CEUX D'ICI

Une exclusivité Blues Magazine
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Tu peux pas m'juger, tu t'es trop souvent trompé(e) " Mon nom est Verbeke. STEVE Verbeke
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Je veux tout faire sauf du folklore En 1999, Harmonica Steve revendique enfin son patronyme malgré
des résonances embarrassantes : il signe son premier album Steve
Verbeke. L'uvre est soigneusement préméditée,
blues-rock à de nombreuses occasions avec montées de température
spectaculaires, réverbes percutantes, un frisson vaudou presque
impudique et, déjà, quelques penchants pour le rock'n'roll
cajun. C'est le disque d'un harmoniciste qui s'est entouré de bons
guitaristes.
STEVE De toute façon, je ne me considère ni comme un harmoniciste ni comme un chanteur. On dirait du Benoît Blue Boy, hein ? Je suis né le 26 mai 1975 à Fontenay-aux-Roses. J'ai une
sur plus jeune avec qui j'ai grandi, et deux demi-frères.
Je commence vraiment à écouter de la musique vers douze,
treize ans. Je me mets à l'harmo vers quatorze, quinze en découvrant
Little Walter, James Coton, Sonny Boy et Junior Wells. Je prends quelques
cours avec Baco et Vincent Buchet. Mon envie et ma manière de jouer
devenant plus fermes, je commence à fréquenter Benoît
Blue Boy. Je vais le trouver chez lui, on écoute des disques, on
joue de l'harmo. On est en 1993, 1994. Je tourne en duo avec Jérémie
Tepper, et en groupe avec Blues Dans l'Boogie (BDB) : les mêmes
plus Sylvain Petite à la batterie et Cédric Lesouquet à
la basse. Mais je ne saurais pas te dire à quel moment je suis passé professionnel. C'est venu comme ça. J'étais harmoniciste, je me suis mis à chanter. En fait je suis intermittent depuis cinq ans, c'est ma source de revenus principale. J'ignore la tournure que prendra cette histoire, mais quand ça me suffira plus pour vivre je ferai autre chose. OK, je suis Steve Verbeke, j'y peux rien Vers 1998, les membres de BDB commencent à écumer un tas
d'autres groupes. Ça devient casse-tête de réunir
tout le monde quand on a un concert, et j'en ai marre d'annuler des dates.
On a travaillé une formule de groupe, je veux pas tourner avec
des remplaçants. OK, on arrête, c'est pas grave. Je vais
faire mon truc. Si je dois remplacer quelqu'un, il apprendra les morceaux
et le concert aura lieu quand même.
PATRICK Parfois sur les affiches de BDB, tu lisais : Blues dans l'Boogie avec
Steve Verbeke, le fils de Patrick
Tout le monde se mettait à
faire la gueule, ce que je comprenais très bien. Pourtant j'en
jouais vraiment pas
Être le fils de Patrick Verbeke, c'est un atout et une contrainte, surtout quand tu démarres. Des fois t'arrives, on te présente en soulignant bien de qui tu es le fils. Je suis assez timide, je sais pas ramener ma grande gueule, Yeah, man ! How are you ? Parfois ça t'aide à créer le premier contact, parfois t'as l'impression d'entendre leurs arrière-pensées : C'est quoi ce mec ? Il croit qu'il est arrivé parce qu'il est le fils de Patrick Verbeke ? Qu'est-ce que tu veux répondre à de tels a priori ? Mais dans l'ensemble, j'avoue que c'est plutôt positif. J'aime bien ce qu'il fait. On s'entend bien.
