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Blues Magazine :
Bonjour Lucky, je me souviens lorsque je tai vu pour la première
fois : cétait à Manhattan, New York, en 1994
dans un club du nom de Tramps. Tu ten rappelles ? Tu avais
rencontré mon ami Patrick, laprès-midi chez
JR Music, un magasin de disques de la ville. Cest pour cela
que nous sommes venus te voir le soir même en concert.
Lucky Peterson : Ho, je me souviens.
Jaime beaucoup cet endroit. Cette boite est géniale.
J'y suis resté deux soirs.
Blues Magazine : Comment vas tu
ce soir ? Tu as l'air heureux d'être là ? Ai-je raison
?<
Lucky Peterson : Ho ouais ! Je viens
juste d'être papa. Elle a tout juste cinq jours !
Blues Magazine : Vraiment, félicitations
Lucky à toi et ta femme.
Lucky Peterson : Merci. Tu sais,
elle a juste cinq jours et c'est beaucoup d'occupations.
Blues
Magazine : Ouais, je sais, jai trois enfants.
Lucky Peterson : Et moi, jen
ai quatre : trois garçons et une fille maintenant. Ouais,
c'est génial !
Blues Magazine : Comment sappellent
ils ?
Lucky Peterson : Ils se prénomment
: Keth, Tamaron, Jamon et le bébé c'est Lucky !
Blues Magazine : Cest comme
toi ?
Lucky Peterson : Oui, comme moi
! (grand sourire)
Blues Magazine : Ho, c'est bien
! Nous voudrions te remercier d'avoir accepté de répondre
à nos questions. Alors commençons maintenant ! De
quelle manière as-tu découvert le Blues ?
Lucky Peterson : Je suis né
dedans. Mon père est un musicien de Blues.
Blues Magazine : Où es-tu
né?
Lucky Peterson : Je suis de Buffalo
dans létat de New-York.
Blues Magazine : A quel âge
as-tu commencé à jouer de la musique?
Lucky Peterson : Jai joué
du Blues
Blues Magazine : Toute ta vie ?
Lucky Peterson : Ouais, 32 ans,
oui toute ma vie j'ai joué du Blues.
Blues Magazine : Oui, tu es né
dedans.
Lucky Peterson : Ho, oui !!! (sourire)
Blues Magazine : Mais est-ce que
tes parents ton influencé ou aidé ?
Lucky Peterson : Oui.
Blues Magazine : Est-ce que ta
mère est aussi musicienne ?
Lucky Peterson : Non, c'est simplement
mon père qui est musicien.
Blues Magazine : De quel instrument
joue-t-il ?
Lucky Peterson : De la guitare.
Blues Magazine : Il joue du Blues
à la guitare ?
<Lucky Peterson : Oui, de la 'Blues
Guitar'.
Blues Magazine : Joue-t-il dans
un club ou autre part ?
Lucky Peterson : Mon père
a un club de Blues. Il a son propre club. Là-bas, il y
a amené ses amis comme Hopkins, Jimy Reed, Muddy Waters,
Buddy Guy, Fawson
.beaucoup de Bluesmen.
Blues Magazine : Ils jouent entre
copains ?
Lucky Peterson : Ho ouais ! Blues
Magazine : Pourquoi avoir choisi le Blues alors que ta génération
s'est plutôt tournée vers le Funk, le Hip-Hop, ou
le Rap ?
- Lucky Peterson : Comme
je te l'ai dit, je suis né dans le Blues. Alors tu sais,
je n'avais pas d'autre choix. Tu sais, toute ma vie le Blues a
été présent. Je connais le Hip-Hop car c'est
de ma génération, mais il n'y a aucune autre musique
que je connaisse mieux que le Blues.
Blues Magazine : Le Funk est
tout de même présent dans ta musique. Qu'est-ce
qui a fait que cela t'ai marqué à ce point ?
Lucky Peterson : J'aime le Funk.
