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| PROCES du Pianiste
JOHNNIE JOHNSON contre CHUCK BERRY |
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30/06/01
En
décembre dernier, le pianiste Johnnie Johnson immortalisé
par le "Johnny Be Good" de Chuck Berry a entamé une
poursuite judiciaire pour réclamer des royalties sur les tout
premiers succès de Chuck Berry. Il affirme être co-auteur
de ses premiers succès dont "Roll Over Beethoven,"
"No Particular Place to Go" and "Rock and Roll Music."
L'action en justice de Johnnie Johson concerne des préjudices
non encore définis précisément et tous les bénéfices
réalisés par Chuck Berry et sa maison de disque IsaleeMusic.
Au total, Johnson se dit être le compositeur de 52 chansons
dont les textes seuls ont été écrits par Chuck
Berry. Par ailleurs, il acccuse Chuck Berry d'avoir profité
de son état de santé pendant son traitement contre l'alcoolisme,
et lui avoir fait croire qu'il n'avait aucun droit sur les chansons.
Chuck Berry, qui a maintenant 74 ans, a copyrighté l'ensemble
de ses chansons à son seul bénéfice.
La procédure engagée a été examinée
le 14 juin 2001, et les avocats ont plaidé un renvoi et évoqué
une clause limitant les royalties réclamées à
une période de trois ans. Le juge Donald J. Stohr a considéré
que la procédure pouvait être poursuivie et que Johnnie
Johnson pouvait joindre au dossier les éléments tendant
à montrer que la clause de limitation évoquée
n'était pas applicable. Par ailleurs, il a demandé aux
représentants de Chuck Berry de lui fournir toutes les relevés
d'enregistrement des royalties pendant les années concernées
par la plainte déposée.
Suite du feuilleton dans les prochains BLUES Mag
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| JOHN
LEE HOOKER s'est endormi à jamais le jour de la fête
de la musique |
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| 30/06/01
John
Lee Hooker est décédé pendant son sommeil le
21 juin dernier à l'âge de 83 ans. Le bluesman à
la capsule de bière sous le pied pour le rythme, et à
la voix caverneuse si caractéristique a influencé,
tout au long de sa carrière de plus de 60 ans, plusieurs
générations de musiciens célèbres: Van
Morrisson, les Rolling Stones, Eric Clapton, Bruce Springsteen,
Bonnie Raitt, ZZ Top, Carlos Santana et bien d'autres. Bien que
n'étant pas un grand virtuose de la guitare électrique,
il reste inimitable, car son style primitif et hypnotique issu de
ses racines du delta du Mississippi, se situait ailleurs.
Il était né le 22 août 1917 ( 1920 ? ou 1923?
selon différentes sources) à Clarsdale dans le Mississippi,
dans une famille de 11 enfants. Son père, pasteur baptiste
et métayer dans une plantation de coton, lui apprit le gospel
à l'église, mais il n'encouragea pas son penchant
musical. Après le départ de son père de la
cellule familiale en 1928, c'est son beau-père, William Moore,
qui lui enseigna le blues et ce que John Leee Hooker appelait le
rythme du "country boogie". Des bluesmen comme Blind Blake,
Blind Lemon Jefferson, Charley Patton faisaient partie des visiteurs
réguliers du foyer. Il apprit la musique à leur contact
comme à celui d'autres musiciens du Mississippi, ainsi que
par les disques . Il a commencé à jouer de la musique
sur des cordes faites avec des bandes de chambre à air tendues
et clouées sur la porte de grange, avant de passer à
la guitare vers 1930. Sa première lui fut donnée par
Tony Hollins, sa seconde par son beau-père. A l'adolescence,
il prit la route pour devenir musicien. Il commença par Memphis,
où il travailla comme ouvreur au W.C. Handy Movie Theater,
un cinéma pour les noirs. Il
y rencontra et joua avec Robert Lockwood. Il continua à s'imprégner
du blues en jouant avec des musiciens comme Robert Nighthawk, avant
de reprendre sa route vers le nord. A la fin des années 30,
à Cincinnati, il participe à plusieurs groupes de
Gospel, et il s'installe à Detroit en 1943. Il y travaille
le jour comme ouvrier dans les usines automobiles et les aciéries,
et joue dans les clubs le soir. Il impressionne le producteur Bernie
Besman: il fait son premier enregistrement en 1948 pour Sensation
Records et grimpe immédiatement au hit parade avec "Boogie
Chillen". Il quitte alors son emploi de salarié dans
les usines pour se consacrer à plein temps au Blues. Pour
augmenter ses revenus, il signe avec différents labels et,
afin de contourner les contrats d'exclusivité, il se produit
sous différents pseudonymes: Delta John, John Lee Booker,
Birmingham Sam and His Magic Guitar, The Boogie Man, Texas Slim.