BLUES À vrai dire, le blues, j'ai jamais voulu le faire
ni pas
le faire. Encore une chose qui est venue naturellement. Des musiciens
comme mon père s'étaient déjà chargés
d'acclimater le blues à l'Hexagone, d'en faire presque un élément
du décor. En écouter, en jouer, ce n'est plus un geste branché
comme ça avait pu l'être avant. Je vis en 2003, ancré
tous les jours dans ma génération et dans mon époque,
avec toutes ses merdes
et avec le blues. J'imagine que c'est plus facile pour nous, qui n'avons pas eu à essuyer les plâtres. Mon père, Benoît, je leur suis reconnaissant d'avoir su tenir le cap. La Mano Negra aussi, tant qu'à faire. Il fallait que ça déboule et ces mecs savaient jouer sans se poser de questions. Les groupes de rock alternatif ont joué un rôle d'émancipation important face aux modèles américains. Heureusement qu'on en est là, ç'aurait été dommage pour nous de manquer ce coche. Tu peux pas toujours te positionner par rapport aux originaux et te répéter que ça sera forcément moins bien. Après il y a autre chose. Des fois je me dis : Bon, le blues c'est bien, j'aime ça, mais je ne veux plus jamais utiliser ce mot. Ce n'est jamais que de la musique. J'écoute Jimmy Reed et Sonny Boy toute la journée, j'éteins l'appareil, j'oublie tout ça et je fais de la musique. MARINE BAND Les harmonicistes sont des gens qui, humainement, me plaisent J'essaie bien sûr d'éviter certains pièges, de garder la maîtrise, de pas m'envoler. J'admire les musiciens qui savent se retenir, qui donnent juste le truc qu'ils ont à exprimer, sans l'embrouiller. Il ne s'agit pas non plus de tomber dans le dogme inverse : UNE NOTE. La note qui tue sinon rien ! L'harmo ça s'apprend tout seul. Je demande encore des conseils mais c'est dans la bouche que ça se passe. J'ai tout de suite aimé ce côté démerde, intuitif de l'instrument. Pareil pour le chant, je ne le travaille pas vraiment. J'ai pris quelques cours au début mais ça m'a vite gonflé. Chant ou harmo, j'adore Junior Wells, surtout la façon qu'il avait gérer l'un et l'autre. D'ailleurs j'aime beaucoup le chant des chanteurs harmonicistes. Ils ajoutent à la voix tous les vibratos qu'on utilise pour l'harmonica, et c'est hyper joli. Eux seuls ont ce truc-là. Sûrement un truc d'harmoniciste plus qu'un truc de chanteur. Les fins de phrases de Sonny Boy, avec ce petit vibrato ou Golden Big Wheeler et cet effet de gorge qu'il s'amuse à exagérer. J'adore le chant de Kim Wilson, d'Earl King, de Bobby Bland, de Johnny Guitar Watson. J'aime les chanteurs qui y vont. Je suis plutôt posé dans ma manière de faire, mais j'aime bien me l'arracher un peu de temps en temps. Comme je n'ai pas vraiment de technique vocale, ça peut se révéler parfois dangereux.
Benoît a dû influencer ma manière de chanter en français
Le fait qu'il chante en retrait, tout ça. Ce sont des astuces qu'il
a été obligé de mettre au point. J'ai sûrement
tendance, moi aussi, à chanter en retrait. Mais j'ai pas eu besoin
d'y réfléchir beaucoup, il m'a suffit d'écouter ceux
de la génération précédente. J'aime jouer sur les harmos en bois, les Marine Band. Mon ampli est un Kendrix qui appartenait à Paul Orta. Un Texan le lui avait bidouillé à partir d'un Bassman. J'aime bien les petits amplis aussi, comme mon Silvertone. Le micro a son importance. J'utilise un Astatic JT 30. J'ai aussi un vieux Green Bullet au son très typé, gros et saturé. Je pourrais pas faire un concert entier avec ça, il t'oblige à modifier ta manière de jouer. Sinon les vieux Fender à lampes font aussi l'affaire. Cette liberté qu'il porte en lui et que je retrouve chez mon père Mon père a bien essayé de m'initier à la guitare, mais c'est jamais facile d'apprendre avec son père. Aucun de nous deux n'était très à l'aise et ça n'a pas donné de résultats satisfaisants. C'est surtout Benoît qui m'a dégrossi. Je joue en open de mi comme lui mais très mal, uniquement pour composer des ossatures de chansons, trouver des idées, des petites suites d'accords, des mélodies. Benoît a forcément influencé ma façon de considérer le métier, même si la seule chose que j'aie à faire, c'est rester fidèle à moi-même. Cette liberté qu'il porte en lui et que je retrouve chez mon père, c'est une valeur que j'adore. Tous les deux, ils dégagent ce truc qui me fascine et qui me fait très envie. Ils décident. Et même si, parfois, ils doivent accepter de faire un petit compromis, ils ont quand même réussi ça.
