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Cette année encore, pour la cinquième édition du
tremplin, 8 finalistes ont été présélectionnés
parmi 72 groupes, et répartis en deux catégories : électro
acoustique (Bulldog Gravy, Kap Blues, Sophie Kay et Stilllife) et électrique
(Bourbon Street, Quart de Bleu, Spoonful et Without). Tous ces groupes
devaient répondre à l'exigence de ne jamais avoir été
distribué par un label commercial.

La finale a donc débuté vers 14 h 00, Jean Guillermo
prenant la parole pour présenter cette édition, puis place
à notre poète bleu, j'ai nommé Mike Lécuyer,
accompagné cette année par le nom moins poète Fred
Delforge. Chaque groupe a eu droit à des éloges très
fouillés et plein de perspicacité.

Le tirage au sort en avait décidé ainsi, c'est les cinq
nordistes de Dunkerque, Without qui allumaient le feu : comme àleur
habitude, une présence scénique sans faille, une attaque
blues rock imparable pendant vingt minutes. Que du bonheur. La barre était
déjà placée très haut.

Le deuxième groupe à se présenter, était Kap
Blues, trois compères venus de régions différentes.
Kap Blues c'est une voix, des textes en français. Du bon blues
comme on en demande plus souvent.

Le troisième participant, Bourbon Street, était attendu
de pied ferme. Les Limousins ont dispensé un blues électrique
assez décevant. Originalité et prestation scénique
n'étaient pas non plus au rendez-vous.

Place aux Angevins de Quart de Bleu, ils concourraient en catégorie
électro acoustique mais aussi pour le prix de la Sacem récompensant
les textes en français. Une excellente prestation.
Au tour du duo de l'Essonne Stillife, un guitariste unique et
un chanteur. Un rythme pas toujours carré, le public est resté
discret sur la prestation, certes difficile en duo, des deux compères.

Et voici la parisienne Sophie Kay. Pour cette occasion, elle s'était
entourée de Little Victor à la guitare qui avait décidé
de la seconder uniquement, et de Thibault Chopin à la contrebasse.
Des rythmes impeccables, des textes en français retraçant,
somme toute, la vie de tous les jours, vingt minutes très intéressantes
sous le charme féminin de Sophie.

Avant dernier dans l'ordre de passage, les Normands de Spoonful
ont enflammé la salle. Très électrique, très
fort aussi, ils ont tenu le public en haleine durant leur set. A la fin
une standing ovation ne trompait pas. La messe semblait dite.

Mais c'était sans compter sur le dernier dans l'ordre de passage,
et pour cause, ces six gars du Vaucluse, les Bulldog Gravy, devaient
mettre en place leur matériel, voyez plutôt : une double
pédale venant frapper sur une valise en carton, une douille d'obus
en guise de cloche, même une boîte de vitesse de Citroën
C15. A cela vous ajoutez un portique fait de chaînes, de tubes et
autres accessoires pour percussionniste en mal de sonorité atypique,
un son de guitare saturé, une contrebasse et la voix gouleyante
de Mike, américain d'origine en France depuis plus de trente ans.
Le public en redemandait sans fin.
Le jury a eu beaucoup de mal à départager les groupes tellement
le niveau était homogène et élevé. Grâce
aux différents partenariats, les prix suivants ont été
décernés :
- Prix spécial Festiblues Montréal au groupe Normand Spoonful.
- Prix spécial Cognac Passions Blues à Bulldog Gravy.
- Prix spécial Cahors Blues Festival à Spoonful.
- Le prix spécial Sacem (1000 €), récompensant les
compositions en français a été attribué à
Kap Blues.
- Le prix Blues sur Seine catégorie électrique à
Spoonful.
- Le prix Blues sur Seine catégorie électro acoustique à
Bulldog Gravy.
Après
la pause du dîner, la musique a déferlé dans le café
concert Luther Allison du Centre Georges Brassens. Interventions des jeunes
Québécois présents sur le festival ou de Muriel,
de par sa belle voix, puis Youri un jeune Breton de Paris qui dispensait
un blues très roots. Kap Blues a rendu un dernier hommage
à un ami disparu le matin même, en récitant un poème
de Bernard Dimey, avant de reprendre le buf jusque très tard.
Pour ce millésime, les Normands Spoonful ont raflé
trois des six prix, devant les sudistes Bulldog Gravy qui ont grâce
à leur originalité, décroché aussi une programmation
au Festiblues de Montréal. Bravo à tous les participants
pour cette excellente débauche de bons blues. Ce marathon du blues
a été orchestré par Mike Lécuyer accompagné
de Fred Delforge. Ces deux compères ont plus d'un mot dans leur
sac bleu et nous ont fait partager d'agréables moments.
A noter, la remise à Mike Lécuyer du Bottlenet 2004
pour le meilleur site web : La Chaîne du Blues.
Remercions encore toute l'équipe de bénévoles, managée
par l'incontestable maître Jean Guillermo. Bravo et surtout
continuez !!!
Claudine Delhal, Bernard Monnot et Claude Jandin
Crédit photographique : Claudine Delhal et Claude Jandin
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