Bien qu'il se produise à l'époque avec un groupe,
il enregistre aussi en solo en utilisant le battement du pied pour
faire la rytmique. Il enregistre sous son vrai nom de multiple succès
comme "Crawling Kingsnake Blues", "Hobo Blues",
"I'm in the Mood" dont il vendit plus d'un million de
disque en 1951. Après avoir enregistré avec plus de
20 labels (King, Chess,Regent, Savoy...), il se stabilise en 1955
avec Vee-jay Records. Après des enregistrements prolifiques
dans les années 50, il s'endort un peu pour rejaillir avec
le Blues Revival des années 60. Il découvre l'Europe
en 1962, année où il enregistre "Boom, Boom",
grâce à sa participation au premier American Folk Blues
Festival. Ceci lui permit de laisser derrière lui deux grand
succès en Europe: "Let's Make It" et "Shake
It Baby" Il enregistre alors plusieurs disques pour Bluesway
et Chess pour tomber quelque peu dans l'oubli dans les années
70 et le début des années 1980. Tout le monde se souvient
cependant de son apparition, trop courte, en 1980, dans le film
Blues Brothers, où il joue un musicien de rue. Ses chansons
sont aussi utilisées en 1985 dans le film de Steven Spielberg
"La Couleur Pourpre". Il est redécouvert en 1989
par Roy Rogers qui le fait enregistrer avec Carlos Santana, Robert
Cray, Raitt et George Thorogood. Il obtient sa place au Rock and
Roll Hall of Fame en 1991, et un concert en son honneur est donné
avec de multiples vedettes au Madison Square Garden. En 1992, l'utilisation
de "Boom, Boom" dans une pub télévisée
pour des jeans, relance le titre et le conduit à un plus
grand succès qu'en 1962. S'ensuit l'album Chill Out en 1995
pour fêter ses 75 ans. Quelque temps après, il annonce
sa retraite, mais il continue de se produire dans quelques concerts
et enregistre sporadiquement. Il obtient 2 Grammy Awards en 1997.
La même année, il achète un club à San
Francisco pour y produire des musiciens de Blues. Ces dernières
années, il a profité de ses multiples belles voitures,
posé pour des marques de jeans et de "boisson fortes"
(one bourbon, one scotch and one beer !). Sa longue carrière
a été jalonnée par plus d'une centaine de disques.
Dans "Boogie Man" il avait écrit son testament:
" When I die they'll bury the blues with me. But the Blues
will never die".
Une pensée aussi
pour Chet Atkins
Bon
nombre des lecteurs de Blues Mag étant aussi guitaristes,
beaucoup d'entre eux ont du, à un moment ou à un autre
de leur apprentissage, essayer de se frotter au picking de Chet
Atkins. Le "Country Gentleman"est décédé
le 30 juin 2001à Nashville à l'age de 77 ans. Blues
magazine se devait d'évoquer et rendre hommage à celui
qui, pendant plus de cinquante ans, a influencé la musique
country, et qui en tant que producteur au studio d'enregistrement
RCA de Nashville à conduit au succès de nombreux artistes
country. Il avait été atteint d'un cancer en 1970,
et luttait depuis 1997 contre une tumeur au poumon.