Junior Wells est mon idole Pour les disques récents qui m'ont impressionné, tu peux
compter tous les albums de Jimmy Vaughan. Ses trois albums solos, je suis
un fana absolu des T. Birds. Et aussi les James Harman. Tu connais
? C'est un super chanteur harmoniciste blues roots, West Coast, Texas
Il sait tout faire, il est bourré d'idées quand il écrit
une chanson. Il trouve toujours un petit truc qui lui permet de s'approprier
le plan. Tu sens toujours sa patte, elle est flagrante. Et puis c'est
un super showman avec des orchestres de folie. FAB, STAN, CÉDRIC Qu'est-ce que je suis bien entouré, c'est royal ! Les horaires, c'était déjà un calvaire à
l'école. Je suis totalement incapable de m'exercer chez moi à
heures fixes. Oui, je travaille à la maison mais je ne suis pas
un homme très studieux. Tout est lié à temps complet
chez moi : j'ai les enfants, les harmos, la musique. Une osmose globalement
bonne. De plus, je répète de moins en moins. C'est tellement
facile de jouer avec Fab (Millérioux) et Stan (Noubard Pacha).
Cédric (Lesouquet) a épousé une Espagnole et vit
à Barcelone. Quand on a une date mais qu'il n'y a pas assez de
blé à la clé pour le faire venir, on tourne en trio.
On tourne comme ça depuis septembre.
J'essaie d'être à la hauteur de mes accompagnateurs Avec Stan et Fabrice, on a dix ans d'écart. Au début je
me sentais dans la peau d'un écolier. J'avais (j'ai toujours) des
trucs à apprendre, et j'en ai appris plein grâce à
eux. Je suis très attentif à ce qu'ils pensent, je suis
partagé entre le respect que j'éprouve pour eux et le fait
que c'est mon répertoire qu'on joue. Des fois, non, désolé,
ce n'est pas ça que je veux entendre derrière moi. Mais
c'est rare, hein
La plupart du temps, je suis tout de suite très
satisfait
Ce sont mes accompagnateurs, quoi, et eux-mêmes
se revendiquent comme tels. Et puis des accompagnateurs qui font le taf
aussi bien qu'eux
Mais les apparences sont un peu trompeuses, j'ai jamais eu l'intention
de récupérer les Tortilleurs. J'adore ce que fait Benoît
et j'adore son groupe. Fabrice, Stan et Thibault (Chopin), c'est monstrueux
! Ils déploient une rythmique qui colle vraiment à son répertoire.
