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Ceux d'ici Le blues est-il mort ? Respire-t-il encore un peu ? Et, partant, a-t-il enfin gagné son droit de cité chez nous ? Faut-il le conserver dans l'anglais et " jouer à l'Américain " au risque de le parodier ? Faut-il le chanter en français au risque de perdre le mojo, de ne retrouver qu'un sac de vieilles chansons françaises bluesy ? La fleur de coton est-elle soluble dans les bols d'air gris de l'Hexagone ? Le blues doit-il être joué, le crâne nimbé d'un grand chapeau de cow-boy ? Le chorus de Strato est-il meilleur avec une bagouze à chaque doigt ? La lampe des amplis Marshall sauvegarde-t-elle le fondant des claquos, le galbe des baguettes de pain et la toison soyeuse de nos charentaises ? Doit-on Ne faut-il pas Entre nous, ce n'est que de la musique, hein les gars. " Les oiseaux ne laissent qu'un chant éphémère " mais, merde ! c'est déjà bien. Les nôtres ont une discographie très variable. Leurs albums sont rarement distribués dans les Fnac quand, par chance, inconnus pour la plupart, ils ont un disque ou deux à défendre. Coureurs de concerts, vous les avez croisés sur la scène d'une MJC, dans le recoin d'un pub ou dans le off d'un festival obscur ET POURTANT, ILS TOURNENT ! Absence de notoriété pour la majorité
d'entre eux, maigreur des cautions discographiques, tout ça ne
compte pas car le blues, c'est encore sur scène qu'on l'entend
le mieux. Bluesmen français, vedettes ou anonymes, le public
s'en fiche qui loge tout le monde à la même enseigne. Mort ou vif, quand le blues sera enfin débarrassé du remords de ses fidèles et de l'auréole sentimentale dont ils l'affublent, quand il ne désignera plus qu'un ensemble de musiques, folkloriques ou non (ce dont on se fout sur scène), vous verrez qu'il ne restera plus, de vos interrogations, qu'il ne restera plus du mot " blues " lui-même, qu'une mince couche de tartre. Amen. |