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BOOZOO
CHAVIS, un des princes de la musique ZYDECO est décédé
le 5 mai 2001
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20/05/01
Né
le 23 octobre 1930, près de Lake Charles en Louisiane, Wilson
Anthony Chavis, plus connu sous son nom de scène "BOOZOO"
CHAVIS, est décédé à Austin au Texas
le 5 mai 2001, des suite d'une crise cardiaque. Il avait été
avec Clifton Chénier un des premiers artistes à populariser
dans les années 50 la musique Zydeco. Chavis, qui avait acquis
son surnom alors qu'il était encore enfant, était
né près de Church Point. Sa famille se déplaça
ensuite à Dog Hill où ses parents furent fermiers.
Malgré la séparation de ses parents, Boozoo eu la
chance d'observer son père jouer de l'accordéon dans
les fêtes rurales. Chavis apprit par lui- même à
jouer de l'accordéon et de l'harmonica à l'âge
de 9 ans et, bien que travaillant dans les élevages de chevaux
il a joué dans la région de Lake Charles pendant toute
son enfance. Il jouait dans les fêtes locales et dans les
granges, dont celle de sa maman où il rencontra souvent Morris
Chenier et ses fils, Clifton et Cleveland. En 1954, il avait signé
un contrat avec Folk Star Records de Eddie Schuler, et avait enregistré
en 1955 le premier succès Zydeco "Paper in my Shoes",
pour lequel les droits ont été déposés
pour lui-même et Schuler. Cette
session marqua le premier enregistrement de Chavis avec un orchestre
et l'enregistrement se vendit très bien dans la région.
Il fut d'ailleurs repris par Imperial Records de Los Angeles pour
une distribution nationale. Chavis continua d'enregistrer sporadiquement
pour la Folk Star et Shuler jusqu'au début des années
60, période à laquelle il perdit confiance dans l'industrie
du disque et refusa de continuer à enregistrer. En effet,
il s'était rendu compte que les maisons de disques l'avaient
floué. Il expliquait qu'il aimait beaucoup jouer, mais qu'il
s'était fait rouler et qu'il était très frustré
quand il repensait à l'année 1955! On lui avait affirmé
que seules 150.000 copies de son disque avaient été
vendues, mais comme avait pu le déterminer son cousin qui
vivait à Boston, c'est en fait plus de 1,5 million de disques
qui avaient été vendus ! Il aurait du avoir un disque
d'or!
Après s'être mis en retrait du show-business, Chavis
s'est consacré à l'élevage de chevaux. Pendant
20 ans, il a mené une vie traditionnelle et rurale à
s'occuper de sa famille, à élever et entraîner
dans son ranch de "Pied de Chien" en Louisiane des chevaux
de course, et à fabriquer des cordes de crin. On le surnommait
le Cow-boy Créole car il arborait en permanence un Stetson.
En 1984, sous l'impulsion de son épouse Leona, alors que
la musique Zydéco connaissait un sursaut de popularité,
il ressortit son accordéon. Il redevint très rapidement
une vedette locale en Louisiane et enregistra pour le label Maison
de Soul 4 disques : Louisiana Zydeco Music, Boozoo Zydeco!, Zydeco
Homebrew et Zydeco Trail Ride. Il enregistra ensuite à partir
de 1990 pour Rounded Records et son dernier disque, toujours non
baptisé, a été finalisé en avril dernier,
moins d'un mois avant sa disparition.
Il se produisait régulièrement dans les festivals
comme le Newport Folk Festival et le New Orleans Jazz And Heritage
Festival, avec son groupe The Magic Sounds dont faisaient partie
deux de ses fils , Charles et Rellis Davis. Il avait été
introduit en 1998 au Zydeco Hall of Fame. Le 13 juin dernier, le
National Endowment for the Arts a décerné à
Boozoo CHAVIS un awards dans la cadre du National Heritage Fellowships.