Mais j'ai jamais établi mes choix par rapport aux Tortilleurs,
ce sont toujours des petits hasards qui nous ont mis en relation. Je jouais
déjà avec Cédric. Quand BDB a splité, j'ai
pensé à Stan mais j'avais peur de l'ennuyer. Benoît
m'a encouragé. Si ça le gonfle tu le sentiras, t'en fais
pas ! Hey, c'est mon groupe ! Être le leader, je déteste ça mais, oui, je m'efforce de l'assumer. En vérité, je ne l'assume pas encore pleinement. Pourtant c'est une revendication saine par rapport au public, même par rapport aux musiciens qui t'accompagnent. OK, je me mets devant et vous m'accompagnez. Mais je fais en sorte que les autres existent aussi. Je suis mal à l'aise pour en parler, ce n'est pas dans ma nature d'imposer des choses. Stan est d'accord là-dessus : c'est ouvert mais j'ai le privilège du dernier mot. On ne joue pas la dernière musique à la mode, mais celle qu'on aime. Quand tu te lances dans un genre commercial censé te rapporter plein de blé, à la limite, s'engueuler n'est pas si important, ton but se situe au-delà. Pas nous. Si on commençait à s'engueuler, personne le supporterait longtemps. Et on tourne depuis cinq ans. En tout cas, c'est impressionnant et super agréable de jouer avec des musiciens qui ont leur réputation. Hey, c'est mon groupe ! Ceci dit, si l'un d'eux a une date plus importante à assurer, tant pis, je peux lui trouver un remplaçant pour un soir. Thibault pour la basse, Stéphane (Manaranche) pour la guitare, Sylvain pour la batterie. Ce sont eux que j'appellerais spontanément. Ils finissent par connaître mes chansons et ils ont la même vision globale de l'affaire.
ENTRE 70 ET 100 DATES PAR AN Les gens ont envie de réentendre des groupes avec des guitares et des batteries, non ? Il y a de super ambiances dans les clubs. Dans n'importe quel style, ça me fait rêver En club, j'aime bien mélanger mon répertoire (en français) avec des reprises (en anglais). J'ai pas envie de faire copie ni de sacrifier mes chansons. Tu sais, on n'est pas des bourreaux de la répète. Il nous faut parfois un petit tour de chauffe en scène pour se mettre dedans. La légèreté des répètes, c'est un truc que je tiens de Benoît, mais c'est tellement vrai. Il faut laisser la musique vivre. Il faut juste se mettre d'accord sur certaines choses, un minimum. Je chante volontiers du Sonny Boy sur scène, et le français
vient s'en mêler
Sonny Boy ne cherchait pas à composer
des textes en dialecte africain. Quand j'écris une chanson, c'est
en français que je réfléchis. Si j'avais commencé
ma carrière en même temps que mon père ou Benoît,
s'il avait fallu faire tomber les barrières et les a priori qui
pèsent sur le blues en français, je n'aurais peut-être
pas eu la même niaque qu'eux. Mais ce boulot a été
fait, le français est devenu naturel. Et puis j'aime bien cette
langue, je la trouve belle, elle peut sonner vraiment bien sur scène.
C'est un challenge de la faire swinguer. D'un autre côté,
je n'écris pas des chansons plombées de mots longs et inchantables
comme contemplatif ! " J'vais m'payer l'ticket d'mes rêves
" En public, le répertoire évolue en fonction des lieux et du nombre. À quatre c'est une chose, en trio c'est autre chose. En trio, le show repose beaucoup plus sur Stan. Il a une façon à lui de jouer la rythmique et d'ajouter la basse Quand Cédric n'est pas là, Stan doit repenser entièrement ses parties. Je trouve que le trio va bien avec le répertoire, mais il est encore en phase de gestation. J'ai pas envie de remplacer Cédric au pied levé, tu vois ? Allô, t'es libre ? Non ? Pas grave, j'en appelle un autre. J'ai participé à l'album Houdoo Guru de Peter Nathanson. On a donné quelques concerts dans la foulée. J'ai fait des remplacements de manière très occasionnelle, mais je n'accompagne pas beaucoup de monde. Tout à l'heure je t'ai parlé de Smokey Wilson au festival de Bagneux. Une super expérience. J'ai joué sur le premier album de Karim Albert Kook, et j'ai fait les concerts programmés pour la sortie du disque. Quelques concerts aussi avec Juju Child, un mec de la Nouvelle Orléans qui vit à Paris. Ah oui, j'ai enregistré deux titres avec mon père et Bernard Allison sur Autour du Blues 2. Voilà, c'est selon les opportunités, mais je ne les cherche pas vraiment. Quand quelqu'un me demande, ça fait toujours plaisir mais mon taf, c'est d'abord développer ma musique à moi.