J'aime Prince, Donna Summer, James Brown,. .Bussy
Blues Magazine : Alors tu fais
des mélanges des musiques que tu aimes ?
Lucky Peterson : Oui., exactement
!
Blues Magazine : Comptes-tu
un jour t'exprimer musicalement dans un ou plusieurs de ces styles
?
Lucky Peterson : Je vais continuer
à faire du Blues et y rajouter quelques arrangements à
ma façon. Je veux que le Blues reste vivant.
Blues Magazine : Comment composes-tu
? Tu commences par les mots ou la musique ?
Lucky Peterson : Je commence
par la musique.
Blues Magazine : Et après
la musique tu mets tout de suite les mots ?
Lucky Peterson : Tout juste, après
la musique les mots arrivent.
Blues Magazine : Mais quand fais-tu
cela ? Durant la journée, la nuit ou peut-être dans
tes rêves ?
Lucky Peterson : Je compose pendant
mes rêves mais aussi la journée ou la nuit. Tout
dépend de mon humeur.
Blues Magazine : Sur ton dernier
album, tu reprends un titre de Tony Joe White. Pourquoi as-tu
eu envie de l'enregistrer ?
Lucky Peterson : Ho, 'The Billy
Joe'. Mon père avait l'habitude de me chanter cette chanson
quand j'étais petit. Je me rappelle très bien de
cette chanson. Mon père me l'a chanté très
très très souvent.
Blues Magazine : Toujours dans
ton dernier album, tu rends hommage à Luther Allison (qui
était le parrain de Blues Mag).
Lucky Peterson : The Tribute
Allison' oui.
Blues Magazine : Qu'as-tu ressenti
après sa tragique mort ?
Lucky Peterson : Je me suis senti
très mal car nous avions perdu un autre Bluesman. Un grand
Magicien.
Blues Magazine : Qui était-il
pour toi ?
Lucky Peterson : C'était
un Mentor. Un des meilleurs.>
Blues Magazine : N ' as-tu jamais
songé à t'expatrier comme lui en France ou en Europe
?
Lucky Peterson : Non. Blues
Magazine : Tu te plaît où tu vis ?
Lucky Peterson : Ho oui ! (sourire)
Blues Magazine : Alors, dis-nous
où tu vis ?
Lucky Peterson : Je vis au
Texas à Dallas.Blues Magazine : Alors tu as peut-être
un ranch et un chapeau ?
Lucky Peterson : (sourire) Je n'ai
pas de ranch, j'ai une maison. Mais si je n'ai pas le ranch par
contre j'ai le chapeau (rire).Blues Magazine : Comment vois-tu
les rapports entre communautés, aujourd'hui aux Etats Unis
?
Lucky Peterson : J'ai de
bons rapports avec tout le monde. Tout est parfait. Je n'ai pas
de problèmes. Il n y a pas de problèmes.
Blues Magazine : Penses-tu que le gouvernement
fait des efforts là dessus ?
Lucky Peterson : Je l'espère.
Blues Magazine : De ton
point de vue la musique et, plus particulièrement le Blues,
peut-elle uvrer à un rapprochement entre les communautés
?
Lucky Peterson : Ouais, Musique,
le Blues ou toute autre musique aide les gens à s'unir,
se comprendre mieux. Tu sais la musique rend les gens heureux.
On a la plus vertigineuse musique au monde.
Blues Magazine : Que penses-tu
du climat de violence qui règne aux USA ?
Lucky Peterson : Il y a de la
violence partout dans le monde, pas seulement dans mon pays.
Blues Magazine : Oui, mais c'est
tout de même très facile d'acheter un arme en Amérique
?
Lucky Peterson : Ouais, ouais
c'est aussi très facile d'acheter un couteau. par ici.
Blues Magazine : C'est vrai la
violence arrive aussi dans notre pays.
Lucky Peterson : Alors tu sais,
la violence est partout. La mort est démoniaque. Il ne
suffit pas d'être aux Etats Unis pour être attaqué.