Ces awards sont en principe décernés uniquement aux
artistes vivants, mais le jury a tenu à lui décerner
cette récompense, Boozoo Chavis étant décédé
après avoir été sélectionné.
Avec Boozoo Chavis, disparaît un accordéoniste zydeco
qui a influencé une génération complète
de jeunes musiciens.
DISCOGRAPHIE
1986 Louisiana Zydeco Music Maison de Soul
1987 Boozoo Zydeco Maison de Soul
1987 Paper in My Shoe Ace
1988 Live at Richard's Rounder
1988 Zydeco Homebrew Maison De Soul
1989 Zydeco Trail Ride Maison de Soul
1990 Boozoo Chavis Elektra/Nonesu
1990 The Lake Charles Atomic Bomb Rounder
1993 Boozoo, That's Who! Rounder
1994 Live! at the Habibi Temple Rounder
1997 Hey Do Right Discovery
1999 Who Stole My Monkey Rounder
2000 Johnnie Billy Goat Rounder
VIDEO
1994 The Kingdom of Zydeco
Metteur en scène Robert Mugge
Photos: boozoo 1 à 8
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| CAROLE
FREDERICKS nous a quittés le jeudi 7 juin des suites d'une
crise cardiaque. |
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15/06/01
Elle
s'est effondrée dans les bras d'une amie quelques minutes
après la fin de son spectacle à Dakar, et est décédée
à 23h à la Clinique de la Madeleine.
La chanteuse qui s'était installée en France depuis
plus de vingt ans terminait sa tournée internationale par
une série de concerts en Afrique.
Elle est née à Springfield dans le Massachusetts le
5 juin 1952, d'une mère chanteuse dans un big band et d'un
père pianiste et compositeur. Elle grandit donc avec ses
7 frères et surs baignée par la musique, le
Gospel et le Blues. Elle commence de chanter en 1972 dans un trio
avec un bassiste et un pianiste, et se produit aux Etats-Unis dans
un restaurant français, où des clients la persuadent
d'aller chanter en France. Carole débarque en France en janvier
1979, sans connaître un seul mot de français. Un mois
plus tard, elle forme son premier trio avec Anne Calvert et Yvonne
Jones et travaille en studio avec les plus grandes vedettes de l'époque:
Dalida, Johnny Hallyday, Hugues Aufray, Carlos, Sylvie Vartan. Elle
participe aussi aux concerts de Laurent Voulzy, Michel berger, France
Gall, Eddy Mitchell.
En
1986 , Jean Jacques Goldman lui demande de faire un Gospel sur une
de ses chansons, puis en 1987, de participer au choeurs de son album
"Entre gris clair et gris foncé". Elle poursuit
en l'accompagnant dans sa tournée en 1988-1989. En 1990,
commence l'histoire du célèbre trio formé par
Carole Fredericks, Jean-Jacques Goldman et Michael Jones, qui durera
jusqu'en 1996. "Frédéricks, Goldman, Jones"
et "Rouge" sont de très grands succès et
s'accompagnent de nombreuses tournées. En 1996, tout en continuant
de travailler pour d'autres vedettes comme Céline Dion, elle
entame une carrière en solo et sort son premier disque "SPRINGFIELD"
dont elle signe les textes, et auquel participe son frère
TAJ MAHAL. Elle sort son deuxième disque "COULEURS ET
PARFUMS" en 1999. Elle participait à de multiples concerts
dans les églises, ainsi qu'à de nombreux festivals
de blues, comme celui de Coutances l'an passé avec son frère
Taj Mahal. Elle devait participer aussi au festival du Havre en
octobre prochain. Elle repose au cimetière Montmartre et
avec elle disparaît une grande figure Gospel de la scène
française.