Tu comprends pourquoi t'es là Les réaction du public ? La folie totale à chaque concert
(Rires.) Non, ça se passe très bien. Parfois c'est
pas toujours bien organisé, les mecs sont surpris par mon répertoire.
Dans les festivals, ça va. Le public a quand même une idée
de ce qu'il est venu entendre. Mais je n'ai pas de souvenirs réellement
catastrophiques. Le blues, je le considère jamais comme un sacerdoce
avec obligation d'en chier. Sinon je n'aurais jamais commencé.
En chier, c'est une éventualité mais je n'y pense pas en
ces termes. Le but, c'est que ce soit cool et qu'on gagne du blé
Bon, ça ne se passe pas toujours comme ça. On essaie de quadriller l'Hexagone. Je tourne peu à l'étranger, peut-être parce que je chante en français. Mes disques me présentent vraiment comme un chanteur français. Peut-être que je ne cherche pas assez non plus. Le rythme des concerts est variable. Les deux dernières années n'auront pas été les plus fastes. Soit je démarche moins, soit je deviens plus difficile, va savoir. Disons entre 70 et 100 dates par an. C'est sûr que le contexte n'est pas propice en ce moment. Avec cette histoire des intermittents, tout le monde est un peu en attente. Pour les intermittents, on dirait bien que c'est cuit La réforme va prendre effet au 1er janvier, tout est déjà
tamponné, agréé... avec quelques illégalités
mais ça n'a pas l'air d'émouvoir nos gouvernants. Tu ne
peux pas avoir un avis sur tout mais là, c'est un dossier que je
connais. J'ai le droit d'avoir ma petite opinion. Quel gâchis !
Ce qu'ils ont fait n'a aucun sens. Ils coupent les vivres à un
tas de gens et ne résoudront pas les problèmes d'abus. On
avait la chance d'avoir un truc bien, ils le suppriment. Et dans tous
les domaines, pas seulement les intermittents mais la recherche, l'enseignement,
tout ce qui ne rapporte pas immédiatement de blé. Plein
feu sur la valeur marchande immédiate des choses. Ouais, je flippe.
On est quand même en première ligne, c'est clair. Les intermittents
vont morfler en priorité et, avec eux, tous ceux qui veulent croire
en quelque chose
BENOÎT Des petits touts Avant d'écrire Montreuil Boogaloo, j'ai beaucoup écouté Jimmy Reed et Slim Harpo. Eux, ils savent vraiment faire des chansons, des petits touts Je ne saurais pas l'expliquer mieux. Il y a pas mal de références à leur manière de faire sur cet album, je sais pas si l'auditeur s'en rend compte Les musiciens, je trouve qu'ils apportent beaucoup aux chansons. Et plus
sur le deuxième album que sur le premier. Le premier était
beaucoup plus préparé
parce que c'était mon
premier et que je voulais pas rater mon coup. Quoi qu'il en soit, rien
n'est écrit quand on entre en studio. Je ne distribue pas des partitions
avec les notes à jouer, je donne vaguement des orientations en
m'aidant de la guitare. Il arrive que ça parte sur autres chose.
Non, c'est pas ça, on revient en arrière. Évidemment,
c'est parfois intéressant et on change de cap.
