Coup d'Blues

chante

Rimbaud

16 Octobre 2004


Rimbaud, qui a dit que ça commençait comme ringard ? Et puis que vient faire Rimbaud dans un blues magazine ?
Quand ils m'ont annoncé la chose, on s'est dit, mes santiags et moi, que ça allait être intello et qu'on irait parce que c'est des potes mais qu'on allait s'emm…. Le blues c'est amerlocked, sacrilège que de le chanter dans la langue de Molière.
Seulement voilà, dans la langue de Rimbaud et avec la musique de nos deux compères de Coup d'Blues, ça prend de la dimension. C'est ça qui lui manquait à Dame musique blues pour sacrifier à l'exception culturelle gauloise, c'est des textes qui collent avec tout ce que nous savons de cette noble héritière des work songs.

Au départ d'un feu d'artifice, il n'y a qu'une petite étincelle. Ce fut une petite idée, comme ça, un peu en l'air, aussi sotte que grenue : mettre Rimbaud en musique et pas sur n'importe quelle zique à l'eau de rose, non, sur du blues. C'est le défi que Dom et Sib se sont lancé. Après deux ans de gestation, l'accouchement a eu lieu cette semaine.

 

Cour pavée derrière une vielle porte en plein Belleville, vieux hangar aménagé en salle de spectacle, le décors est planté. Dobro, harmo mais aussi guéridon bistro, l'absinthe attend les poètes, on est bien fin 19ème siècle. Voilà les premières notes. Rassuré, c'est bien du blues. Mais ça fait déjà un moment qu'ils chantent et les paroles coulent toutes seules, c'est du blues, du vrai et ça cause français. C'est pas possible, c'est du Rimbaud ça, on dirait la plainte de l'esclave en sous titrée. Ça se fond dans la musique.
Obligé au bout d'un moment de reconnaître que j'assiste à un moment cinq étoiles. C'est tout simplement beau, véridique, envoûtant…. Il va me falloir attendre mon deuxième souffle pour me rendre compte que c'est parfaitement orchestré, plein d'originalités musicales, qu'il y a déjà un boulot dingue avant cette première. Poètes et musiciens, musiciens et poètes, mes potes.
M… c'est déjà la fin.
Le Dormeur du Val, tu sais les deux trous rouges au coté droit, torture de ma courte scolarité, il n'y a pas que le dobro qui pleure. Les tripes qu'ils m'ont nouées les amis, coup de blues assuré.
Dit Coup d'Blues, tu nous la refais quand ? Moi j'en re-veux.
PML













Crédit photographique : François Berton


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