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"Big
Daddy" Kinsey le chanteur à la voix rauque est décédé
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15/04/01
Au
début des années 90 Lester Kinsey avait connu un de
ses plus grands succès avec "I am the Blues", enregistré
pour Polygram. Il se produisait depuis 1984 avec ses trois fils,
Kenneth, Donald et Raph.
Né le 18 mars 1927 près de Pleasant Grove au Mississippi,
Big Daddy commença à jouer du Gospel en accompagnant
son père à la guitare dès l'âge de 6
ans. Né dans la Delta du Mississippi, il quittait furtivement
la maison natale pour voir des légendes locales, comme Muddy
Waters, ou Sonny Boy Williamson.
En 1944 Kinsey migra vers nord, à Gary, dans l'Indiana ou
il commença de travailler dans les aciéries. Se stabilisant
pour élever sa famille, Lester mis sa carrière musicale
de côté pendant plusieurs années. Voyant ses
fils prendre de l'intérêt à la musique - Donald
commença la guitare à 4ans Ralph la batterie à
6 - Big Daddy commença alors à se produire avec ses
fils lors de pique-niques. Kinsey commença de jouer avec
un groupe de Gary, "The Soul Brothers", puis plus tard
avec Fred Baby Boy Robertson. Quand Donald et Ralph atteignirent
l'âge de 12 et 13 ans ils rejoignèrent leur père
et Baby Boy.
Pendant les années 60, Big Daddy continua de travailler à
l'usine, et le soir il jouait régulièrement avec ses
fils dans les clubs locaux. Le groupe réalise son premier
enregistrement à la fin des années 60 pour le label
DJO. Il est aussi le premier groupe de Blues à participer
au "Ramada Inn Circuit". A la fin des années 70,
Big Daddy et ses fils forment le groupe le plus connu de la région
de Gary, tout d'abord "Big Daddy and His Fabulous Sons"
puis "Big Daddy Kinsey and the Kinsey Report". Le groupe
familial se disloque en 1972, lorsque Donald rejoint Albert King
puis Bob Marley et les Wailers. Big Daddy continue sa carrière
seul comme guitariste et harmoniciste. En 1984, le groupe se reforme
et intègre Kenneth, le plus jeune fils, à la basse,
et un ami de la famille, Ron Price, à la guitare. Il grave
notamment Bad Situation pour Rooster Records en 1985, et Can't Let
Go Blind Pig, durant l'été 1989 (accompagé
par Lucky peterson au clavier)
Big Daddy est décédé d'un cancer le 3 avril
2001 à l'âge de 74 ans.
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| Robert
Ealey, la légende du Blues de Fort Worth est décédé. |
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12/03/01
Le
7 mars dernier, le chanteur Robert Ealey est décédé
à l'âge de 76 ans. Il avait eu, le 3 décembre
2000, un accident de circulation dont il ne s'est pas remis. Le
9 février dernier, un concert avait été organisé
en sa faveur afin de l'aider à payer ses frais d'hospitalisation.
Robert Ealey était né
le 6 décembre 1924 à Texarkana, et il commença
sa carrière après avoir été militaire
pendant la seconde guerre mondiale. Il avait grandi au contact du
Gospel, et il s'était orienté vers la musique de musiciens
comme Lightnin' Hopkins, T-Bone Walker . Il avait commencé
comme batteur et s'était installé en 1956 à
Fort Worth, où il fit équipe avec U.P. Wilson pour
former le Boogie Chillen. Deborah Robertson, une de ses amies de
longue date, raconte que lui et U.P. Wilson avaient l'habitude de
donner beaucoup de concerts dans le pays. Ils avaient une Cadillac
rouge qu'ils conduisaient d'un hôtel à l'autre . Quand
ils arrivaient à destination, ils disaient à l'organisateur
du concert que le car de l'orchestre avait eu un problème,
mais que U.P. étant guitariste et lui batteur, ils pouvaient
cependant assurer le spectacle. Bien entendu il n'y avait pas d'orchestre,
et chaque soir il racontait la même histoire
.