Tant qu'il me dit pas : Lâche-moi un peu, démerde-toi ! Mais si Benoît n'était pas intervenu, l'album aurait été différent. Il m'a beaucoup aidé sur la compo. Je me sentais pas capable de finir les bouts d'idées que j'avais bricolés et je campais sur des bribes. Je suis allé chez lui. Ouais, pas mal. Ça, tu peux le garder tel quel Mais ici, j'aime pas la sonorité de ma phrase. Bon, on va voir en changeant un mot. Il lui arrivait de m'écrire un couplet entier. À la fin, j'avais des chansons terminées avec un début et une fin. D'ailleurs tous les titres sont signés Steve Verbeke et Benoît Billot. Aujourd'hui je suis capable d'écrire une chanson tout seul, mais ça m'empêchera pas d'aller consulter Benoît Tant qu'il me dit pas : Lâche-moi un peu, démerde-toi ! Benoît est un personnage atypique, et je ne saurais définir exactement son rôle. Il est à la fois réalisateur et très partie prenante de l'album. Je fais imprimer produit par Steve Verbeke et Benoît Billot, mais Benoît ne débarque pas avec une étiquette. D'ailleurs l'important, c'est souvent ce qu'il ne dit pas ! Montreuil Boogaloo, il m'a incité à l'enregistrer comme lui-même l'aurait fait : quasiment live. Il a posé cette exigence de façon très naturelle, c'est facile avec lui. De toute manière, rien que sa présence suffit à établir le truc. MONTREUIL C'est la photo d'un moment L'album s'intitule Montreuil Boogaloo. C'est la photo d'un moment. Je voulais jeter un pont entre moi, maintenant, et la musique que j'aime. Montreuil Boogaloo je trouve que le titre sonne bien. Montreuil et la Louisiane. J'adore Montreuil. Cette ville est importante pour moi. J'y réside et on y a enregistré certaines chansons de l'album. (On l'a commencé là, puis on l'a terminé à Bordeaux.) Tout était vécu sur le moment avec ce disque enregistré dans les conditions du live. La ville de Montreuil était donc très présente. Un morceau de l'album a pour titre Au 63 (Porte de Montreuil). C'est l'adresse du studio où ça s'est passé. (Sur le premier album déjà, un instrumental s'appelait Rue de l'Enfer parce que j'habitais cette rue.) Le 63, on l'a coupé en deux. Je trouvais sympa l'idée d'en resservir un tronçon plus loin et, n'importe comment, il était trop long. On avait envie d'enregistrer brut de décoffrage. Le fait d'être
conseillé par Benoît m'a encore poussé dans cette
direction. Résolument Bleu
Il y avait Stan à
l'électrique, Lenny Lafargue et Tony aux guitares acoustiques,
Fab à la batterie, Benoît à l'harmo et moi, chant
et harmo. On était tous là, au même endroit, on s'est
dit : Ce serait dommage de ne pas jouer un morceau tous ensemble, décontracte.
On s'est mis en rond, un micro au milieu, et on est parti en roue libre.
Benoît joue beaucoup sur celle-là, très country blues.
C'est lui qui prend le chorus.
Personne n'a fait de " re-re ". J'ai parfois repris ma voix
en seconde prise, mais assez peu finalement. Pour les textes, j'aime bien
laisser le champ (chant) libre. On ne comprend pas tous les mots ni le
sens général du texte. Il doit y avoir du Benoît Blue
Boy là-dessous. " Vaut mieux y aller doucement, sinon
j'vois rien passer " Un label ? Oui et non. J'ai sorti mes disques sous le label Magic Blues, la boîte qui fait tourner mon père. Il avait besoin d'une structure administrative, il a monté Magic Blues. C'est un secrétariat artistique, une société de production financière, un bureau administratif qui s'occupe des contrats, des fiches de paye, etc. Magic Blues produit des disques, promeut et fait tourner les artistes affiliés. Mais c'est dur de s'y retrouver entre milieu familial et milieu professionnel. C'est un peu la raison pour laquelle on va espacer avec Magic Blues. D'ailleurs je lance un appel : si un tourneur a envie de s'occuper de moi, de me payer un disque, pas de problème ! J'aimerais refaire un album vers la fin 2004 et le sortir en 2005. J'ai
des débuts de morceaux et une échéance. Courant 2004,
je collecte mes brouillons et je les finalise. J'ai bien des idées
en tête pour cet album, mais je pourrais pas t'en parler comme ça.
Peut-être un compromis entre mes deux albums, le premier quand même
assez construit malgré ses petites erreurs, et le second beaucoup
plus live.
Christian Casoni et Patrice Dalmagne crédits photos : Site de Steve VERBEKE: http://verbekesteve.free.fr |
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