Oui, c'est tout à fait cela !
BM > Mais parmi la génération
actuelle, il y en a bien qui trouvent grâce à tes yeux
?
JB > Oui, bien sûr, évidemment. J'écoute
volontiers Robert Cray, Walter Trout.
BM
> Et à la maison, qu'écoutes-tu ? Bien que tu sois
de New York, tu vis bien à Los Angeles, comme tu aimes le
rappeler sur scène, n'est-ce pas ?
JB > J'écoute surtout du Bluegrass, de la Country
comme Doc Watson, du Jazz également.
BM > Et à ce propos, pourquoi vis-tu
donc à L.A, alors que tu es originaire de N.Y ? Est-ce pour
le boulot qu'accomplit le gouverneur ?
JB > Mais tu sais que Schwarzenegger fait du bon travail.
Personne ne se plaint de lui. Bref, j'aime beaucoup le soleil et
là-bas, il ne pleut pas souvent. Et comme en plus, il fait
chaud, nous n'allons pas nous plaindre !
BM > Tu as commencé la guitare lorsque
tu avais quatre ans. N'en as tu jamais eu assez de cet instrument
?
JB > Non jamais, cela ne m'est jamais arrivé d'en
avoir assez. Je ne m'en lasse jamais. J'ai bien essayé de
jouer d'autres instruments. Mais, je revenais toujours vers cet
instrument-là.
BM > Tu joues donc de la guitare tous les
jours ?
JB > Mais bien sûr. J'en joue pendant plusieurs
heures à chaque fois. Cela peut varier, mais tu sais que
c'est mon travail par ailleurs. Il faut donc s'améliorer
et évoluer en permanence. Il y a évidemment des moments
où j'en joue beaucoup moins que d'autres, mais cela reste
une
activité quotidienne.
BM > L'année dernière, lors
de ton passage précédent par Paris, j'ai lu dans la
presse que tu possédais environ deux cents guitares. Ce nombre
d'instruments a t'il évolué ? Il faut dire que tu
es suffisamment célèbre pour ne plus avoir besoin
de les acheter.
JB > Mon travail m'a pris tellement de temps que je n'ai
pas eu le temps de m'en procurer d'autres.
BM > Quelle est ta marque préférée
?
JB > Cela reste Gibson. L'instrument que j'utilise le
plus souvent est d'ailleurs une Gibson SG Gold Joe Bonamassa Signature.
BM > Joues-tu exclusivement de la six cordes
?
JB > Oui, presque essentiellement, mais je te rappelle
que j'utilise une douze cordes dans l'un des morceaux de mon dernier
album, Sloe Gin qui est plus acoustique que les précédents.
Je trouve intéressantes les sonorités de la douze
cordes, mais dans l'ensemble, je préfère l'usage de
la six cordes.
BM
> Tout comme tu préfères jouer électrique
plutôt qu'acoustique ?
JB > C'est effectivement ce que je préfère.
BM > Possèdes-tu ton propre studio
chez toi, comme le font certains artistes ?
JB > Non, ce n'est pas nécessaire. Je ne veux pas
me prendre la tête. Il existe des ingénieurs du son,
tout comme il existe des producteurs. Moi, je ne fais que de la
musique.
BM >En ce moment, ta tournée se
déroule en Europe. Joues-tu également sur d'autres
continents hormis les Etats Unis ?
JB > C'est exact qu'en ce moment, je suis en Europe. Je
suis déjà allé en Afrique du Sud, et je dois
prochainement me rendre au Brésil et au Japon.
BM > Te sens-tu prêt à aller
jouer en Chine ?
JB > Je ne suis pas certain d'avoir un public là-bas.
Ce n'est don pas une priorité de m'y rendre.
BM > Tu as déclaré, précédemment,
que pour toi les meilleurs disques étaient :
Bono de John Mayall & The Bluesbreakers
Irish Tour de Rory Gallagher
Goodbye Fellow des Cream.
Quels seraient ceux qui se verraient attribuer ce titre aujourd'hui
?
JB > En fait, rien ne m'inspire vraiment. Je pense qu'à
la rigueur, je choisirais des disques de BB King, car ils sont tous
bons. Et des disques de Jeff Beck, évidemment. L'album Who
Else, reste le must ! Je prendrais aussi quelques disques
de Buddy Guy.
BM > Au début de ce siècle,
tu avais une formation qui comprenait le fils de Robbie Krieger,
guitariste des Doors, Waylon Krieger, le fils de Miles Davis, Erin
Davis et le fils du bassiste de l'Allman Brother Band. Sais-tu ce
qu'ils sont devenus depuis que tu ne joues plus avec eux ?
JB > Je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis très
longtemps. Je n'en ai pas la moindre idée.
BM > Je te posais cette question, parce
que je viens de rencontrer Billy Branch et que dans sa formation,
Sons of Blues, les musiciens étaient enfants de bluesmen
célèbres. Ils ont presque tous cessé de faire
de la musique, entre autre, l'un des fils de Willie Dixon.
JB > Ah oui, lequel était-ce ? Parce que moi aussi,
j'ai travaillé avec l'un de ses enfants. Ils étaient
plusieurs à être musicien. Certains sont décédés.
Mais il y en a d'autres qui continuent
Notre petit entretien se terminera là-dessus,
car l'heure tournant, il fallait laisser un moment pour le repas
du musicien, avant le premier concert parisien de son trop bref
séjour parmi nous. Quelqu'un venait le chercher pour qu'il
se sustente un minimum
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