Comme U.P. Wilson qui a pour habitude dans ses concerts de jouer
de la guitare d'une main, pendant qu'il fume une cigarette de l'autre,
R. Ealey avait son "truc" pour se particulariser sur scène:
il " jouait de l'harmonica". Il rapprochait ses mains
et le micro de sa bouche et imitait à s'y méprendre
le son de l'harmonica.
Cettte imitation de l'harmonica était une simple illustration
de son talent qui lui permettait de chanter n'importe quel morceaux
dans n'importe quelle tonalité. Il s'amusait d'ailleurs à
déstabiliser ses musiciens en changeant de tonalité
au beau milieu d'un morceau sans les prévenir.
Dans les années 1970, Robert Ealey était devenu propriétaire
du New Blue Bird Night Club, un des derniers juke-joints où
se côtoyaient les blancs et les noirs. Avec le Blue Bird,
Robert Ealey a permis à de nombreux musiciens locaux de monter
sur scène et, pour les meilleurs, comme Stevie Ray Vaugan
et Coco Montoya, de commencer leur carrière.
Ce batteur, chanteur, leader de groupe et manager de club était
un des derniers représentants de la génération
des légendes du Blues.
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La Cabane
de Muddy Waters de retour au bercail
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15/03/01
La
cabane que Muddy Waters rejoint à l'âge de 3 ans en
1918 pour vivre avec ses grands-parents était, après
sa restauration, en exposition itinérante depuis 1996. Tout
dernièrement, elle a été exposée au
Rock and Roll of Fame à Cleveland.
A la mort de sa maman, McKinley Morganfield (Muddy Waters), a été
recueilli par ses grand parents maternels qui étaient métayers
à la Stovall Plantation, dans le delta du Mississipi, près
de Clarksdale. C'est parce qu'il prenait toujours un grand plaisir
à jouer dans des flaques d'eau sale ou dans une crique boueuse,
que sa grand mère l'avait surnommé dès 1918
"little muddy baby". Ce n'est que quelques années
plus tard que "waters" a été intégré
à son surnom.
Quatre murs de cette cabane sont maintenant exposés à
Clarksdale au Delta Blues Muséum. Le directeur du Musée,
Tony Czech, a indiqué qu'une guitare réalisée
à partir d'une planche de cette cabane, guitare toujours
actuellement prêtée au Rock and Roll of Fame, rejoindrait
bientôt la cabane pour y être exposée avec des
photographies et des disques dédicacés par Muddy Waters.
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Le
chanteur de gospel Roebuck "Pops'' Staples, est décédé
le 19 décembre 2000
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05/01/01
Le
patriarche du groupe Gospel STAPLES SINGERS s'est éteint
le 19 décembre dernier à l'âge de 85 ans. Il
avait récemment subi un choc à l'occasion d'une chute
près de sa maison à Dolton, dans la banlieue de Chicago.
Avec son groupe, il avait acquis la renommée dans les années
60 grâce à ses Gospels, qui prônaient le changement
social. Roebuck "Pops" Staples était connu en tant
qu'auteur pour ses chansons dans lesquelles il mêlait le Gospel
et le Blues, mais aussi en tant que guitariste.
Né le 28 décembre 1914 à Winenoa dans le Mississippi,
dans une famille chrétienne et pauvre de 14 enfants (il était
le 13ème), Staples quitta l'école à l'âge
de 8 ans pour aller travailler dans les champs de coton. En 1998,
dans un interview au National Endowment for Arts, Staples
expliquait que le soir venu, il n'y avait guère de distractions
pour les travailleurs, si ce n'est s'asseoir ensemble et commencer
à chanter. Il devait avoir 8 ou 9 ans quand il a été
invité par un groupe de chanteurs à se joindre àeux.