Je pourrai être n'importe où. On pourrait m'attaquer
dans le Sud de la France.
bBlues Magazine : T'es tu déjà
fait agressé dans le Sud de la France?
Lucky Peterson : Ho non, ça
ne m'ai jamais arrivé de toute ma vie.
Blues Magazine : Ha c'est bien
<Lucky Peterson : Oui c'est très
bien
Blues Magazine : Est-ce que tu
penses que les afro-américains ont laissé tomber
le Blues ?
Lucky Peterson : Je ne pense pas
qu'ils aient laissé tomber le Blues. Je pense que le Blues
leur a été pris. Tu sais nous n'avons jamais rien
laissé tomber et encore moins le Blues.
Blues Magazine : Mais il y a tout
de même plus de 'White man Blues' maintenant.
Lucky Peterson : Oui mais c'est
politique.
Blues Magazine : Politique ?
Lucky Peterson : Tu sais tout
ce que nous donnons on nous le prend. C'est ça la mort.
tu sais, on offre et se fait voler.
Blues Magazine : En Europe, nous
avons un peu l'impression qu'au début des années
80, Stevie Ray Vaughan a porté (en quelque sorte) le Blues
sur ses épaules, tant celui ci semblait voué à
disparaître. Vois-tu les choses comme cela, ou bien, existait-il
une scène et un public pour le Blues?
Lucky Peterson : Ouais, il a aidé
le Blues à avoir une deuxième vie. Mais que dire
de la mort de tous ceux qui ont mis le Blues en dehors des sentiers
perdus dont il a pût mettre à profit, s'inspirer.
Ca a été ça. C'était politique. Il
a aidé le Blues à avoir une seconde vie, oui, il
l'a fait. Mais le Blues ne s'est jamais ranimé de nulle
part.. Ils ont eu besoin du Blues parce que c'était quelque
chose qu'ils voulaient. C'était juste une question de couleur
de peau.
Blues Magazine : La scène
Blues en France bouge beaucoup à l'heure actuelle. La connais-tu
un peu ? Qu'en penses-tu ?
Lucky Peterson : Le Blues en France
? Je pense que c'est grandiose, vraiment toutes les personnes
que je connais aiment le Blues en France ou aux Etats Unis. Le
Blues est universel.
Blues Magazine : Peux tu nous
raconter ta première rencontre avec BB King ?
Lucky Peterson : Ouais, la première
fois que j'ai rencontré BB King j'étais aux States.
Je travaillais avec Barby Blue lorsque je l'ai rencontré
pour la première fois. Ouais à ce moment là
j'étais un gars assez triste. Et j'ai rencontré
BB King avec Barby Blue dans un club de Jazz dans le bas du Mississippi.
Blues Magazine : Quel genre d'homme
est-il ?
Lucky Peterson : Cest un
très grand homme. Un homme très sympathique. Un
charmant Gentleman. Il est très grand.
Blues Magazine : Sur quelle guitare
joues-tu le plus souvent ?
Lucky Peterson : Ma 3,35.
Blues Magazine : Qui a influencé
ton jeu ?
Lucky Peterson : BB King, Freddy King,
Milton, Buddy Guy.
Blues Magazine : Avec qui as-tu
aimé jouer du Blues ?
Lucky Peterson : J'ai adoré
jouer avec mon père, Junior Wells, Little Milton, avec
beaucoup de Bluesmen.
Blues Magazine : Avec qui aimerais-tu
jouer du Blues ?
Lucky Peterson : N'importe qui
voulant jouer du Blues.
Blues Magazine : Merci beaucoup
Lucky pour ces réponses. Passes du bon temps en France.
Propos recueillis par Béatrice
Chiocchia
Si j'étais>
Personne célèbre : moi
Oeuvre : je ne sais pas, j'aime bien
Michel - Ange
Instrument : une guitare
Animal : moi (sourire), car je suis
un animal maintenant
Ville : une magnifique chaleureuse ville
(rire)
Musicien : moi
Qualité : être bon et attentif
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