Vers l'âge de 15 ans, il travaillait 12 h par jour, 6 jours
par semaine, pour 3 $ la semaine, à la plantation Dockery
à Cleveland.
Le samedi soir, il se rendait en ville pour écouter la musique
de Charlie Patton, Willie Brown et Howlin' Wolf. Il réalisa
vite que sa vie pourrait être largement améliorée
en gagnant 5 ou 6 $ de plus, s'il chantait le blues en jouant de
la guitare dans les boîtes. Il commença donc à
apprendre la guitare et à jouer le blues. Cependant, sa maman
le mit en garde : tout bon Chrétien ne peut pas jouer la
musique du diable sans sacrifier une partie de son âme. Il
se cantonna donc au Gospel.
Il chanta tout d'abord avec un groupe de Gospel,
les "Golden Trumpets", avant de rejoindre Chicago en 1936,
avec son épouse Oceola : là, il intégra un
autre groupe "the Trumpets Jubilees". Tous les matins,
pendant que son épouse travaillait, il gardait ses enfants
en leur apprenant à chanter pour les occuper.
Un jour, sa sur aînée leur suggéra d'aller
chanter à l'occasion d'un repas organisé par la paroisse.
Après leur intervention, le prêtre leur proposa de
chanter à l'église le dimanche suivant, en leur précisant
qu'une quête serait organisée et que 50% de la recette
leur reviendrait (à l'époque, Roebuck était
dans l'obligation d'emprunter 10 dollars chaque semaine à
sa sur pour attendre sa paye de musicien et nourrir sa famille).
Ils répétèrent d'arrache-pied toute la semaine.
Le dimanche arriva, et la quête, grâce à leurs
chants, rapporta 34 $ dont 17 furent remis à Roebuck ! Les
"STAPLES SINGERS", composés de Roebuck, de ses
deux filles et de son fils étaient nés, et commençaient
d'écrire leur histoire: c'était en 1948.
Après les chants dans les églises, puis une émission
régulière à la radio, le premier enregistrement
du groupe date de 1953 ( un single 78 tours auto produit - label
Royal -). Un autre enregistrement pour le label local United "Won't
you Sit Down" déboucha sur un contrat avec Vee Jay Records
de Chicago. Les STAPLES SINGERS restèrent de 1956 à
1962 chez Vee Jay : le plus grand succès fut "Uncloudy
Day" en 1959. Le surnom de "Pops" a été
attribué spontanément à Roebuck Staples, dans
les années 60, par les musiciens d'une tournée rassemblant
plusieurs groupes, parce qu'il était le plus âgé
et qu'il respirait la sérénité.
Les
Staples Singers, à la fin des années 60, commencèrent
de quitter le répertoire traditionnel pour adopter les chants
plus folk et engagés, défendant les droits civiques,
voire antimilitaristes. Le succès arriva avec les enregistrements
pour le label Stax de Menphis ( "Heavy Makes You Happy"
, "Respect Yourself"-1971- I'll Take You There" -1972
-). En 1975, sur le label commercial de Curtis Mayfield, les Staple
Singers réalisèrent ``Let's Do It Again,'' le morceau
titre du film mettant en scène Bill Cosby et Sidney Poitier.
Le groupe eut un autre succès plus modeste en 1984 avec "Slippery
People" et resta actif jusqu'aux années 1990. En 1991,
"Pops" entama une carrière solo. Son album "Father,
Father" lui valut un Grammy Award en 1994 dans la catégorie
Blues Contemporain. En 1999, le Mississippi Arts and Letters lui
décerna un Special Award pour sa contribution à la
musique.
Roebuck "Pops" Staples fut un des premiers musiciens à
faire entrer la guitare dans les églises de Chicago, et son
meilleur testament restera sans doute le profond respect qu'il inspira
dans le show biz pendant toute sa carrière.
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